Swallow The Sun : interview bonus Obsküre Mag #7

15 Jan 12 Swallow The Sun : interview bonus Obsküre Mag #7

En complément de l’entrevue parue dans Obsküre Magazine #7 (janvier/février 2012, en kiosques depuis le 11 janvier), www.obskuremag.net publie cet extrait inédit de notre entretien avec le guitariste et leader de Swallow The Sun, Juha Raivio, à l’occasion de la sortie du cinquième album des Finlandais. Visiblement plus expressif lorsqu’il s’agit de donner vie à une musique sombre et délicate que dans l’exercice de l’interview, c’est simplement et sincèrement que Juha nous a parlé d’onirisme, de ténèbres, d’angoisses… composantes de l’attendu Emerald Forest and the Blackbird(Photos : Daniela Vorndran)

Obsküre Magazine : Une période stressante précède souvent la sortie d’un nouvel album. Comment te sens-tu : confiant ou nerveux ? Surtout en considérant que pas mal d’amateurs de doom / death attendent impatiemment Emerald Forest and the Blackbird
Juha Raivio: L’album sort dans quelques jours (N.D.L .R. : le 1er février) et je dois t’avouer que tout va plutôt bien. Je ne ressens jamais de stress avant la sortie d’un album et ce pour une seule raison : nous nous sommes donnés corps et âme à notre musique et elle a toujours été écrite sincèrement. Donc, même si nos nouvelles compositions ne plaisent pas… on sera satisfaits de notre travail. L’avis des gens reste secondaire, si ça convient tant mieux mais le but ultime n’est pas de plaire à tout prix.

De nombreuses personnes sont intervenues dans l’enregistrement et le mixage d’Emerald Forest and the Blackbird… plus que de raison ! Comment expliques-tu ce choix ?
Nous vivons tous assez loin les uns des autres. Nous avons travaillé avec des gens compétents (N.D.L.R. : Mikko Karmila [Nightwish, Children Of Bodom] et Hannu Honkonen se sont chargés de la production alors que le mix a été assuré par Hiili Hiilesmaa (HIM, Apocalyptica) et le mastering par Mika Jussila]), des gens que l’on connait suffisamment pour accepter la contrainte géographique… nous avions expérimenté cette méthode sur les albums précédents et nous continuerons ainsi.

Le titre du nouvel album renvoie à cette image personnelle que tu as eue à propos d’un père lisant une histoire à son fils souffrant, quelques instants avant sa mort, pour essayer de lui expliquer où il va bientôt devoir se rendre. As-tu déjà vécu cette terrible situation dans ta vie ? Des gens de ton entourage ont-ils été confrontés à cette indicible émotion ? Est-ce peut-être qu’une simple allégorie…
J’ai eu cette image en tête en écoutant une ancienne et belle berceuse issue du folklore finlandais (N.D.L.R. : « Sininen Uni » de Tapio Rautavaara). Ma mère me chantait cette chanson lorsque j’étais enfant, très malade avec cette impression que j’allais bientôt mourir. Non, je suis heureux de ne pas avoir approché intimement de près ou de loin une telle situation… c’est probablement la plus grosse perte au monde que celle d’un enfant. Cependant, j’ai eu tout à coup cette vision en écoutant cette composition et je suis certain que mon esprit l’a reliée à une gravure en bois nommée Kalman Kukka d’Akseli Gallen-Kallela. En tapant ces références sur un moteur de recherche, tu en sauras davantage.

Musicalement et stylistiquement, perçois-tu une réelle évolution depuis le premier album du groupe (N.D.L.R. : The Morning Never Came sorti en 2003, un coup de génie comme carte de visite) ?
Je serais heureux que, si l’on jouait le premier titre du premier album et le premier titre du dernier album, les gens reconnaissent immanquablement Swallow The Sun. Il s’est passé un millier de choses depuis nos débuts mais nous nous sommes forgés une identité, une empreinte stylistique bien marquée. Tout s’est déroulé naturellement, sans réflexion quant à une évolution de notre style et dans quelques années, dès les premières notes, les gens reconnaîtront le groupe.

Depuis le début de votre carrière, je ressens l’influence du grand Dan Swanö à travers tous vos disques. Que penses-tu de cet artiste, ce grand boulimique de la création metal ? 
Pour être tout à fait honnête avec toi, je n’ai jamais écouté un seul de ses titres (sic) mais j’ai vraiment apprécié ses chœurs sur « Falling World » de notre précédent album (N.D.L.R. : New Moon). C’est un mec super sympa et je lui souhaite vraiment le meilleur.

Votre EP Plague of Butterflies semblait être une fracture avec une musique plus accessible ; un retour à un doom très sombre et déprimant, un retour aux racines. Peut-on espérer qu’une telle initiative soit reconduite ?
Oui ! Ghosts of Loss (N.D.L.R. : sorti en 2005) et Plague of Butterflies sont mes deux albums préférés et ils ont en commun de posséder des racines profondément ancrées dans le death / doom. Nos fans peuvent s’attendre à des productions qui correspondent à ce que nous sommes et ce, quelle que soit la tournure que notre musique prendra…

En tant qu’homme sensible, quelles sont tes angoisses ?
Sans hésiter, la peur de voir tes proches souffrir puis disparaître. La mort et ce malaise quand tu la vois s’approcher sans rien pouvoir faire…

 

 

 



 

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