Steven Wilson au Trianon, 4 mai 2012

16 Mai 12 Steven Wilson au Trianon, 4 mai 2012

Non, les premières photos de  ce report ne sont pas floues. Un voile transparent sur lequel un montage vidéo s’affiche sépare le public de la scène. Une projection d’une demi-heure tient lieu de première partie, un jeu de silhouette sur fond gris qui confronte le spectateur au temps. On en a vu avoir la patience de considérer ce moment comme une occasion d’éprouver sa solitude, et d’autres s’emmerder royalement. Wilson cherche une réaction dans le public. Il faut savoir que le voile ne tombe qu’au sixième morceau (très long). On pense inévitablement à Roger Waters et son « Mur ». Musicalement, c’est exactement comme sur l’album, très écrit, très érudit (« No Twilight within the Court of the Sun »), ambiant (« Index »), puissant. Les morceaux à l’épreuve du live ne souffrent d’aucune approximation, c’est redoutablement carré (le très long, quoique amputé de cinq minutes, et très beau « Raider II »), précis, grâce à des musiciens virtuoses qui, avec la précision des machines d’aujourd’hui, sont capables de mettre ce supplément d’âme. Ce soir-là, Steven Wilson et les siens en avaient, en plus, vraiment à revendre ! Moins empruntés que cet automne au Bataclan, ils ont vraiment conquis un public qui commence à ne plus seulement se déplacer pour le frontman de Porcupine Tree mais pour Steven Wilson en solo. Un salut bien mérité toutefois au lourdingue de la soirée qui n’a demandé que du Porcupine pendant les speaches du chanteur, notamment lorsque celui-ci a déclaré compter jouer ce soir  en exclusivité un titre du prochain album pour le public parisien. « I’ve heard this joke so many times before » a sobrement répondu Wilson. A ce moment, le voile était déjà tombé. Une raison pour qu’il reste accroché tout le concert pour la tournée du prochain album ?

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