The Horrors – Interview bonus Obsküre #21

03 Juil 14 The Horrors – Interview bonus Obsküre #21

L’excellent quatrième album de The Horrors approfondit l’univers surréaliste et éthéré amorcé avec Primary Colours il y a cinq ans. Il eût été dommage de ne pas vous faire profiter de l’intégralité de l’entretien, dont une partie a été publiée dans Obsküre Magazine #21. C’est chose faite !

Au sujet du processus créatif, comment vous y êtes-vous pris pour écrire ces dix nouveaux titres ? Vous aviez un objectif précis en entrant en studio ?
Tom Cowan : L’essentiel des chansons est né de minuscules idées instrumentales, de quelques riffs, séquences et progressions d’accords, tout ce genre de choses. On a construit autour de ça jusqu’à avoir des morceaux entiers. Ça impliquait souvent de jouer la chanson de différentes manières, avec différents tempi, jusqu’à ce qu’on sente que c’était bon. Sur le dernier album, il y avait quelques chansons nées de l’un des membres du groupe ayant travaillé seul chez lui, mais cette fois-ci, les seules qui aient vraiment abouti sont celles qui sont nées en studio. Il n’y a pas de formule ou de règles, notre manière de procéder reste très ouverte et organique. Je ne suis pas sûr que nous pourrions être d’accord si nous partions de quelque chose de précis, d’un sujet ou d’un thème, alors nous sommes forcés d’approcher chaque nouvel album de manière très ouverte.

« I see you » est le premier single. Comment expliqueriez-vous ce choix ?
C’était le premier titre à nous faire sentir qu’il pourrait définir ce que nous étions en train d’écrire. Une sorte de manifeste ; il était donc évident que nous le présenterions au public en premier. Luminous reste très varié, bien sûr, le phénomène était le même avec « Still Life » et « Sea within a Sea » (N.D.L.R. : respectivement les premiers singles de Skying, troisième album, et Primary Colours, deuxième album). Ces deux titres étaient des jalons pour leurs albums respectifs, à nos yeux. Ils nous ont aidés à voir quel chemin nous voulions emprunter. Souvent, on écrit beaucoup de chansons après celles-là, qui semblent avoir pour destin d’être abandonnées quand une autre, soudain, les surpasse. Après cette phase, nous savons quelle atmosphère nous voulons, nous avons un point de référence. Et puis, je trouve que c’est cool de se dire que maintenant, on peut sortir un long morceau de presque huit minutes (N.D.L.R. : « I see you » dure 7’34), qu’il sera diffusé en radio et pas juste joué dans des concerts spéciaux. Je pense que d’une certaine manière, on a contribué à rendre ça possible. Ça reste inhabituel, mais c’est mieux accepté. Si on avait choisi la facilité en faisant un morceau de trois ou quatre minutes, il n’y aurait pas eu de défi, mais on en a eu le courage et ça a payé.

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Vous continuez d’explorer un terrain assez shoegaze ; extase phénoménale dans les claviers et les effets… dirais-tu que Luminous est le troisième volet d’une trilogie commencée avec Primary Colours ? Il y a de nouveau cette obsession des couleurs, des reflets, des miroirs et des images stroboscopiques comme métaphores de l’âme (d’« Oceans Burning » à « Falling Star », de « Changing the Rain » à « Change your Mind », de « I can see through you » à « I see you…).
Si c’est le cas, ce n’est pas vraiment pensé, et je crois vraiment que, plutôt qu’un concept que nous nous imposons, ce sont vraiment les thèmes vers lesquels nous allons naturellement. Mais j’aime cette idée d’« extase phénoménale », cela dit ; l’extase est quelque chose que j’aime entendre dans notre musique. Mais tu fais beaucoup référence aux paroles, et c’est quelque chose qu’il faudrait que tu demandes à Faris, je ne voudrais pas parler à sa place. Mais je dirais qu’il y a des thèmes généraux qui nous attirent, et l’imagerie colorée en fait définitivement partie.

Comment fonctionne la collaboration entre vous cinq, désormais ? Ça a changé ?
C’est sensiblement la même chose qu’avant. On travaille sur des idées, on discute de ce qu’on aime et de ce qu’on n’aime pas, et souvent, ça peut être très drôle, ou alors très douloureux. Chaque album nous amène à un point de rupture, et ce n’est pas facile à vivre. Au fil des années, pourtant, les débats deviennent moins rudes, on s’est un peu calmés. On est plus pragmatiques, dans l’ensemble. Il n’y a toujours pas de leader, nous prenons les choses en charge quand il le faut, ou nous nous mettons de côté.

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> SORTIE : THE HORRORS
Luminous (2014)

 

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