Thy Catafalque : promenons-nous dans les bois

15 Nov 11 Thy Catafalque : promenons-nous dans les bois

En complément de l’entrevue parue dans Obsküre Magazine # 6, www.obskuremag.net publie ces extraits inédits de notre entretien avec Tamás Kátai, leader incontesté de Thy Catafalque et pleinement responsable d’une réussite nommée Rengeteg.

Quels sont les invités sur Rengeteg et comment les as-tu choisis ?
Tamás Kátai : Attila Bakos s’occupe des parties de chant masculin, tout comme sur Róka Hasa Rádió. Notre précédent album. Il a ses propres projets : Woodland Choir (N.D.L.R. : CD issu d’Epidemie Records l’année dernière) et Taranis. C’est un grand chanteur, il s’accorde parfaitement à l’univers de Thy Catafalque et par ailleurs, c’est un de mes amis. Étant donné que je suis en Écosse et lui en Hongrie, il a enregistré ses parties chez lui et me les a envoyées via la toile. Ce fut la même chose avec Ágnes de The Moon And The Nightspirit. Ági et Mihály de TMATN sont tous deux des gens charmants, je suis content de les connaître et qu’ Ági nous prête sa voix sublime pour Thy Catafalque. Elle s’est aussi occupée des chants féminins sur Róka Hasa Rádió et elle a même joué du violon sur l’album de Gire (N.D.L.R. : l’autre groupe de Tamás Kátai, actuellement en hiatus). Nous avons aussi droit à la présence d’un violoncelliste incroyablement talentueux sur Rengeteg : Il est premier violoncelliste de l’Ernő Dohnányi Symphonic Orchestra de Budapest et se prénomme Mihály Simkó-Várnagy.

Votre musique est imprégnée de folk, de musique électronique et expérimentale avec une toile de fond tragique et baroque… quels sont les liens que vous avez avec toutes ces influences ?
Je ne tente pas d’inclure chaque influence possible dans ma musique. Actuellement, c’est un domaine relativement dangereux et ces mélanges de genres sans limite aboutissent à quelque chose de « kitsch » ; et dans la plupart des cas, à un résultat totalement fade. Tu sais, être bizarre rien que pour impressionner et justifier la seule bizarrerie, je n’adhère pas du tout à ce genre de démarche. Ce n’est rien qu’une surface superficielle sans matière. Prends la musique folk, pas ce folk metal horrible et merdique bien sûr… mais notre ancienne musique : les morceaux les plus simples et les paroles les plus simples décrivent tout, ils sont capables d’atteindre nos esprits, les éclairer par leur pureté. Concernant la musique que j’écoute, j’opte pour une forme de minimalisme. J’adore la musique folk pure, Brian Eno, Steve Reich, Arvö Part ou Burzum et c’est toujours mieux que le vide grandiose proposé par Therion. Mon Dieu, le tout dernier album de Therion a été la pire chose que j’ai écoutée depuis un bon moment.

Quelles sont les références littéraires et philosophiques qui ont nourri ton son cette fois-ci ?
Concernant les lettres, je m’intéresse énormément à la littérature hongroise du XXème siècle. Celle-ci a atteint un summum de créativité dans la vie culturelle de notre nation malgré les effroyables circonstances historiques de l’époque, ou tout simplement peut-être à cause d’elles. Il avait existé un magazine exceptionnel et influent sur la littérature prénommé Nyugat (N.D.L.R. : qui signifie « Ouest »). Imprimé de 1908 à 1941, il rassemblait les plus brillants écrivains, poètes et esprits créatifs. J’aime ces années-là, ainsi que la période postérieure de la littérature hongroise.

Des anecdotes concernant l’enregistrement de Rengeteg ? Comment décrirais-tu ses sonorités à un auditeur qui ne connaît pas le groupe ?
Pas vraiment d’anecdotes, non. En fait, il n’y a rien de particulièrement intéressant à raconter, j’étais assis devant mon PC à enregistrer l’album dans l’appartement loué pour l’occasion… tu constateras qu’il n’y a rien de très rock’n’roll là-dedans. Cependant, je reconnais avoir apprécié cette manière de composer et d’enregistrer. Auparavant, avec Gire et pendant douze ans, nous avons donné des concerts, fait des répétitions entre amis… la vie classique d’un groupe en quelque sorte. Maintenant, je suis en charge de Thy Catafalque, je créé de la musique d’une autre façon et j’y prends plaisir. Rengeteg est profond, dense et dérange nos pensées, il invite à vagabonder longtemps dans une forêt vaste la nuit pendant que les planètes tournent au-dessus de nous dans un ciel étoilé.

Ta définition du black metal ?
Hvis Lyset Tar Oss de Burzum.

En écoutant le dernier album de Thy Catafalque, je pense immanquablement à Solefald, penses-tu que cela soit justifié ? Aussi, j’ai l’impression que Rengeteg est moins expérimental et audacieux que les efforts précédents mais plus mélodique et entraînant… quel regard portes-tu sur ce nouvel album ?
J’ai aimé leur premier album à l’époque de sa sortie (N.D.L.R. : The Linear Scaffold en 1997): c’était un album de black metal passionnant et enflammé ; puis vint Neonism qui était bien plus expérimental et dès lors, j’ai adoré ce groupe bien plus encore ! Après ça, j’ai perdu le fil. J’ai réussi à avoir leur dernier album et ce sera le prochain sur ma playlist, merci de me le faire rappeler ! En ce qui concerne Rengeteg, je suis entièrement d’accord avec toi, j’ai dit pratiquement la même chose auparavant. Cette fois, c’est moins expérimental, plus traditionnel et frontal… surtout et c’est le plus important, je suis parvenu à accomplir mes noirs desseins.

 

 

 

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