Vincent Fouquet : entrevue chez Above Chaos

03 Nov 15 Vincent Fouquet : entrevue chez Above Chaos

Vincent Fouquet fait partie de ces artistes discrets que l’on croise furtivement lors de festivals où ils exposent ses créations. Le Samain festival en Bretagne a été pour notre équipe l’occasion de le rencontrer lors de l’exposition, notamment, de ses travaux pour Tsjuder.

1-Peux-tu nous présenter dans un premier temps ta structure Above Chaos. Pourquoi avoir choisi ce nom ? Quel est le lien avec la galerie Graphic Noise où tu présentes certains de tes travaux ?

Above Chaos est un studio de design graphique dans le domaine des musiques extrêmes. J’y travaille à la direction artistique et au développement de visuels pour les groupes de musique et organisations. Le nom Above Chaos est venu assez naturellement, sans trop réfléchir. Si on le regarde plus en détails, il est le reflet de mes travaux : l’opposition de deux termes, l’un négatif l’un positif. D’une autre manière, pour pouvoir visualiser le « chaos » que j’illustre, il faut prendre de la distance, de la hauteur pour le visualiser. Ainsi « Au dessus du chaos » c’est une bonne place pour appréhender ce Chaos.

Graphic-noise est une galerie artistique en ligne. Elle fait le lien entre la musique et le monde de l’art graphique. Elle y présente des travaux d’artistes œuvrant pour les groupes de musique extrême J’y présente de manière plus artistique des tirages d’art de certains de mes travaux, personnels ou non.

2- Tu utilises souvent des créatures mi-humaines, mi-divines, mêlées à une symétrie rigoureuse. Comment définirais-tu les thèmes abordés dans tes créations ? D’où te viennent tes inspirations ?

Je m’inspire de la vie, la mort, la nature, l’espace, la religion et la mythologie. J’aime créer des déifications à partir de modèles humains, en les dépersonnalisant. Plutôt que d’en faire des créatures bonnes ou mauvaises, des anges ou des démons, je préfère créer des être venus d’une sorte de purgatoire, des êtres ni bons ni mauvais ou à la fois les deux. Je souhaite casser le manichéisme trop facilement implanté et, ainsi, poser les questions des oppositions ou non oppositions entre L’Homme et le Dieu. De la même manière je développe aussi ces concepts pour les associations comme l’ordre et le chaos, le réel et l’imaginaire, l’humain et l’animal, la lumière et l’obscurité, la vie et la mort ou encore le  gracieux et le choquant .

And Justive For Art - Vincent Fouquet

3- Tes oeuvres sont divisées en deux catégories : la photo-manipulation et le dessin. Soulignons d’ailleurs le magnifique travail que tu as effectué pour la dernière pochette d’Ellipse. Pourquoi utilises-tu ces deux techniques ?

Je teste pas mal de techniques quand j’en ai le temps. Cela me permet de savoir ce qui me convient pour m’exprimer ou pas, et celles qui sont efficaces ou pas. J’ai commencé par le dessin traditionnel puis par la photo-manipulation.

J’aime l’idée de créer des univers surréalistes à base d’éléments purement réalistes comme des photos. Ensuite j’ai changé ma technique de dessin pour passer à l’encre de chine/rotring, en travaillant uniquement en hachures pour donner un effet en même temps ancien et moderne. Ça permet de créer des designs avec beaucoup de contrastes, ce que j’apprécie particulièrement, tout en ayant une atmosphère particulière.

Ellipse - A nos traîtres - Finisterian Dead End - 2015

Ellipse – A nos traîtres – Finisterian Dead End – 2015

4- Peux-tu nous parler à présent de tes dernières collaborations. Tu as bossé avec Tsjuder sur l’ensemble de l’artwork de leur dernier album Antiliv chez Season of Mist. Comment s’est passée votre collaboration jusqu’à votre rencontre au Fall of Summer ?

Le groupe n’a pas l’habitude de beaucoup travailler ses visuels. En général, leurs pochettes se limitaient à la photo du groupe en corpse paint, et leur merch à des choses très simples. Je leur ai proposé un projet d’une illustration par titre + une pochette et une illustration centrale, le tout dans le même univers et développant le concept de l’album. J’ai commencé par la pochette que j’avais en tête ce qui les à convaincu de me suivre dans le projet global. J’ai livré les designs un par un et ils étaient à chaque fois réjouis. J’ai ensuite développé la police de l’album, écrit tous les textes à la main, fait la mise en page, les goodies de l’édition limitée. Ces dix nouveaux designs de l’album ont permis de faire de nouveaux modèles de tee-tshirts plus variés, chose qui leur manquait jusque là. Du coup on s’est rencontré au Fall Of summer quelques mois après ces travaux et nous avons pu découvrir ensemble les produits finis par Season of Mist. Ils étaient ravis de mon travail et d’avoir pu enfin donner un peu d’identité visuelle à leur groupe.

Tsjuder - Antiliv - Season of Mist - 2015

Tsjuder – Antiliv – Season of Mist – 2015

 

5- Je te remercie pour cette interview dans cette bonne ambiance au Samain Fest. Le mot de la fin t’appartient en te laissant libre choix de nous révéler une information supplémentaire sur ton art !

Je vais ces prochains mois développer les tirages d’art de mes travaux, que ce soit par des sérigraphies ou des impressions numériques fine art. Le tout sera présenté lors d’expositions que je suis en train de démarcher et sélectionner. Au niveau création, de nombreuses illustrations d’albums nationaux et internationaux sont en préparation. Des pointures du niveaux de Tsjuder y seront présents.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page de Vincent Fouquet.

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