Tobias Bernstrup – Interview

31 Juil 15 Tobias Bernstrup – Interview

Le 13 juin dernier se déroulait un événement assuré par l’association Stellar Management. A l’affiche, le duo Peine Perdue et l’artiste suédois trop rare dans nos contrées : Tobias Bernstrup. Occasion rêvée pour nous de revenir sur son parcours et d’essayer de percer les mystères derrière cette étrange créature androgyne.

ObsküreMag : La musique n’est-elle qu’un des aspects de ton travail artistique? Quelle importance lui donnes-tu dans ton œuvre ?
Tobias Bernstrup : J’ai toujours fait de la musique. Bien avant que je ne rentre dans une école d’art. J’ai dû arrêter d’en faire pendant deux années puis pendant mes études d’art j’y suis revenu. Nous avions un bon studio son. Au départ, j’étais batteur dans des groupes post-punk avec plus de guitares. J’avais toujours rêvé de faire de la musique électronique. Donc cette transition s’est faite de façon naturelle pendant mes études. C’est arrivé en parallèle à mes travaux en art visuel. Mais je n’avais pas l’intention de m’impliquer dans la scène musicale, ça c’est quelque chose qui s’est développé au fur et à mesure, notamment avec sa transformation avec beaucoup de labels indépendants. Par exemple j’ai rencontré Philippe de Falco Invernale avec MySpace. J’avais fait une page que j’avais du mal à tenir à jour. À un moment Pieter de Wierd Records m’a dit : hey tu devrais lire tes messages ! Et là j’ai eu plein de propositions, des gens qui aimaient cette musique, qui souhaitaient que l’on collabore sur un disque. Tout d’un coup, je me suis dit, pourquoi pas me lancer et sortir des disques? Au départ, je n’en avais pas l’ambition. Je faisais de la musique, des expos et je faisais des performances de temps en temps, mais au bout de deux ans, j’ai commencé à consacrer un peu plus de temps à la musique. Donc aujourd’hui mon problème c’est de trouver du temps pour tout car je travaille à plein temps en tant qu’artiste visuel. Parfois je combine les deux. Le dernier album est un développement de ma dernière exposition et projet de film. J’utilise les mêmes sortes de visuels. Certaines chansons ont pu être comme des structures de pensée pour le travail artistique. Cela a fonctionné de façon plus synergétique. Là c’est bien car tu perds moins de temps.
Au début, quand j’ai commencé à faire mes premiers disques, il y avait beaucoup de présomptions dans la scène musicale, ils trouvaient ça louche : un artiste visuel qui fait de la musique. Ils avaient des préjugés sur l’art. Certaines personnes trouvaient cela vraiment prétentieux. C’est quelque chose que je ne comprends pas, car les styles musicaux avec lesquels je travaille, comme l’italo disco, ce n’est pas de la musique prétentieuse, c’est très simple.

Et ce n’est pas le genre de musiques qu’on s’attend à entendre quand on va dans des galeries d’art !
Exactement. Il y a eu pas mal d’obstacles pour aller dans cette direction mais par chance cela a changé. Marina, une des gérantes de la galerie pour laquelle je travaille à Stockholm, a aussi un background de musicienne, elle fut une des pionnières de la musique synthétique en Suède. Puis j’ai réalisé qu’il y avait tellement de musiciens autour de moi qui faisaient aussi de l’art, et des artistes qui faisaient de la musique. Tout cela fonctionne ensemble.

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Tu disais que dès que tu jouais dans des groupes post-punk, tu avais le désir de faire de la musique synthétique. Pourquoi cette musique ?
Quand j’ai grandi dans les années 1980, je n’aimais pas la scène électronique car tous les gens qui écoutaient les groupes à la Depeche Mode s’habillaient en chemises Lacoste. Et ce n’était pas mon cas. Il y avait une différence culturelle. J’étais plus attiré par le punk ou le heavy metal. Mais secrètement, j’aimais certaines de ces chansons synth-pop. Quand l’album de Scotch est sorti ou Miko Mission, je me suis dit que c’était vraiment de la très bonne musique. Avec eux est né mon intérêt pour la musique italo disco. Puis cela m’a pris plusieurs années. Ce devait être vers 1996. J’avais une expo, j’avais vendu des œuvres et je me suis dit, allez achète un synthé et j’ai commencé à faire de l’italo disco parce que c’est ce que j’avais toujours voulu faire.

Dans ta musique il y a une réflexion sur le monde digital. As-tu donc commencé à l’ancienne avec ton synthé puis tu t’es dirigé assez vite vers le numérique ?
Quand j’ai commencé, la première étape a été d’apprendre à programmer un séquencer. Je n’y connaissais rien. J’avais acheté un Ensoniq SQ-80. C’est un des synthés que John Carpenter utilisait. Je l’ai utilisé pour tout le sequencing puis c’était tellement plus simple de faire des enregistrements avec les synthétiseurs. Mais au départ je n’étais pas fan des softwares, comme les émulations. Cela m’a pris presque dix ans pour les accepter. Pour ma première version de Logic, j’avais essayé les émulations de synthés et j’étais horrifié. C’était comme de la merde en plastique. Aujourd’hui je peux utiliser de meilleures émulations mais je préfère toujours collecter les synthés physiques, analogiques. On ressent tellement plus de joie à jouer un instrument. Surtout dans le procédé d’écriture. Mais aujourd’hui j’utilise de tout.

Dans la voiture on écoutait ta musique et encore aujourd’hui tu utilises des guitares. J’avais d’ailleurs oublié comme le titre « American Gothic » sonne tellement goth.
C’est une chanson que j’avais écrite quand j’ai déménagé à New York. J’étais assez surpris par la nouvelle génération de la scène gothique. Cela faisait longtemps que je n’en avais pas vus. Et là bas la culture gothique n’a jamais existé comme elle a existé en Europe. Donc c’était amusant de me retrouver dans ces concerts et ces soirées et jouer avec la phénoménologie gothique. Le morceau ressemble à un mix entre Sisters of Mercy et New Order.

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Pour en revenir sur le personnage que tu incarnes sur scène, est-ce toi en tant qu’artiste ? Est-ce que c’est une projection ? Et est-ce que ce personnage évolue ? On pourrait dire que sur chaque album c’est un nouveau Tobias Bernstrup.
Changer de costumes, c’est plus lié au désir ou au besoin de changer, de devenir quelqu’un d’autre. Tu essaies de nouvelles choses et tu changes.

Le travestissement est-ce que c’est quelque chose que tu faisais déjà avant les performances ?
Oui, j’ai commencé à utiliser le maquillage quand j’étais adolescent. cela faisait partie de la culture post-punk ou gothique, et même dans la scène métal – j’écoutais Mötley Crue – et ils portaient tous du maquillage. Et j’adorais leur look. S’habiller comme on en a envie, c’était important à l’époque et ça l’est encore plus aujourd’hui où l’on ressent des tendances dans toute l’Europe vers plus d’intolérance et de violence. Il y a une raison politique à cela. Nous devons le faire. On fait ces choses pour soi car on les apprécie mais en faisant cela on promeut un message pour encourager les gens à oser être ce qu’ils veulent, quel que soit leur background, leur race, leur genre. On est supposé correspondre à un rôle stéréotypé dans nos sociétés. Je ne pourrais jamais faire un concert en portant un T-shirt. Parfois je suis jaloux de ces groupes qui montent sur scène avec des jeans et des T-shirts. Alors que j’ai besoin d’au moins deux heures, pour mettre mon maquillage et mon costume. Ce n’est pas toujours agréable, mais je ne pourrais pas être sur scène sans porter quelque chose de visuel et d’excitant. Et c’est amusant de s’habiller. C’est pour ça que nous le faisons.

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Tu ne fais pas que transgresser les limites entre les genres sexuels, mais aussi entre l’humain et le non humain. On peut voir aussi des reproductions de toi en sculpture. On est presque dans la tradition des hommes robots de Kraftwerk.
En termes aussi d’érotisme et de sexualité ce n’est pas lié à un genre spécifique ou même aux humains. Il y a toute une histoire du techno-érotisme que ce soit dans la littérature ou l’histoire du cinéma. Si tu regardes Metropolis par exemple, les robots féminins sont souvent érotiques. Comme dans Blade Runner où il y a une histoire d’amour entre un être humain et et un réplicant. Cela remonte je pense à la statuephilie, la personne qui tombe amoureuse d’une statue ou la Vénus à la fourrure. Le fantasme d’une personne qui n’est pas humaine mais une pièce en marbre.

Cela remonte en fait à la période romantique du XIXe, cet amour que l’on trouve dans une histoire d’Hoffmann pour quelque chose qui n’est pas humain.
Les costumes ont tous quelque chose en commun, ils ont un aspect fétichiste. C’est la même chose avec les robots, il y a cet aspect fétichiste. Les machines chargées érotiquement.

Quand tu utilises ce fétichisme, cela fait de toi un objet sexuel ?
Bien sûr, j’ai besoin de ressentir une excitation sur scène pour moi et pour le public. Tout est lié au fantasme, créer un nouvel univers. Qui n’a rien à voir avec le quotidien.

Est-ce que tu t’entraînes pour marcher sur ces talons très hauts? Cela doit demander une certaine discipline de s’habiller de cette façon ?
En fait, je ne marche pas très bien sur les talons.

Oui, tu te tiens droit mais tu ne marches pas tant que ça.
Une fois, quelqu’un m’avait dit que je devrais prendre des cours pour m’entraîner. A un moment, je me suis dit mais pourquoi changer ? Ce ne serai pas moi.

On ne l’a pas dit mais tu crées tes propres costumes.
La plupart du temps, mais pas toujours. Pour la couverture du dernier album, j’en ai dessiné la moitié puis j’ai eu de l’aide de la part de Kristoffer, un styliste qui a immédiatement compris mon concept. C’était bien d’avoir de l’aide, car je ne suis pas très bon pour la couture. Je suis plus dans la sculpture et le travail sur les matériaux.

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Pour parler de ton univers, il y a des références qui reviennent, comme par exemple un univers d’anticipation (1984, Blade Runner). Est-ce que le Tobias que l’on voit sur scène il vient aussi du futur?
Cela dépend à qui tu demandes ?

Oui, je suppose qu’il y a plusieurs personnalités qui se combinent.
Pour ce qui est de la musique, il y a beaucoup d’influences de la musique électronique des années 80 mais j’essaie toujours d’écrire la musique d’une façon nouvelle. Ce n’est pas que le reproduction d’un style. Il y a beaucoup de groupes qui font de l’italo disco, c’est associé à un certain son mais je ne cherche pas à imiter. Je pense que le nouvel album est très différent du précédent qui était plus homogène en termes de son. Mais c’est aussi ma manière de travailler. Pour le nouvel album j’ai décidé de ne pas utiliser autant de synthés des années 80 mais plus ceux de la fin des années 90 comme le Virus. Même au niveau des rythmes, il y a une chanson avec un beat reggaeton. Cela faisait dix ans que je voulais faire ça. La première fois que j’avais entendu Diego Calderon, je m’étais dit waow. J’étais dans un taxi et je trouvais le rythme cool. Utiliser des synthés techno ou transe avec un rythme reggaeton, il ne faut pas avoir peur de ces mélanges. C’est une façon de se développer. Emprunter à des genres musicaux les plus variés.

L’album se nomme Romanticism mais quelle est ta définition du romantisme ?
Je faisais une résidence d’artiste à Art Lab dans un petit village. Pendant trois mois, j’ai travaillé sur des chansons. J’avais pris un nouveau synthé et je me suis amusé avec, tous les jours j’enregistrais et je voyais ce qui se passait. J’écrivais les paroles au milieu de cette campagne. Il y avait un petit lac. Rien d’urbain, et cela a affecté mon écriture et l’atmosphère des chansons. Je regardais par la fenêtre. Les morceaux avaient ce sentiment romantique. Et l’exposition sur laquelle je travaillais en parallèle s’intéressait au romantisme dans le mouvement artistique, en particulier une peinture de Caspar David Friedrich, le peintre allemand. C’est devenu une histoire parallèle au projet de film sur lequel je travaillais.

Quelle était la peinture ?
Monastery Graveyard in the Snow. C’est une de ses peintures les plus célèbres, il y a eu des tas de reproductions. C’est comme l’Ile des Morts de Böcklin. C’est iconique. La peinture a été détruite vers la fin de la seconde guerre mondiale pendant le bombardement de Berlin. Cela m’intéressait aussi, la destruction d’un héritage culturel. C’est quelque chose qui se passe aujourd’hui. Dans les paroles, on trouve des descriptions de ces peintures. C’est comme un jeu entre la pop, des chansons d’amour et de haine, et l’histoire de l’art. Pet shop Boys diraient Che Guevara et Debussy sur un rythme disco. La musique peut être aussi un moyen de découvrir la littérature. J’ai découvert Albert Camus par The Cure. Il était difficile d’entrer dans la littérature pour moi mais les musiciens m’ont montré que ce n’était pas ennuyeux du tout.

Quant à tes paroles, on dirait que c’est une projection. Le Je et le Tu que tu utilises semblent applicables à tout le monde. T’adresses-tu à quelqu’un quand tu écris les textes ?
Oui. Pour moi, l’écriture des textes est très difficile. C’est simple, mais il faut que les textes soient intelligents. Ou stupides mais toujours intelligents. Ils doivent faire sens. Je ne pourrais pas chanter quelque chose comme « allons à la plage ». En fait, il y a eu « Vamos a la playa » mais qui parle en fait de la bombe atomique. C’est très difficile. Les premiers albums tournaient beaucoup autour d’émotions ou de manque d’émotions à travers le filtre de la technologie. D’une certaine façon, c’était plus facile à écrire. Sur le nouvel album, les textes sont plus personnels, ce qui les rend un peu différents.

Quand on écoute ta musique, on pense à un techno romantisme, celui des pionniers synthétiques des années 80 comme Gary Numan ou John Foxx, et de l’autre côté l’italo disco dont tu as parlé dont l’heure de gloire était aussi dans les années 80. Comment en es-tu venu à t’intéresser à ces aspects de la musique synthétique ?
C’est ce qui m’est arrivé. Je suis allé dans une école d’art pendant sept ans. C’est là que j’ai développé une vision sur ce que la performance pouvait être. Quelque chose de très visuel. L’italo disco a toujours été une musique que j’aime. Ce type de son m’inspirait. Puis j’ai ajouté mon univers visuel et un background à avoir travaillé pour des jeux vidéos et faire des installations artistiques en utilisant les jeux vidéos.

Il y a aussi, c’est vrai, beaucoup de références aux jeux vidéos dans ta musique. « Hitman » est lui aussi une référence à cela je suppose ?
Plus ou moins. Je n’y ai jamais joué, mais je jouais à Manhunt, un jeu vraiment brutal. La façon dont les personnages t’insultent ou te menacent dans ces jeux de gangsters m’a beaucoup inspiré. C’était un peu dans le style de Scarface. De temps en temps, j’écris des chansons sur des personnages vraiment mauvais comme Hitman ou le Sniper. Mais on peut les interpréter en dehors du monde du jeu. Dans le nouvel album, il y a la chanson « Seek & Destroy ». C’est quelque chose auquel je reviens, ce thème du Mal.

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Pour ce qui est du thème de la domination, tu utilises le langage du sadomasochisme. Quand tu es sur scène te mets-tu dans la position dominante de la pop star ou utilises tu tous ces éléments dans une approche totalement différente ?
C’est les deux à la fois. C’est la question de changer de rôles. Tu te tiens sur scène et tu dis aux gens de chanter ou de taper dans les mains ou danser, mais en même temps tu es soumis, tu es exposé. Pour ce qui est de jouer des rôles, c’est quelque chose qui doit aussi changer.

As-tu toujours été seul sur scène ?
Plus ou moins. J’ai fait quelques shows avec des chanteurs invités mais jamais plus de deux. Des fois, je me suis dit que je devrais essayer des arrangements avec un groupe, mais je ne saurais pas comment gérer ces autres personnes sur scène. C’est pas que de la logistique. Parfois je joues des instruments en live, mais à chaque fois j’étais déçu car cela demande tellement d’attention de jouer que la performance est changée. Ton corps bouge d’une manière différente. Les expressions faciales ne sont pas les mêmes. Je n’ai pas trouvé de compromis. Je laisse ça pour le studio. Quand je joue les synthés, je n’ai pas à réfléchir à ce que ça donnera sur scène.

En parlant d’art contemporain, Pierre Molinier a travaillé sur un fétichisme aussi du travestissement, des talons hauts, etc. Y a t-il eu d’autres artistes qui t’ont inspiré ?
Plusieurs. Cindy Sherman, Pierre Molinier et quelques autres. Mais quand tu commences à travailler sur tes propres créations, tu perds ton intérêt. C’est un bon point de départ. Mais en général je prends mon inspiration de choses moins attendues. Autrement tu es trop conscient de ce que tu fais. L’inspiration doit venir par accident. Il faut regarder les artworks très vieux mais pas l’art contemporain. Autrement tu ne feras qu’une réplique de quelque chose. Un sujet contemporain peut vite devenir très vieux. Pourquoi ne pas s’inspirer de l’italo disco ?

Pour ce qui est de la culture club, il y a cet élément très dansant dans ta musique. Ce soir le lieu ressemble plus à un théâtre mais tu as joué dans des boîtes de nuit autant que des galeries. Cette culture de la nuit, de la danse, c’est aussi ta culture ? Tu fais toujours référence à la nuit dans ta musique d’ailleurs.
La nuit c’est une environnement, un état d’esprit qui m’a amené à l’écriture. Le nom de mon label c’est Tonight Records. Pendant longtemps, je mettais toujours les mots « tonight », « at night » ou « midnight » dans toutes mes chansons. Le nom était libre pour mon label. Et deux semaines après quelqu’un a voulu m’acheter le nom et j’ai dit non. C’est une part importante de chaque chanson, la vie la nuit, les nightclubs. La nuit c’est aussi le moment où nous pouvons nous transformer et devenir quelque chose d’autre. Je n’aime pas tellement aller dans les boîtes moi même mais jouer dans des clubs c’est un bon moyen pour rester dans l’atmosphère de ces nouvelles générations de clubbers, de DJs. En faire partie et danser un peu, je laisse ça pour la scène.

Pour ce qui est du monde que tu construis autour de toi, est-ce un monde imaginaire, détaché de la réalité ou au contraire une réflexion sur la réalité ?
La fantaisie et la SF sont un moyen de réfléchir à la réalité. C’est la même chose avec mes dernières créations, je travaille avec des miniatures et des modèles. Passer des jeux vidéos aux modèles, c’est comme créer des micro univers. Tu peux ainsi raconter des histoires tout en gardant l’auditeur dans une forme d’enchantement. On peut parler du futur ou du présent, mais la narration et la structure ne sont juste que des moyens de parler de la vie en général. Ce n’est pas de l’escapisme. C’est sûrement l’opposé. Un exemple, si on parle de censure, j’ai fait une performance à Moscou il y a quelques années. C’était deux années avant les lois homophobes. Puis j’ai décidé d’écrire un morceau sur cette situation. La chanson, qui se nomme « Revolution » est de la pop facile mais c’était un moyen de parler de quelque chose de très sérieux. C’est un bon déguisement pour aller dans des territoires où tu n’irais pas forcément.

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Crédits photos : Juan Guisado. Merci à Noe.

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