Violent Femmes – Bonus Interview Obsküre Magazine # 28

18 Juin 16 Violent Femmes – Bonus Interview Obsküre Magazine # 28

Complément de notre entretien avec Gordon Gano autour du nouvel album des Violent Femmes, We can do anything.

ObsküreMag : Qu’est-ce qui vous a donné l’envie d’enregistrer ces nouvelles chansons?

Gordon Gano : J’aime cette question mais je ne sais pas si j’ai une bonne réponse. Dans Violent Femmes, nous n’avons pas joué de musique ensemble pendant un long moment puis nous avons repris la scène, donc je pense que c’est parce que nous avons aimé le son de ces vieilles chansons et la musique que nous jouions, et le public a adoré. C’était ce sentiment positif autour de la musique que nous avons faite ensemble. C’est de là qu’est née la pensée et la volonté d’enregistrer de nouveaux morceaux.

Du coup, votre approche de la musique est-elle similaire à la façon dont vous avez fait vos premiers albums ou c’est devenu différent?

C’est exactement pareil. Pour nous, cela veut dire essentiellement enregistrer en direct et jouer ensemble, mais pas au sens strict. Parfois nous ajoutons des overdubs mais notre approche basique c’est de chanter et de jouer ensemble en direct, et c’est ainsi que nous avions fait notre premier album.

En tant qu’auditeur, nous sentons aussi une joie et une énergie très fortes sur le disque. Est-ce que ce fut une expérience heureuse? Et d’une certaine façon on ressent aussi que vous revenez aux bases avec ce disque.

Comme je le disais, nous avons enregistré dans le même état d’esprit que nos deux premiers disques et que la plupart d’entre eux, mais pas tous. Pour certains, nous étions plus impliqués dans la façon d’enregistrer en studio. Mais dans cet album aussi, il y a trois chansons, que nous avons construites avec le temps et nous avons enregistré diverses pistes avec des gens qui jouaient séparément dans différentes villes. Donc même sur cet album il y a des exceptions à cette approche basique. Je suis ravi que tu ressentes la joie car elle est bien là, dans les chansons, et dans la façon dont nous les avons jouées. Mais tout ce qu’il y a eu autour, avant que nous commencions à jouer la musique, et après que nous ayons fini, il n’y avait plus de joie du tout (rires). C’est juste dans la musique. L’expérience d’être dans le studio d’enregistrement et faire la musique, ce ne fut pas joyeux, c’est juste un sentiment que l’on trouve dans la musique elle même.

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Pour ce qui est de la chanson « I can do anything », j’avais lu que c’était comme le soundtrack d’un cartoon que tu avais en tête. Es-tu un songwriter qui est très visuel?

On ne m’a jamais posé cette question donc j’apprécie. « I can do anything » est une exception pour la raison que tu viens de mentionner. Je ne pense pas visuellement. En parlant de ne pas se souvenir, j’oublie la plupart des choses qui relèvent du visuel. Je me souviens plus des sons que des images.

Je posais aussi la question car votre musique a pu être utilisée pour des soundtracks et il y a eu de très bonnes vidéos tout au long de votre carrière. Lesquelles seraient vos préférées?

Je vais m’en tenir à ce que j’ai dit, je ne me souviens pas à quoi elles ressemblent. Mais je suis très heureux qu’elles te plaisent. Je crois que le talent revient aux metteurs en scène de ces vidéos et juste notre rôle c’était d’accepter de le faire, d’être d’accord sur l’idée et d’en discuter avec eux.

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Je sais que vous vous intéressez beaucoup à la musique traditionnelle et cajun, vous avez joué avec les Lost Bayou Ramblers. Avez vous toujours considéré Violent Femmes comme faisant partie de cette tradition folk?

Non, mais avec le recul des années, je sais que Brian Ritchie pense le groupe dans cette tradition que tu mentionnes, une continuation de la folk américaine. Ce peut être vrai et c’est intéressant d’y penser, mais ce n’est pas ainsi que personnellement je ressens les choses. Cela ne veut pas dire que ce n’est pas le cas.

Est-ce que le storytelling a joué une part importante dans ton éducation?

Je pense que le storytelling dont je me souviens c’est celui des chansons qui racontent des histoires. Des histoires étaient racontées dans ma famille, mais je connais des gens qui en racontaient bien plus que nous. Nous étions peut-être dans un juste milieu pour ce qui est de raconter des histoires, ni beaucoup ni pas assez.

Sur la chanson « Big Car », il y a un feeling de murder ballad qui est là depuis au moins « Country Death Song » sur l’album Hallowed Ground. As tu un intérêt pour ces histoires sombres, ces chansons lugubres?

C’est un exemple de ce que je disais. J’ai écrit cette chanson quand j’avais seize ou dix-sept ans. Je l’avais faite en pensant que ce serait une chanson dans le style de ces vieilles murder ballads qui remontent à des centaines d’années en arrière. J’ai grandi en entendant ces types de chansons folk ou country. Cette chanson vient exactement de ce plaisir d’écrire dans cette tradition. Mais je n’ai pas d’obsession pour ce genre de musique. C’est juste quelque chose qui a fait partie de mon éducation. Et je voulais m’y essayer.

Oui, puis quand on regarde en arrière, il y a eu beaucoup d’ouverture au sein de Violent Femmes. « Machine » par exemple était un morceau entièrement électronique. Et comme vous êtes très ouverts, je voulais savoir les choses qui vous excitent musicalement en ce moment?

Que ce soit moi ou Brian Ritchie, ce que nous écoutons tous les jours n’a absolument rien à voir avec le rock. Il est très intéressé par le jazz et les musiques traditionnelles du monde. De mon côté, j’écoute beaucoup de musique classique au sens large, y compris des choses modernes, composées aujourd’hui, et aussi du jazz. En ce moment j’écoute beaucoup de musique en piano solo. Hier soir j’écoutais la première sonate au piano de Janacek et aussi une suite de pièces qui se nomment « On an Overgrown Path ». Les gens vont être surpris d’entendre ça et vont trouver cette musique ennuyeuse mais pour moi c’est très excitant ! (rires)

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Sur l’album des morceaux ont été écrits à plusieurs mains. As-tu aimé cette expérience? Ou est-ce que cela s’est révélé assez frustrant?

Non, j’ai vraiment apprécié. C’était nouveau. J’avais écrit des chansons pour d’autres. Brian Ritchie a par exemple écrit la chanson « Machine » que tu as mentionnée, ce qui est très bien parce que personne n’en parle. J’ai aussi été impliqué dans d’autres projets ou j’ai joué avec des amis, mais c’est notre manageur qui m’a demandé si je serai intéressé pour écrire des chansons en collaborant avec d’autres. J’ai dit oui, j’ai pris une avion pour Los Angeles pour rencontrer quelqu’un et lui dire on va écrire une chanson ensemble. Je ne savais pas si ça allait marcher, si ça pouvait marcher et comment je le ressentirais. Au final, je trouve que ça fonctionne très bien et sur le plan créatif ce fut une super expérience. Je pensais que d’autres personnes allaient chanter ces chansons, je pensais qu’elles étaient pour une femme par exemple. Je ne savais pas que j’allais le faire et que ce serait les Violent Femmes. Mais les autres me disaient tu devrais le faire et quand est arrivé le moment d’enregistrer l’album, je me suis dit que j’aimais ces chansons et les autres aussi. Donc ce fut l’opportunité.

Et vu que certaines chansons partent d’éléments biographiques, qu’est ce que cela fait quand ces morceaux sont joués par le groupe , est-ce que l’aspect initial intime disparait et est-ce que cela devient quelque chose d’autre?

Cela devient quelque chose d’autre qui n’est plus intime du tout. Mais cela le reste pour moi quand même. La première expression ne se perd pas mais cela devient aussi quelque chose de différent. C’est les deux à la fois.

Un autre morceau ancien c’est « What you really mean » qui a été écrit par ta sœur. Est-ce que cette chanson a une signification particulière pour toi?

Oui, c’est unique pour moi car j’ai aimé cette chanson dès le premier instant où je l’ai entendue. Elle l’avait enregistrée d’abord sur une cassette il y a environ trente ans en arrière. J’ai toujours aimé cette chanson, j’avais même essayé de la faire enregistrer à quelqu’un d’autre car je la trouvais tellement bien. Puis en travaillant sur cet album, je me suis dit que je devrais le faire afin que plus de personnes puissent entendre cette chanson géniale. Ma connexion à ma sœur est très forte et spéciale, donc jouer sa chanson, c’est vraiment quelque chose d’important.

« Traveling solves everything », est-ce que ce titre est comme une philosophie de vie?

Il m’amuse. Ce n’est pas une philosophie en laquelle je crois mais je ne crois pas au contraire non plus. Il y a cette croyance qu’on ne peut rien résoudre en partant ailleurs car bien sûr n’importe où que tu ailles, tu es toujours là. Donc cela ne changera rien. Pourtant je pense que cela fait du bien parfois de changer d’environnement. Parfois c’est même nécessaire et important. Je trouve que c’est juste un sujet drôle sur lequel écrire. Tu as mentionné la joie, je la ressens dans la musique de ce morceau. L’idée est fun. Peut-être que c’est absurde et ridicule, mais c’est ce qui fait que c’est drôle.

Vous travaillez toujours avec d’autres musiciens sur scène? Je sais que vous travailliez avec les Horns of Dilemma, je ne sais pas s’ils existent toujours.

Oui, ça a toujours existé pour nous en tant que concept. Tout est né d’une idée et de nombreux musiciens avec qui nous avons joués en ont fait partie. Nous venons de terminer une tournée en Australie et en Nouvelle Zélande et nous avons un musicien Blaise Garza – il joue du saxophone sur « Traveling solves everything » et d’autres morceaux – et il était en tournée avec nous. Ce peut être n’importe qui que nous connaissons dans la ville qui nous rejoint sur scène ou quelqu’un que nous venons de rencontrer ou qui joue dans le groupe avant nous que nous invitons à monter sur scène avec nous. C’est souvent un joueur de cuivre mais pas forcément.

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