The Mission – interview avec Wayne Hussey (pt. 1)

22 Oct 16 The Mission – interview avec Wayne Hussey (pt. 1)

Favorablement accueilli par la critique, le nouvel album studio de la formation britannique phare du gothic rock s’intitule Another Fall from Grace. Écrit entièrement par Wayne Hussey, fondateur et leader permanent depuis 1986, et réalisé en collaboration avec les deux musiciens d’origine Craig Adams (ex-Sisters Of Mercy, basse) et Simon Hinkler (guitares) plus le batteur Mike Kelly, cette collection fort convaincante de nouvelles compositions originales, truffée de guests, s’avère l’une des mieux tenues et des plus typées de Mission depuis Neverland (1995), voire Carved In Sand (1990).
Peu de temps avant sa sortie,
Obsküre s’est entretenu avec Wayne du contexte de la fabrication du disque, le second de suite pour un line-up identique et proche de celui des origines. Doté de guitares extrêmement typées et d’une indéniable qualité d’écriture, Another Fall from Grace marque une renaissance en style, après un atypique mais intéressant Brightest Light paru il y a trois ans.

Cet entretien a lieu avant que Wayne dévoile son désir à Miles Hunt (pour le média Muzine) de rejouer à terme, en concert, les morceaux du First and last and always des Sisters Of Mercy, en compagnie d’un line-up à inventer autour des membres originels des Sisters – line-up que Wayne, à ce moment-là, dit ouvert à une participation d’Andrew Eldritch.
Rêvons toujours.

Au stade créatif, The Mission est aujourd’hui un groupe virtuel : vivant au Brésil, Wayne écrit tout et peaufine à distance les titres avec ses collaborateurs redevenus réguliers, Craig et Simon. Vive le web. Le groupe ne redevient physiquement réel, autrement dit ne se retrouve dans un même espace de travail, qu’en vue de préparer les shows live. Les répétitions pour la nouvelle fournée de dates européennes ont démarré à Dublin le 23 septembre dernier, ce qui a laissé un mois plein au groupe pour se préparer à défendre le nouvel album face à un auditoire. Une série de shows qui implique aux côtés des musiciens historiques une nouvelle collaboratrice, Evi Vine (The Eden House), présente parmi d’autres en guest sur le dernier album.
Notre entrevue démarre au moment où Wayne s’apprête à partir retrouver les autres en Irlande pour les répétitions de la tournée européenne 2016. Elle a essaimé depuis, laissant déjà de forts souvenirs à l’auditoire.
The Mission joue à Paris le 1er novembre, au Bus Palladium.

Wayne Hussey (g.) & Tim Palmer (c.) (1987)

Wayne Hussey (g.) & Tim Palmer (c.) (1987)

Obsküre : Un mois pour retrouver les autres et ressaisir ensemble la musicalité du groupe : comment le ressens-tu ? Ça doit être suffisant avec l’expérience, non ?
Wayne Hussey :
Oh tu sais, pour être honnête avec toi j’ai eu besoin d’un break après la finalisation des enregistrements d’Another Fall from Grace. Les deux derniers mois ont été très intenses, de longues journées… nous avions une deadline à respecter. Cet enregistrement a été épuisant. J’ai, à certaines périodes, travaillé entre douze et dix-huit heures par jour, sept jours sur sept, et ce pendant plusieurs semaines. Je me sens d’ailleurs encore un peu fatigué au moment où nous avons cet échange (NDLR : une information démentie par les toutes dernières dates live, où le groupe apparaît en grande forme).

The Mission (line-up originel)

The Mission (line-up originel)

Alors j’essaierai d’être Mr Pleasant autant que je le peux pendant les minutes à venir (il rit). Une première chose : il y a eu, il y a quelques mois, cette réfection du classique des Sisters, « Marian » – une adaptation piano/chant que tu as réalisée pour un single de charité. Étais-tu bien avancé dans l’écriture du nouvel album de Mission au moment de faire cela ; et si oui, avais-tu ce pressentiment que des formes anciennes rejailliraient dans ta production actuelle ?
Oui, l’écriture de l’album avait commencé. Ce qui s’est vraiment pensé, c’est qu’à la fin de l’enregistrement du précédent album, The Brightest Light, j’ai réalisé une version single de « Swan Song ». J’ai utilisé une boîte à rythmes pour ça, et j’ai adoré le faire. J’aimais l’intensité que cet outil donnait à la fabrication du son. Cela m’a encouragé à exploiter plus avant la boîte à rythmes dans le futur. Nous avons enregistré une prise de la version d’ « All along the Watchtower » que nous donnions en concert et je n’ai pas trop aimé le rendu du groupe : ça avait quelque chose de trop pop rock à mon goût. Alors j’ai refait une version tout seul avec ma boîte à rythmes. Puis j’ai fait mon album solo Songs Of Candlelight & Razorblades, période où s’est concentrée mon envie de jouer de la guitare et de recourir à la boîte à rythmes. Il y a un an de cela, j’ai eu une discussion avec quelqu’un qui me disait : « J’adore ton jeu de guitares, et je crois que tu devrais réécouter First & last & always et Gods own Medicine (NDLR : les premiers albums de Sisters Of Mercy et de Mission, que Wayne a chapeautés en écriture) ». Et tu sais, ça faisait un bail que je ne m’étais pas repenché sur l’album des Sisters ; peut-être ne l’ai-je même jamais réécouté intégralement à partir du moment où nous avons démarré The Mission (NDLR : en 1986). Alors oui, je me suis replongé récemment dans toutes ces choses. Et j’ai été assez surpris par cette fraîcheur que dégageait encore l’enregistrement. Je me suis senti en particulier heureux de la façon dont les guitares sonnaient là-dessus. L’idée d’exploiter la douze-cordes pour le nouveau Mission s’est peut-être fixée à ce moment-là, pour de bon. J’ai sans doute désiré alors faire un disque qui sonnerait à la manière de 1985, du point de vue de mon jeu de guitare.

(À suivre)

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