Treha Sektori – Interview bonus Obsküre Magazine #12

07 Déc 12 Treha Sektori – Interview bonus Obsküre Magazine #12

En complément de l’entretien paru dans Obsküre Magazine #12 (novembre / décembre 2012, en kiosques deux mois à partir du 8 novembre), www.obskuremag.net publie les passages restés inédits de notre entretien avec le fondateur de ce magnifique projet dark ambient, Dehn Sora. Son nouvel opus studio, Endessiah, déploie les abysses auparavant esquissées sur Sorieh, un album pour sa part réédité en format LP par le label canadien culte Cyclic Law.

Obsküre Magazine : Qu’est-ce qui a fait naître le projet de réédition LP de Sorieh chez Cyclic Law ? As-tu revu le visuel de l’album pour l’occasion ?
Dehn Sora :
Fréderic Arbour, de Cyclic Law, m’a fait l’honneur de me proposer de lui donner un second souffle en LP. Le format vinyle a une signification toute particulière, son grain et l’implication qu’il requiert est inestimable. L’artwork correspond à l’original. J’ai travaillé sur un visuel différent pour l’ensemble, mais la couverture a une valeur personnelle importante que je ne voulais pas casser. J’ai donc développé ces nouveaux visuels sur l’insert et le poster de l’édition.

Un grand soin est déployé par tes propres moyens sur l’environnement donné à la musique, et je pense là encore au visuel. Pourrais-tu expliciter le lien entre le contenu sonore du nouvel album et le visuel que tu as créé pour lui ?
Je ne conçois pas de produire un son sans visuel. Les deux se nourrissent l’un et l’autre. Si un son entraine une image, l’inverse est souvent plus réel. Le lien est constant, je vis avec ça – un peu avec cette obsession, de ne jamais avoir l’esprit tranquille. Et essayer de figer tout cela me permet de l’alléger un peu. Je vois Treha Sektori comme un nom, une assemblée de traductions, d’expériences. Que ce soit par une illustration, une séquence vidéo, comme le trailer de l’album, réalisé avec William Lacalmontie…


Quelque chose de vivant et de figé. Les projections pour la scène, par exemple, sont faites avec l’envie de rappeler que tout cela n’est pas quelque chose de tangible, j’aimerais beaucoup entrainer, faire tomber les gens ailleurs. Qu’ils ne soient plus « là » ne serait-ce qu’une seconde. Si une seule personne voit des choses en écoutant Treha Sektori, ou entend quelque chose en lui, simplement en regardant un visuel, ce serait la plus belle récompense. La cover d’Endessiah représente un bourgeon fait de muscles et de nerfs.

Es-tu en mesure de situer ta création par rapport à une « école »… si du moins tu en vois une pour ce que tu fais ?
Quant à appartenir à une école, je ne réfléchis pas à ce à quoi un visuel pourrait se rattacher. Je n’ai pas la prétention d’atteindre les « écoles » qui m’inspirent. J’aimerais que mes visuels vivent par eux-mêmes avant tout.

Un autre projet ambiant dans lequel tu t’investis, Sembler.Deah, semble devoir sortir un nouvel album en 2013. Peux-tu en esquisser quelques contours ?
Treha Sektori et Sembler.Deah forment mes poumons. Et j’ai la chance de partager cette expérience avec Colin et Mathieu, qui sont les personnes les plus authentiques que j’aie jamais rencontrées. Nous avons commencé à travailler sur des idées, nous cherchons et je pense que nous allons nous retrouver bientôt et nous enfermer avec l’envie de faire quelque chose qui nous touche tous les trois. Sortir ce qui est bloqué dans la gorge.

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