The Mission – Interview bonus Obsküre Magazine #17

03 Nov 13 The Mission – Interview bonus Obsküre Magazine #17

The Mission, réarmé des trois-quarts de son line-up originel, n’a pas engendré la suite logique du triptyque culte des années quatre-vingt / quatre-vingt-dix avec le nouvel opus The brightest Light. Nous l’avions parié : ce disque allait générer le débat (voir chroniques positives ici [un disque « hors d’âge »] – équilibrée , et la chronique assassine de nos confrères de Prémonition ici). Pour ce qui nous concerne, nous resterons sur la position « centriste » : ce disque aura le destin que vous voudrez bien lui donner ! The brightest Light, assez paradoxalement et même s’il est le fruit d’un trio duquel pouvait être attendu un « certain son », s’inscrit dans une optique opposée à celle des shows de reformation : ce n’est pas un disque « de la nostalgie » et son caractère explosé, déroutant a priori pour les fans hardcore mais plus naturel dans son rendu que le critique Masque de 1992, pourrait séduire un public qui n’a pas connu l’époque de gloire : celle de cette fin des années quatre-vingt qui accoucha de Gods own Medicine (1986), Children (1988) et Carved in Sand (1990).

Obsküre Magazine : Le caractère peu démonstratif du nouvel album se retrouve dans son visuel. Derrière son image de façade et le choix du titre de l’album qui lui est lié, il y a une petite histoire. « Ain’t no Prayer in the Bible can save us », nom d’un morceau composé pour le disque, a aussi été le titre de travail de l’album mais a permuté quelques mois avant la sortie vers The brightest Light
Wayne Hussey :
Je réfléchissais à une manière de représenter ce premier titre et un jour, j’étais avec ma femme, Cynthia, à Sao Paulo. Nous nous sommes retrouvés dans un embouteillage, dans un tunnel. Cynthia a pris des photographies avec son iPhone, et l’une d’elles a amené l’idée du titre The brightest Light. Ce titre me semblait plus poétique que le premier.

Cette photo aboutit à quelque chose de plus abstrait et bien moins démonstratif que ce à quoi The Mission, visuellement, nous a habitués par le passé…
Il y a eu des discussions à ce sujet entre nous. Nous avons bien sûr considéré l’hypothèse de réaliser un artwork « old fashion », comme nous les faisions au début, mais personnellement je suis resté contre cette idée. Je préfère regarder devant plutôt que ressasser. Qui plus est, je voulais une image qui puisse rendre de manière aussi « efficace » sur des t-shirts que sur une pochette d’album ou une petite illustration pour iPod. Plus tu accumules de détails, plus tu les perds en multipliant les supports qui y sont liés. Qui plus est, certains sont très petits. La simplicité a cette vertu : elle te permet d’identifier de manière forte et immédiate l’image, de la reconnaître.

Dans le spectre musical s’incrustent aujourd’hui des phrasés plus hispano, méditerranéens, comme sur « Litany for the Faithful ». Vivre au Brésil a-t-il travaillé sur l’ouverture de tes goûts, tes penchants en musique ?
Ça a plus à voir avec l’âge, je dirais. Plus j’écoute la musique qui se fait aujourd’hui, plus j’ai le sentiment qu’elle s’inscrit dans le générique, en tout cas dans le champ de la musique rock. Peut-être que c’est aussi parce que ProTools est devenu un standard technique de l’enregistrement : quel que soit le studio dans lequel tu te rends, ça uniformise le rendu des disques. Cela m’encourage presque à revenir plus intensément, ces trois ou quatre dernières années, à des choses que je connais déjà ; des fondamentaux comme le vieux blues, Hank Williams, Neil Young, Johnny Cash… Cela dit, je ne perds pas d’intérêt pour ce qui peut se faire aujourd’hui. J’aime beaucoup de choses actuelles, comme The XX par exemple.

Day off ! (Simon Hinkler + Craig Adams - source : Mission FB)

Day off ! (Simon Hinkler + Craig Adams – source : Mission FB)

L’album Curios, en 2011, avait présenté une collection de reprises réalisées en studio et à distance avec Julianne Regan, collaboratrice régulière de The Mission et ex-All About Eve. Vous vois-tu un avenir commun, musicalement ?
Je ne sais pas, tout reste possible. J’aime beaucoup Julianne et lors de mon dernier passage en Angleterre, nous avons pu nous croiser et organiser un petit lunch. C’était chouette de la voir, elle a un talent incroyable. Nous sommes persuadés d’avoir fait quelque chose de bien avec Curios, mais l’accueil n’a pas forcément été à la hauteur de nos espérances.

Les anciens membres du groupe, quels qu’ils soient, ont-ils écouté les morceaux du nouvel album avant sa sortie ?
Aucun d’entre eux. Je ne sais d’ailleurs pas si cela aurait été pertinent de le faire. Pour être honnête, je ne me soucie pas réellement de ce que pourraient penser d’anciens musiciens de ce que nous faisons aujourd’hui… même si bien sûr, je préfèrerais qu’ils y adhèrent ! C’est valable aussi pour eux, d’ailleurs : je suis certain qu’ils ne se soucient pas spécialement de ce que je peux penser de l’état de leur production, et c’est assez normal. Après, Mark vient à Sao Paulo pour donner un show avec Peter Murphy et j’irai probablement le voir, je lui donnerai une copie de l’album (N.D.L.R. : Wayne a fait plus que cela au final, puisqu’il est monté sur scène avec l’ex-leader de Bauhaus pour reprendre « Telegram Sam » de T. Rex et le « Ziggy Stardust » de Bowie). Je suis à peu près sûr que certaines parties de l’album plairont à Mark, il aime les guitares et il y en a beaucoup sur ce disque (rire).

Sao Paulo LIVE 2013 (Murphy + Hussey) :

Image de prévisualisation YouTube

P. Murphy + W. Hussey backstage - photo : D. Gonçalves

P. Murphy + W. Hussey backstage – photo : D. Gonçalves

Au regard des sensibilités respectives de votre ancien percussionniste et de l’entrant Mike Kelly, crois-tu que votre ex-batteur, Mick Brown, aurait porté vos nouveaux titres « ailleurs », s’il avait été là ?
Peut-être… ce qui se passe lorsque tu enregistres en studio, c’est que tu captures un moment dans le temps. Tout dépend de l’état d’esprit dans lequel tu te trouves à ce moment, par exemple de la victoire ou de la défaite de Liverpool le jour d’avant (N.D.L.R. : rappelons au lecteur la passion de Wayne pour l’équipe de football mentionnée – chacun ses vices). Ça peut dépendre aussi du fait que tu aies trop bu, que tu aies trouvé une nouvelle femme récemment, qu’il pleuve ou non dehors… Avec les mêmes gens, au gré des circonstances, une chanson ne sonnera pas de la même manière. Au regard de toutes ces considérations, il reste impossible de quantifier ou qualifier le différentiel qu’aurait engendré la présence de Mick.

Certaines tournures sur l’album, offrent un rendu pop et aéré, comme « Born under a good Sign ». Cette chanson reflète-t-elle un état d’esprit qui a été le vôtre au moment de l’enregistrement ?
L’écriture est quelque chose que développes en position de repli, elle exprime un ressenti à un moment donné. Parfois, ça aboutit à une exagération… Mais je ne m’aventure que peu à expliquer le contenu des chansons : certaines me restent mystérieuses, d’autres prennent une tournure beaucoup plus évidente pour moi. Ce qui est sûr, c’est qu’aucune chanson ne peut être représentative d’un état d’esprit général. Elles s’inscrivent dans un moment, quelque chose de temporaire.

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> SORTIE
– THE MISSION – The brightest Light (Verycords / SPV) (2013)
> WEB OFFICIEL
www.themissionuk.com/wp

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