The KVB – Interview bonus Obsküre Magazine # 14

04 Mai 13 The KVB – Interview bonus Obsküre Magazine # 14

En parallèle à la chronique d’Immaterial Visions, le nouvel album de The KVB, nous avons pu rencontrer Kat Day et Klaus Von Barrel après le concert donné le 19 février 2013 au Connexion Café de Toulouse pour en savoir plus sur ce projet, qui a déjà de nombreuses productions à son actif malgré le très jeune âge des musiciens.

ObsküreMag : The KVB a commencé comme un projet solo.
Klaus : En 2009.

A présent vous êtes un duo. Il y a sûrement eu différentes étapes entre le groupe que nous avons vu ce soir et les débuts qu’on pourrait dire home made.
Klaus : Au départ, c’était comme un projet que je menais en parallèle à un autre groupe. Puis j’ai enregistré plus de morceaux, les gens les ont appréciés, ils sont sortis en éditions limitées sur des vinyles ou cassettes, puis j’ai réalisé que je devrais jouer en live. A ce moment là, j’ai fait le choix que ce soit assez minimal comme sur les enregistrements.
Kat : Pour ma part, je n’étais pas musicienne, j’étais une artiste visuelle. J’avais étudié l’art à l’Université mais j’avais fait de la musique plus jeune. C’est comme un retour en arrière.
Klaus : Et puis cela avait du sens de jouer ensemble car nous sommes ensemble dans la vie.

Vous êtes un groupe qui tourne beaucoup, est-ce que cela a changé votre manière de travailler et de composer ?
Klaus : Je suppose. Par exemple nous voyons que certains morceaux fonctionnent mieux avec le public, en particulier pour les titres plus récents nous faisons attention à cela.

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J’avais une image de vous en écoutant les disques et ce que j’ai vu sur scène est assez différent. On vous compare souvent avec The Soft Moon mais cela n’a en fait pas grand chose à voir.
Kat : Nous avons joué avec eux par le passé et nous sommes de grands fans. J’adore ce qu’ils font.

Du coup, vous ressentez une certaine parenté avec certains groupes?
Kat : Nous nous sentons assez proches de groupes de Los Angeles.
Klaus : Nous adorons Tropic Of Cancer.
Kat : Elles reviennent en Europe cet automne, à partir de septembre. Nous sommes restés à leur maison l’année dernière quand nous avons fait une tournée de la Côte Ouest, Camella et son mari sont des gens charmants.

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Ce soir vous avez commencé le concert avec « Shadows » qui est un morceau qui se base sur un riff de guitare qu’on pourrait dire surf, donc assez éloigné de la dimension très froide et sombre qu’on peut prêter à un groupe comme Tropic of Cancer. Est-ce que ces sons là vous intéressent aussi ? Je sais que vous avez fait une reprise de « These Boots are made for walking »…
Klaus : J’aime mélanger les genres.
Kat : Ce sont ces différents points de référence qui sont intéressants.
Klaus : Nous sommes bien plus variés que l’on pourrait le croire. Nous avons des tas de morceaux qui ne sont pas sortis. Certains sont plus électroniques aussi. J’essaie en général de trouver un point de convergence pour les rassembler.
Kat : Immaterial Visions arrive à mélanger tous ces éléments, dont la guitare surf.

Pourquoi le choix de cette reprise de « These Boots are made for walking » ?
Klaus : Je voulais reprendre une pop song des sixties et celle-là a marché.

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C’est la seule que tu aies faite.
Klaus : J’en ai essayé d’autres mais cela ne mérite pas vraiment de sortir.
Kat : Nous devons avoir une cinquantaine de chansons à sortir encore.

Vous avez sorti pas mal de choses depuis vos débuts…
Klaus : C’est pour que les choses restent intéressantes, qu’elles grandissent avec un bon niveau d’activité.

Vous composez toujours très rapidement ?
Klaus : C’est très rapide. Bien plus rapide que si je les enregistrais en studio.
Kat : Et tu as plus de contrôle.

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Vous avez chois le titre Immaterial Visions pour le nouvel album. Pourquoi le choix de ce titre ?
Kat : C’est en référence à ce qui m’intéresse en particulier visuellement. C’est la façon dont on peut avoir des réactions physiques, corporelles, immatérielles à quelque chose qui n’est que lumière. C’est ce contraste entre l’immatériel et l’optique et les moments où la rencontre entre les deux s’opère.

Dans l’album lui même vous jouez sur les contrastes entre la lumière et les ombres. Vous avez des titres comme « Shadows » et « Pray to the Light Machine ». C’est ce que l’on retrouve aussi dans les vidéos que l’on a pu voir ce soir.
Kat : Et même sur la pochette du disque.

Vous recherchez ces sensations visuelles à travers la musique ?
Kat : La fusion entre l’audio et le visuel est très importante pour nous.

Si on prend une chanson comme « Dayzed », quelles seraient les images que vous avez en tête quant à ce morceau ?
Klaus : C’est dur à dire.
Kat : En particulier celle là.

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Dans les vidéos, vous utilisez des images du passé…
Kat : Oui, il y a des films familiaux des années 60 ainsi que des choses que j’ai tournées moi même en Super 8 ou en 16 mm. Le film de famille est en super 8, tout cela mêlé à des images trouvées sur le net.

Klaus, ton instrument c’est la guitare. Comment as-tu trouvé ton propre son ?
Klaus : Aves l’ampli, beaucoup d’effets de reverb et de fuzz, du chorus et du flange. Je trifouille mes pédales, et je mélange un peu tout.

Ta pédale préférée ?
Klaus : J’aime quand il y a beaucoup de chorus.

Cela fait partie du côté très shoegaze de votre musique. Vous étiez fans de des groupes comme My Bloody Valentine ?
Kat : On les voit le mois prochain à Londres. Je les ai déjà vus par le passé, ils sont incroyables.

Et vous pensez quoi de leur dernier album ?
Kat : Nous avons été en tournée tout du long. On n’a pas vraiment eu le temps de l’écouter et en plus cela a l’air d’être un disque qu’il faut écouter un certain nombre de fois pour vraiment rentrer dedans. Nous n’avons entendu qu’un ou deux morceaux, ça a l’air bien mais c’est difficile de juger.

Vous continuez la tournée après ces dates en France ?
Kat : On va faire une pause puis on reprendra début mars en Russie. Nous irons à St Petersburg, Moscou puis Kiev.

Votre meilleur souvenir sur cette tournée française ?
Kat : A Paris, le gens sont devenus dingues sur le dernier morceau.  C’était plein à la Mécanique Ondulatoire.
Klaus : Avant de commencer, je voulais aller prendre un verre au bar, mais c’était impossible.
Kat : Les gens ne me laissaient même pas aller vers la scène. C’était vraiment bien. Nantes était super aussi, nous avons joué avec James Chance &  the Contorsions.  Et j’aime Nantes, ce qu’ils font pour la culture dans cette ville est incroyable.

Votre musique a un côté très rock mais très minimal aussi. Du coup, les réactions sont elles variées dans le public ?
Kat : Très variées. Et puis ça dépend des villes. A Londres, les gens ne dansent pas.
Klaus : Il y a des morceaux que les gens reconnaissent et là ça prend mieux.

Vous êtes très concentrés ou vous regardez le public ?
Klaus : Je regarde un peu. Nous essayons de capter ce qui se passe dans la salle.
Kat : Nous ne parlons quasiment pas au public.

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Immaterial Visions sort sur Minimal Wave, comment s ‘est faite cette rencontre ?
Klaus : Veronica m’avait envoyé un e-mail car elle voulait certains de nos derniers morceaux pour les programmer dans ses mixes. Puis nous avons pas mal échangé et elle souhaitait qu’on lui envoie plus de morceaux pour sortir un disque.
Kat : J’adore ce qu’elle sort. Les Minimal Wave Tapes sont vraiment excellentes.

Elle sort plutôt des choses anciennes, assez peu d’artistes récents.
Klaus : C’est pourquoi nous pensions que c’était cool.
Kat : Nous écoutons beaucoup son émission et elle nous joue souvent.

Et après l’album il y aura un EP remix.
Kat : As-tu entendu le remix par Regis ? Sur le podcast de Minimal Wave, tu pourras le trouver. La semaine dernière elle a joué le remix de « Dayzed » et c’est incroyable. Il faut que tu l’écoutes. Il dit lui même que c’est un des meilleurs remixes qu’il ait fait.
Klaus : Tous les remixes sont très bons.

C’est Veronica qui a choisi les groupes ou c’est vous ?
Klaus : C’est nous. Nous aurions pu choisir plus de groupes mais nous voulions que cela reste un EP. Quatre ou cinq titres.

Vous avez d’ailleurs choisi un vieux groupe français, In Aeternam Vale.
Klaus : C’est le remix que l’on a pas encore reçu.
Kat : Cela ne devrait pas tarder. On espère qu’on le recevra à temps.

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La basse pendant le concert était préenregistrée sur la pédale. Est-ce que vous seriez tentés pour inclure d’autres musiciens ?
Klaus : Peut-être un jour. Mais nous aimons l’aspect minimal aussi.
Kat : On aime aussi l’esthétique d’un garçon et d’une fille. Et ça nous permet de voyager bien plus facilement.
Klaus : Je joue la basse, elle vient des sessions d’enregistrement originales. Mais pour l’instant nous aimons cette formule. Peut-être un jour nous ressentirons le besoin d’avoir un batteur ou un bassiste mais pas pour le moment.

On ne comprend pas trop vos paroles en tant que Français, de quoi parlent-elles?
Kat : Mais les anglais ne les comprennent pas non plus!
Klaus : C’est assez difficile à expliquer, ce sont beaucoup de visions assez psychédéliques. Mais les sujets tournent autour du sexe, de la mort, de la vie, etc.

De gros sujets.
Klaus : Mais tu peux interpréter ce que tu veux.
Kat : c’est comme si c’était inconscient. Tu peux comprendre un mot puis interpréter le reste comme il te chante

Cet aspect psychédélique est un autre lien avec les sixties.
Kat : Nous avons joué aux nuits psychédéliques à Londres. On a joué dans un festival shoegaze à LA.
Klaus : C’est l’avantage d’être à la croisée de plusieurs genres. Nous allons aussi faire le festival goth de Leipzig.

Vous allez vous en souvenir ! Il y a des milliers de gens et les files d’attente sont longues.
Kat : Xeno & Oaklander joueront avec nous. Nous ne les avons encore jamais vus et nous sommes assez impatients.

Les projets sont donc ce nouvel album puis vous reprenez la tournée en Russie.
Klaus : Puis il y aura quelques dates par ci par là, à Londres, Barcelone.
Kat : Il y a un nouveau festival à Copenhague, ce sera leur première édition, ça s’appelle Henry’s Dream, c’est un festival audiovisuel. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec les organisateurs pour créer une expérience visuelle. Ce sera en juillet.

Niveau musique, pensez-vous déjà à ce que vous allez faire après le nouveau disque ?
Klaus : Nous avons déjà la plupart des morceaux pour le disque d’après. Il va aussi y avoir les cassettes qui vont ressortir en vinyles limités.
Kat : Certaines se vendent à 150 dollars!

Votre titre préféré sur le nouvel album ?
Kat : « Dayzed ». J’ai fait la vidéo aussi car je l’aime vraiment beaucoup.
Klaus : La dernière qui se nomme « Human ».

Pour vous, Immaterial Visions est-il vraiment représentatif de votre style ?
Klaus : Je pense qu’il est meilleur que le précédent Always Then. Il y a plus de diversité dans les morceaux.
Kat : C’est mon préféré aussi.

Photos : James D. Kelly.

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