Swim Bird Fly

24 Jan 11 Swim Bird Fly

En complément de l’entrevue des deux ex-Submarien parue dans Obsküre Magazine #2, www.obskuremag.net publie ces extraits inédits de l’entretien donné par Barbara Padron-Hernandez et Johnny Park à Emmanuël Hennequin, à l’occasion de la sortie du premier album éponyme de leur nouveau projet Swim Bird Fly (Maria Records). Ce nouveau chapitre met leurs personnes en avant et même si quelques ex-Submarien sont susceptibles de les entourer en configuration live, la musique qu’ils développent dans ce cadre se détache de l’œuvre précédente. Cette pop intimiste et économe s’avère plus minimale et économe en effets mais tout aussi expressive que ce qu’ils ont pu coucher sur la petite perle de Submarien, Not a Robot.

Diriez-vous que Swim Bird Fly traduit un besoin de trouver plus de dénuement en musique, quelque chose de plus minimal, moins sophistiqué que ce que vous faisiez dans Submarien ? L’exercice collectif a-t-il été difficile concernant Submarien ?

Barbara Padron-Hernandez : Oh oui, c’est certain ! Un espace sans lois ni murs reste l’idéal de l’artiste et bien sûr que c’est difficile de travailler en tant que collectif. Le « mode collectif », pour bien fonctionner, implique que nous ayons tous une uniformité de vision dans notre appréciation des choses et de la vie en général. Nous vivons tous dans des peaux différentes et une histoire de vie différente qui les imprègne. Bien sûr, c’est parfois excellent pour enrichir le travail de ces couleurs, mais parfois je ne me trouve juste pas en accord avec une couleur donnée. Dans ce cas, ça reste à coup sûr bien plus facile de travailler seul ou à deux. Tu parviens au but bien plus rapidement. Soit dit en passant, je ne crois pas suivre une ligne qui pourrait me diriger vers le succès, je n’espère pas dans la réussite en ce moment mais je vois de l’espoir dans mes chansons. C’est cela, mon succès.

Comment vous est venue l’idée d’utiliser Bandcamp pour exposer la musique de Swim Bird Fly, après être passés par les canaux classiques auparavant pour Submarien : label, distribution, CCD physique ?
Johnny Park : Eh bien, quand nous avons commencé Swim Bird Fly et quand on a commencé à enregistrer des chansons pour un album, rien n’était planifié à ce niveau-là. En premier lieu, ça a été et c’est encore de notre musique dont il s’agit. Un des points de la critique que moi-même mais surtout Barbara aa pu émettre dans notre approche antérieure, c’était que la musique passait presque au second plan du fait de l’importance croissante des aspects liés au business autour d’elle. Alors, cette fois, il n’y avait pas de « plan d’affaires » relatif à la façon dont nous publierions et distribuerions nos travaux. Tout d’abord, nous vendons notre album lors des concerts, mais il devrait aussi devenir possible de commander le disque. Voilà donc comment l’idée de Bandcamp venu.

Quel est votre état d’esprit face à l’industrie de la musique habituelle : les labels, les circuits classiques de la distribution ?
Avant et pendant le processus de travail sur l’album de Submarien, Not a Robot, nous avons été en contact avec plusieurs producteurs et maisons de disques et cela a mené à la décision de fonder notre propre label, Maria Records, afin de préserver notre indépendance musicale. Bandcamp n’a donc pas radicalement changé notre point de vue ou notre façon d’agir dans le business. Je pense qu’aujourd’hui, l’Internet offre de nouvelles possibilités aux musiciens quant à la diffusion de leur musique, mais les labels et le monde de la distribution restent importants. Pour cette raison, il est prévu de publier l’album officiellement par Maria Records (N.D.L.R. : distribution Soulfood) au printemps 2011. D’ici là, il pourrait y avoir un nouvel opus pour Swim Bird Fly. Nous sommes déjà en pleine écriture écrire et enregistrons de nouvelles choses. Il nous reste en outre des morceaux qui n’ont pu atterrir sur le premier album.

Photo : Nataly Hulikova

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