Sonic Area – Interview bonus Obsküre Magazine #12

09 Déc 12 Sonic Area – Interview bonus Obsküre Magazine #12

En complément du foküs paru dans Obsküre Magazine #12 (novembre / décembre 2012), www.obskuremag.net publie les extraits restés inédits de notre entretien avec Arnaud Coëffic, responsable principal d’une nouvelle œuvre pleine de suggestion, de puissance et de fantômes. Amateurs de fluctuations et d’éclats orchestraux, testez la science électro de Sonic Area.

Obsküre Magazine : D’où toute cette matière est-elle venue ? Music for Ghosts est-il un ensemble de travaux correspondant à une période de vie déterminée ou cela s’est-il disséminé dans le temps ?
Arnaud Coëffic :
Depuis quelques albums, pour « aiguiser » mon inspiration, je fais beaucoup de recherches en amont sur le thème que j’explore. C’est une sorte d’immersion dans les profondeurs de mon esprit. Le rituel (les bougies, la lumière verte, l’absinthe, la nuit…) est nécessaire pour se plonger plus vite dans cet univers mais aussi pour en sortir s’en trop d’efforts et sans trop de séquelles. Par une étrange coïncidence, à Strasbourg, à cinq cent mètres de chez moi, une gigantesque exposition sur l’histoire de l’occulte en Europe de deux mille mètres carrés s’est installée pour plusieurs mois. J’ai eu la chance d’avoir un pass illimité. Je m’y suis rendu pratiquement tous les jours, tôt le matin ou tard le soir pour éviter les foules, me recueillir et y chercher la substance nécessaire à l’élaboration du concept. En parallèle, ma compagne étudiait en solfège le baroque, le romantisme, le postromantisme et a réussi à m’en communiquer les grands principes. Pendant quatre mois de travail intensif, j’ai vécu en décalage complet avec le reste du monde. J’avais perdu un siècle. Je redécouvrais, comme un enfant qui écoute parler son grand-père, la fascination pour l’irrationnel, les dernières convulsions surréalistes, la touchante naïveté et l’espoir démodé de ceux qui pensaient que ce siècle verrait naître les plus grandes merveilles de l’Humanité.


Sa dimension cinématographique s’y prête : prévois-tu une application scénique, images et sons, pour Music for Ghosts ?
J’y travaille depuis plusieurs mois avec Yoann Amnesy. Mais je ne suis pas sûr que le peu de monde que j’attire en concert me donne les moyens d’être trop ambitieux. Les fantômes ne payent pas leur entrée, généralement (rire). On travaille sur plusieurs configurations, adaptables suivant le budget de l’organisateur et suivant les dimensions de la salle. Je compte garder le principe des projections vidéo sur du tulle que j’ai développé avec Punish Yourself et intégrer des éléments phosphorescents – masque, accessoires… – pour rappeler les séances de spiritisme, d’illusionnisme du début du siècle. Le plus dur finalement, c’est d’obtenir un noir vraiment complet pour que les effets soient efficaces. Je suis impatient de partager toutes ces nouvelles idées sur scène. Je cherche actuellement un booker sérieux pour m’épauler dans la logistique d’un tel show.

Dans la multitude de tes projets et collaborations (Chrysalide, etc.), qu’est-ce qui fait ta priorité à court et moyen terme ? Qu’est-ce qui arrive demain ?
J’ai assumé une grande quantité de travail laborieux ces deux dernières années. C’est assez difficile de prévoir ce qui se passera demain. Je dois assurer la promotion de cet album tout en continuant à travailler pour Chrysalide qui vient de signer sur le légendaire label Dependent. J’ai rêvé de tout ça pendant longtemps. Je m’en réjouis mais j’ai besoin de prendre un peu de recul pour y voir clair. J’ai maintenant besoin de reprendre des forces sur scène. Donc, rendez-vous à tous dans les salles obscures.

> SONIC AREAMusic for Ghosts (Audiotrauma / Ant-Zen) (2012)
www.audiotrauma.org

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