Stellardrive

30 Mar 11 Stellardrive

En complément de l’entrevue parue dans Obsküre Magazine #3, www.obskuremag.net publie ces extraits inédits de l’entretien donné à notre bimestriel par Stellardrive. L’interview a lieu à l’occasion de la sortie du nouvel album des Français, un ERS-4 Speak, Memory au gré duquel la formation post-rock donne plus d’épaisseur à ses guitares et révèle des tendances plus musculeuses que sur ses précédentes sorties. Une musique qui redescend un peu sur Terre, s’éloigne de la thématique spatiale. Captivant.

Depuis le départ, vous êtes connus pour avoir progressé dans une certaine indépendance. La légèreté des structures qui vous accompagnent est-elle vécue en interne comme une liberté ou faites-vous parfois face à des limites qui vous contraignent, sur le plan matériel ou sur d’autres ?
Nicolas :
On a surtout toujours eu la chance d’être aidés par des structures, et ça depuis le début. Lost Children et Believe, par exemple, nous ont permis de diffuser largement notre musique numériquement, Le Sonotone Rec et DV’s Rec nous ont aidés sur les sorties physiques, Impure Muzik pour le booking, etc. Ce sont elles qui nous ont permis de démarrer et nous permettent aujourd’hui de continuer. Alors oui, il y a des limites à tout : par exemple sortir des disques en se faisant plaisir sur l’objet en lui même relève plus du casse-tête chinois qu’autre chose. En revanche c’est une totale liberté les 80% du temps.
Sébastien : On a aussi le soutien de La Rodia, la toute nouvelle SMAC de Besançon, qui nous aide dans un projet de création qui inclura Jean-François Pauvros, guitariste issu de la scène free et Feetwan, producteur électro. Après, c’est sûr que quand on fait du post-rock en France, les majors ne se bousculent pas pour vous signer… mais ça nous permet de faire exactement ce qu’on veut. Et Besançon est une ville extrêmement dynamique au niveau des musiques actuelles, que ce soit en termes de musiciens ou de structures accompagnatrices.

Avez-vous enregistré les nouveaux contenus en conditions live ?
Les morceaux sont enregistrés live afin de capter au mieux l’intention, notamment pour la batterie, puis, en fonction des passages et des choix de son (amplis, guitares, effets), les pistes de guitares peuvent être refaites. De même, tous les arrangements ont été effectués en post-prod. Et puis il ne faut pas se leurrer, si on veut des grosses guitares, il est obligatoire de doubler voire de tripler les prises, et donc du coup les prises en condition live ne sont pas suffisantes. À titre personnel, je ne suis pas tout le temps fan des prises 100 live : le live et le studio sont deux exercices différents à mon sens, et l’enregistrement en studio permet des subtilités de production qu’on aurait tort de négliger, un travail sur le son dans sa globalité qu’il est quasiment impossible de faire en live.

Si votre musique peut accompagner un film, la musique de film ou de documentaire est-elle un désir de Stellardrive ? Vous semble-t-elle un projet envisageable pour l’avenir ?
C’est un travail qui nous a été proposé à plusieurs reprises, sans toutefois avoir jamais vu le jour, pour des raisons indépendantes de notre volonté. On attend les propositions, je pense que c’est un exercice qui pourrait vraiment bien nous convenir.

Au gré de ce nouvel album et des précédents, avez-vous l’impression d’avoir développé un « mode opératoire » ?
On travaille très lentement, car tous les morceaux sont composés à cinq ; personne n’amène jamais de morceaux tout faits en répétition, tout est créé live. Cela implique que chaque membre du groupe a « accès » en direct aux parties des autres, et que l’échange est permanent. Chaque morceau est partie d’une idée développée au fil des semaines, et tout est très écrit. Parfois même l’idée de départ n’existe plus lors de l’enregistrement du morceau.

Comment travaillez-vous sur la vidéo ? Qui vous accompagne sur cet aspect et imposez-vous des données sur la réalisation de ces contenus ?
C’est Rémi qui travaille avec nous sur la vidéo, et ce depuis notre concert pour les Eurockéennes de Belfort. Maintenant, il fait complètement partie de groupe et part avec nous en tournée, pendant lesquels il joue les parties de claviers, en plus du déclenchement et du traitement des vidéos en temps réel grâce à des contrôleurs MIDI.
Rémi : Jusqu’alors, les visuels ont toujours été créés dans un deuxième temps. Une fois les morceaux terminés, ou tout du moins leur structure définie. Je n’assiste pas systématiquement à toutes les répétitions d’où naissent les nouvelles compositions, même si cela risque d’évoluer du fait de mon implication récente en tant que claviériste. De même, les images vidéo sont à présent de plus en plus soignées et, pour la plupart, tournées par nos soins d’après les idées que chaque membre du groupe apporte. D’ailleurs, ma créativité s’est trouvée considérablement stimulée dés lors que le groupe à décidé de « redescendre sur terre » suite à la période « spatiale », m’affranchissant du recours quasi-systématique aux banques d’images de la Nasa.

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