The Notwist – Interview bonus Obsküre Magazine #20

28 Avr 14 The Notwist – Interview bonus Obsküre Magazine #20

Supplément de notre entretien avec Markus Acher de Notwist autour de l’album Close to the Glass (City Slang / Sub Pop), entretien à retrouver en kiosques dans Obsküre Magazine #20 (mars/avril 2014).

Obsküre Magazine : Si les synthés analogiques modulaires sont très présents sur Close to the Glass, les autres instruments, comme les percussions, semblent également manipulés électroniquement. Je sais que Brian Eno aimait contrôler les autres instruments à travers l’électronique. Est-ce que vous avez essayé la même approche?
Markus Acher : Nous avons juste utilisé l’électronique pour trouver des sons nouveaux et intéressants. Dans certains morceaux, il n’y a pas tant d’électronique que ça, et parfois ce qui sonne électronique est joué par des instruments ou des samples. On aime traiter les sons, mais nous essayons de tout mélanger, l’acoustique, l’électronique, ce qui est joué, samplé, transformé. Nous ne suivons pas une démarche ou un concept définis, au final cela diffère d’un morceau à l’autre.

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Comment arrivez-vous à créer cet équilibre parfait entre les programmations/l’électronique expérimentale et l’efficacité rythmique d’un groupe rock, en particulier quand vous jouez ces morceaux sur scène?
Cela s’est fait pas à pas, nous avons une longue histoire pour ce qui est de jouer en live et d’enregistrer ensemble. Nous essayons de jouer autant que possible, les éléments électroniques compris.

Comme souvent, il y a beaucoup de mélancolie dans l’album. « Into Another Tune » ou « They Follow Me » en sont des parfaits exemples. Est-ce que tu tires ton inspiration pour les paroles de moments personnels autobiographiques? Quelle est ta relation à la narration à la première personne, le « Je »?
Normalement, le « Je » narratif ne veut pas dire que c’est moi qui chante la chanson. J’ai des personnages en tête et leur histoire… comme les chapitres d’un livre, ou si l’on se projette dans un film. Sur cet album, j’ai pensé toutes les chansons comme des fragments d’histoires. Comme traverser une rue et regarder à travers la fenêtre et avoir tous ces différents aperçus de vies différentes.

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Que diriez-vous aux gens qui diraient que vous vous complaisez dans les émotions tristes, la peine, la mélancolie?
Je vois autant d’espoir, d’amour et d’aspects positifs dans notre musique. Mais cela ne me mettrais pas en colère d’entendre cela.

Pour ce qui est des arrangements de cordes, avez-vous travaillé avec des musiciens ou ce sont des samples?
Les cordes sont toutes jouées. Il y a aussi des cuivres qui ont été joués et certains samplés. Nous avons beaucoup utilisé de samples sur cet album, mais pour de toutes petites parties ou des sons. Parfois les samples eux mêmes nous ont servi d’inspiration et nous les avons rejoués avec des instruments réels.

La chanson « Lineri » se focalise sur des émotions plus abstraites et se révèle très cinématographique. Pensez-vous que le fait d’avoir travaillé sur des soundtracks ou des pièces radiophoniques ces dernières années vous a donné une approche plus visuelle de la musique?
Nous approche de la musique a toujours été assez visuelle. Mais nous avons appris à garder les arrangements le plus minimaux possible, car c’est quelque chose dont nous avons beaucoup eu besoin pour les films. Et nous avons trouvé quelques sons, qui collaient très bien avec les soundtracks, et que nous avons utilisé dans ce disque aussi.

– Pensez-vous vos morceaux comme les séquences d’un film ?
Oui, en particulier le dernier morceau de l’album. On l’a toujours vu comme un court métrage. La seconde partie sonne d’ailleurs comme la musique de fin d’un film.

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Les rythmes robotiques et les synthés planants hallucinés étaient déjà présents dans le Krautrock. Restez-vous attachés à ces sons et peux-tu revenir sur la façon dont vous avez découvert la musique électronique ?
Le krautrock est toujours été une grande influence. Mais nous l’avons découvert assez tard pour dire vrai. Plus à travers des groupes comme Tortoise ou Stereolab que par notre entourage. Puis on l’a trouvé partout… il y a encore des musiciens qui vivent à Munich ou dans les environs. L’électronique en général nous l’avons découverte à travers l’ambient et l' »IDM » comme on l’appelait à l’époque. Aphex Twin et Autechre ont été les plus grosses influences au début. Mais aussi, il y avait – et il y a toujours – une scène électronique importante à Munich et en Allemagne, et donc il était facile de voir et d’entendre de la bonne musique électronique.

Vous avez souvent cité le blues et le gospel comme des influences. En quelle sens vous pensez que cela se traduit dans votre musique?
Pour moi des chansons comme « Run run run » ou « Into another tune » ou « They follow me » sont très influencées par les chansons de blues et de gospel, dans leur simplicité et la façon dont elles sont composées. J’adore vraiment cette musique, car c’est si triste et universel à la fois. Cela te donne de l’espoir tout en nommant les mauvaises choses qui se passent. Fred McDowell ou Blind Willie Johnson ou les Stanley Brothers ou, plus contemporain, Gillian Welch font de la musique qui me touche vraiment profondément, et je n’en ai jamais assez.

Avez-vous enregistré l’album dans votre propre studio? C’est un tel plaisir d’écouter le disque avec un bon système stéréo!
Merci beaucoup, c’est génial d’entendre ça! Nous l’avons enregistré dans notre studio avec l’aide d’Olli Zülch et Olaf Opal. Olaf a aussi mixé l’album et a eu un grand impact sur tout le disque. Il avait beaucoup d’idées sur le son d’ensemble tel qu’il est à présent.

Aujourd’hui que les gens écoutent la musique sur Youtube, est-ce que c’est important pour vous de considérer un album comme un tout, avec sa propre cohérence interne, comme une oeuvre d’art à part entière?
Je ne sais pas si c’est important pour tous les albums. Chaque disque fonctionne différemment. Mais vu que cet album a été composé comme un tout, nous aimerions vraiment que les gens l’écoutent de la première à la dernière chanson. Je pense que cela donne une plus grande image.

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> SORTIE : THE NOTWIST
Close to the Glass (City Slang / Sub Pop) (2014)

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