Sunfrost – Interview bonus Obsküre Magazine #13

19 Jan 13 Sunfrost – Interview bonus Obsküre Magazine #13

En complément de l’entrevue parue dans Obsküre Magazine #13 (janvier / février 2013 – en kiosques depuis le 9 janvier), www.obskuremag.net publie les extraits restés inédits de notre entretien avec la formation spleen rock française, dont le premier album studio sort en autoproduction pure. Pouvant se targuer d’avoir réussi dès ce premier essai une démonstration émotionnelle, Sunfrost porte à travers ce North un certain nombre de promesses. Entretien avec le cofondateur Stephan Cordary (guitare / chant), membre par ailleurs du staff de www.obskuremag.net.

Obsküre Magazine : Sur quelle période sont nées les compositions du premier album ? Est-ce un line-up fixe qui a couché l’ensemble de ces structures ou ce premier ensemble de titres a-t-il des origines plus « diffuses » ?
Stephan Cordary :
Les premières compositions sont nées en 2002, le groupe n’en étant encore qu’à ses balbutiements. Les derniers morceaux sont nés pour leur part très récemment. « Frozen Vein » ou « Shred Master » sont par exemple des créations assez anciennes mais ont été totalement « reliftées » ces deux dernières années. Le groupe avait un line-up stable jusqu’en 2009, quand Pierre a repris le poste de bassiste. À son arrivée, il a eu l’excellente idée de réécrire l’intégralité de ses partitions, ce qui a énormément profité au groupe en termes de mélodicité et de cohésion rythmique.

Avez-vous un « processus » de composition, avec des rôles qui se répartiraient naturellement entre les musiciens, ou le procédé a-t-il été plus « impressionniste » pour le premier album ?
Les compos suivent une longue maturation. En général, Joël ou moi-même échangeons une idée simple par le biais de fichiers, ce qui constitue l’ossature du morceau. La plupart du temps, et du fait des backgrounds différents, le résultat se retrouve fortement éloigné de l’idée de départ et peut alors commencer réellement à exister en tant que morceau. À partir de là, on soumet le titre en répétition aux deux autres membres.

Le disque est assez aléatoire dans sa gestion de l’énergie. Sa mélodicité et sa fluctuation l’extirpent de toute linéarité, alors que les sonorités le composant restent campées sur des bases assez constantes. Il en ressort une forme de « bloc ». Y avait-il pour vous l’espoir de coucher un exercice de style dès ce premier opus ou simplement l’idée de coucher une série de chansons les meilleures possible ?
C’est juste. Les morceaux sont assez divers de par leur écriture, leur rythme et leur couleur. Mais avant d’entrer en studio, il manquait un fil rouge à cet album en devenir. Nous avons donc passé six mois à écrire de très nombreuses parties d’overdubs qui ont apporté une unicité à l’album, une cohérence et une marque identitaire. D’une suite de chansons, nous avons réussi, je pense, à faire quelque chose de moins épars, de plus resserré sans que ça en devienne monolithique ou rébarbatif.

Le chant, medium-grave et sans manières, s’avère un repère important dans le design sonore. Devoir le poser sur un tout premier album, t’a-t-il fait appréhender ?
Je suis autodidacte, aussi bien à la guitare qu’au chant. La place de chanteur, je l’ai prise naturellement et assez rapidement dans le groupe, simplement par goût. Être vraiment à l’aise, notamment en concert, ça n’est venu que plus tard, quand j’ai réussi à vraiment me détacher d’une concentration excessivement dédiée à la guitare. Ce n’est pas facile pour un homme de faire deux choses en même temps, tu sais…
De l’appréhension avant de débuter l’enregistrement, il y en avait, c’est incontestable. Mais curieusement, les voix ont été posées très rapidement, quasiment toutes du premier jet. Cela a fait partie des heureuses surprises du studio.

L’ordonnancement final des titres, étape ô combien importante, a-t-il posé problème ou aviez-vous une idée de ce qu’il « devait être » ?
On était à 90% sûr de la route qu’on voulait faire emprunter à l’auditeur. Le voyage a toujours commencé par « Invictus » et s’est achevé par « The Lift » dans notre esprit. Le rendu studio de certains titres a pu déterminer des modifications d’étapes mais rien de substantiel.

La rythmique est assez épurée et soutient avec sobriété l’ensemble des structures. La percussion a-t-elle un rôle créatif dépassant « l’ossature » et concourt-elle ou non à la structuration / l’écriture des titres ?
L’épure de la rythmique est en effet une constante dans le groupe. Elle est finalement très à l’image de la personnalité de Denis, notre batteur. Constant, sérieux, sur qui tu peux aisément te reposer mais qui aussi laisse de la place à l’expression des autres. Les morceaux étant finalement assez touffus, il a toujours apporté le liant au groupe tout en s’assurant de sa faculté de respiration.

Comment se présente l’avenir pour Sunfrost ? Comptez-vous défendre l’album sur scène et produire de nouveaux enregistrements/formats spéciaux après ce premier album (singles digitauxc, etc.) ?
L’avenir de Sunfrost, je le vois un peu flou, j’en ai peur (rire). Pierre, dont je continue à dire tant de bien, vient de nous quitter pour des raisons d’emploi du temps (fort compréhensibles au demeurant). C’est le drame des groupes avec boulots/familles pour lesquels la musique est un équilibre de chaque instant. Alors, avoir réussi à sortir notre premier album au bout de dix ans confine à la performance. Parler d’avenir est peut-être prématuré même si on a commencé l’écriture et la répétition de nouveaux titres. Pas vraiment de sortie spéciale, sur North on a livré l’intégralité de notre matériel enregistré. Alors, l’activité de 2013 sera de monter quelques shows, la scène restant un exercice qu’on apprécie énormément…et il nous faudra également embaucher un(e) bassiste.

> SORTIE
– SUNFROST North (Sunfrost) (2013)
> WEB OFFICIEL
www.sunfrost.fr
www.facebook.com/Sunfrosttheband
– Ecoute de North : sunfrost.bandcamp.com

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