Tempsion

05 Fév 11 Tempsion

ObsküreMag : À l’écoute de la musique de Tempsion, on a envie de parler d’un big band, de super production et d’utiliser des superlatifs tant il se dégage quelque chose de grand, d’englobant et de massif de cette musique. Pouvez-vous nous en dire plus sur le fonctionnement du projet et son désir de grandeur ?

Frédéric Temps : Il n’y a pas, spécifiquement, de désir de grandeur. D’autant plus que certains morceaux sont plutôt épurés (« Any pearl do smile » ou « Magnetron3 », par exemple). Disons que la forme compositionnelle des deux premiers albums de Tempsion nécessitait un soutien instrumental et une puissance du son, afin d’exprimer cette « force » voire une certaine violence pour chacun des morceaux.

Cela se traduit également par des formats inhabituels : CD/DVD pour votre premier disque Rectifier, et là double CD pour ce There is no reason to believe that music exists. Pourquoi ces choix ?

Frédéric : Aujourd’hui, l’auditeur dispose dans le commerce d’une telle richesse de production discographique qu’il paraît inconcevable de ne pas lui proposer quelque chose de différent ou de soigné. C’est le pari que s’est fixé notre label, L’Étrange Sonothèque, et la raison pour laquelle le premier album de Big Pop, le duo composé de Frédéric Galiay et Edward Perraud (respectivement bassiste et batteur de Tempsion en concert), est également sorti directement en double CD. L’avantage d’être notre propre producteur permet de laisser nos artistes libres de décider du format idéal qu’ils souhaitent obtenir pour leur disque. Ensemble, nous ne parlons pas de rentabilité mais de qualité. C’est l’œuvre qui compte avant tout. Pour ce nouvel opus de Tempsion, le coffret me paraissait être la forme la plus cohérente.

Quant au titre de ce nouvel opus, il peut sembler mystérieux tant une grande musicalité se dégage de cette œuvre ?

Frédéric : Il faut y voir une certaine ironie. J’ai le sentiment qu’avec le temps un fossé gigantesque s’est créé depuis plusieurs décennies entre l’essence même du son, de la musique et la bouillie informe que l’on propose aux masses sous couvert de création et de musicalité.

Cet album fonctionne comme un scénario et les samples de films y sont nombreux. Comment opérez-vous vos choix ? Clins d’œil délibérés ou approche plus instinctive ?

Frédéric : Je trouve vraiment intéressant de prendre l’auditeur par la main et l’emmener, le temps d’un album, vers des univers qu’il n’attend pas forcément. Le faire « réfléchir » à ce qu’il écoute n’est pas une tare. Bien au contraire, c’est même une certaine forme de respect. Puisqu’il fait l’effort d’écouter ce que tu lui proposes, autant le surprendre. Et s’il n’y trouve pas son compte, ce n’est pas bien grave. Après tout, la musique n’est qu’une proposition. Les samples de films que l’on peut trouver dans certains morceaux sont utilisés seulement pour leur aspect musical. Ils complètent chaque composition, souvent pour leur aspect mélodique.

Pouvez-vous nous dire deux mots sur les prochaines parutions de l’Étrange Sonothèque, label lié à l’Étrange Festival et à l’Étrange Musique ?

Frédéric : Des remixes du nouvel album de Tempsion vont sortir en vinyle d’ici le printemps. Sachant que le troisième album va prendre un certain temps, nous devrions sortir d’ici à l’été prochain un double 45 tours du trio Drahomira Song Orchestra, qui est pour moi l’une des formations françaises les plus passionnantes de ces dix dernières années. Big Pop (le duo composé de Frédéric Galiay et Edward Perraud, respectivement bassiste et batteur de Tempsion en concert) prépare son nouvel album, et à l’écoute des premiers morceaux qu’ils m’ont fait entendre, je peux vous assurer qu’il sera encore plus fort et majestueux que le premier. Parallèlement, nous sommes en pleine préparation de la 17ème édition de L’Étrange Festival et de L’Étrange Musique qui auront lieu entre les 2 et 11 septembre prochains.

Photo 1 copyright Régine Cirotteau

tempsion.com

Be Sociable, Share!

Laisser une réponse