The Mission – LIVE @ Bus Palladium (Paris) – 01/11/2016

05 Nov 16 The Mission – LIVE @ Bus Palladium (Paris) – 01/11/2016

Le 1er novembre a beau précéder le jour de la fête des morts, The Mission nous a semblé bien vivant le soir de son concert unique en France pour la tournée de ses XXX ans.

Environnement intime et jauge de la salle petite (350 personnes) : le Bus Palladium, qui accueille depuis quelques mois les soirées Gothique Rock co-organisées par Le Boucanier et Smeralda, est assez bien rempli. Le show de ce mardi soir, organisé par les mêmes activistes, a donc donné à un auditoire restreint la chance de pouvoir enfin revoir un line-up de Mission proche de celui des origines, comprenant aujourd’hui les trois fondateurs Wayne Hussey (chant, guitare), Simon Hinkler (guitare) et Craig Adams (basse).

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La tournure typée du dernier album studio Another Fall from Grace trouve heureux prolongement sur scène en cette fin 2016. Mais si quelques nouveautés émergent dans la setlist parisienne (dont les emblématiques et puissants « Tyranny of Secrets » et « Met-Amor-Phosis », premiers singles issus du nouveau cru), l’heure est à l’exhumation du passé.

Le groupe, encadré par le personnel adéquat, se faufile vers la scène, longeant le bar flanqué sur la droite de la salle. Il y a dans l’air une certaine attente.
Si le son laisse parfois à désirer (les fréquences basses sont parasitaires et l’équilibre général n’est pas toujours là) et si le groupe semble un peu contraint physiquement par la petitesse de la scène (petitesse que Wayne évoquera dans une apostrophe au public – en substance : « c’est le plus petit lieu dans lequel nous avons joué sur cette tournée, mais j’aimerais bien danser moi ! »), la performance n’en reste pas moins à un niveau conforme aux espérances.
Le groupe soutenu par la frappe rigoureuse et puissante de Mike Kelly, revisite le passé. Il se concentre – hors les titres du dernier album – sur l’ère 1986-1990. La setlist met à l’honneur le premier vrai album Gods Own Medicine avec un total de six morceaux (les emblématiques « And the Dance Goes On », « Garden of Delight », « Severina », « Wasteland », « Love me to Death », complétés par un plus rare et enflammé « Blood Brother »).

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Mise en avant qui traduit un choix assumé : The Mission joue sans surprise la carte des origines et profite de la réunification presque parfaite d’un line-up considéré comme culte par beaucoup, pour se concentrer sur ce que les fans die-hard attendent le plus de sa part. Pas de morceaux ou presque qui témoigneraient de la période de création assumée par Wayne sans ses deux collègues de la première époque, autrement dit l’ère post-Masque. Seul un titre n’ayant pas bénéficié de la collaboration avec Simon Hinkler apparaît d’ailleurs dans le set (« Like a Child again »). Les disques post-Carved in Sand, pour l’essentiel, passent à la trappe, y compris cet AurA ayant vu renaître le binôme Hussey/Adams au début des années 2000.
Carved in Sand, lui, fait l’objet d’une mise en valeur assez minimale avec le single « Deliverance », final obligé, précédé plus tôt dans le set de l’autre single de 1990 : la ballade amère « Butterfly on a Wheel », correctement exécutée. Le groupe joue bien et Simon Hinkler, assez bonhomme, semble s’amuser davantage et tout du long, à la différence d’un Craig Adams, au physique plus renfermé et qui connaît quelque déconvenue : à savoir une décharge de frais sur le haut de son crâne, ce dont il se plaint légitimement (pshhh-pshhh-pshhhh : les nuages glacés qui tombent du ciel programment du rhume – car non, mesdames-messieurs : la clim qui s’exprime de trop, ne réchauffe que rarement les rasés). Craig râle et se baissera de temps à autre, notamment entre les titres, accroupi devant son empli comme pour éviter les crachats à répétition du frais. La prochaine fois, penser au bonnet. Simon le regarde de temps à autre, Wayne et lui jetant vers Craig quelques regards amusés mais impuissants. Adams, guerrier, n’abandonnera pas son poste.

Le classique Children, produit par John Paul Jones, bénéficie ce soir d’un traitement légèrement plus poussé que Carved in Sand. Trois titres avec d’abord « Beyond the Pale », parfaite introduction de concert : une version mid tempo solide,prenante et offrant certainement l’une des entrées en matière les plus incantatoires et évocatrices qui soit du son du groupe, dans sa dimension héroïque. Complèteront « Beyond the Pale » le fameux classique et prenant « Heat » et le plus convenu « Tower of Strength », inévitable single.

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Les morceaux du dernier opus, pour leur part, donnent une dimension d’actualité à la soirée, ce qui ne nuit certainement pas (à ceci près que certains auraient préféré un « Blood on the Road » à ce morceau plus plat et qui sonne moyennement bien en concert, « Never’s longer Than Forever »). Le contenu 2016 de la setlist a aussi pour effet de cantonner Mike Kelly à un rôle percussif plus minimal : Wayne veut voir transparaître sur les nouveaux morceaux la dimension machiniste de Mission, et la batterie reste globalement programmée sur cette portion du répertoire. Mike réalise alors un complément percussif, plus ou moins discret : il arrondit un peu les angles mais ne rompt pas l’effet mécanique recherché.

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Evi Vine, elle, a participé à la confection du dernier album de Mission. Elle apparaît plusieurs fois sur la gauche de la scène, amenant une touche féminine à laquelle le mix de façade ne rendra pas toujours justice. Les voix féminines vont bien au son de Mission et participent de sa nervure romantique, sous réserve que le sondier ne les néglige pas. Pour autant, la jeune femme apparaît sur scène avec Wayne pour une acoustique assez heureuse au service de « Love me to Death ».

Au final, si pointe le regret d’approximations dans le son et d’une gouaille que nous aurions espérée plus forte de la part de Wayne, The Mission peut se targuer de rester pertinent sur scène. La qualité de jeu du line-up actuel rend justice au répertoire et essentiellement au vieux fond de catalogue. Le groupe entretient son patrimoine consciencieusement, son public a vieilli et les deux s’accompagnent mutuellement. Une soirée empreinte certes de nostalgie mais qui a permis à l’auditoire de saisir l’énergie qui fait aujourd’hui se mouvoir un groupe détaché de sa théâtralité originelle. Un groupe au sein duquel Hussey, au chant encore affuté, reste un leader des plus scénique.

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SETLIST
Intro + Beyond the Pale
Serpent’s Kiss
And the Dance Goes On
Tyranny of Secrets
Garden of Delight
Heat
Another Fall From Grace
Severina
Like a Child Again
Met-Amor-Phosis
Tower of Strength
Wasteland
Love Me to Death
Butterfly on a Wheel
Like a Hurricane (Neil Young cover)
Never’s longer Than Forever
Blood Brother
Deliverance

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