Sômbre – foküs bonus Obsküre #23

07 Jan 15 Sômbre – foküs bonus Obsküre #23

www.obskuremag.net publie les contenus restés inédits de l’interview du duo français new wave / cold wave Sômbre, responsable de plusieurs formats courts avant la sortie, cet hiver d’un premier album. Il y a du vécu derrière tout ça. Entretien.

Obsküre Magazine : Votre partenariat remonte au début des années deux-mille, pour au moins une version prototype de ce que vous faites aujourd’hui. Comment vous êtes-vous connus et qu’est-ce qui a motivé, sur le fond, votre collaboration ?
Cédric :
Nous nous sommes rencontrés en 1998 alors que j’évoluais dans un groupe punk-hardcore. À l’époque, nous avions enregistré la plupart de nos titres au Walnut Groove Studio avec Axel ; et au fil de nos discussions nous nous sommes découverts une passion commune pour des groupes post-punk, new-wave, cold… Axel avait composé un titre (« Great Expectations »). Il m’a proposé de poser ma voix et ça a fonctionné. Malheureusement, nos activités nous prenant beaucoup de temps, il nous a été difficile de continuer ce projet. Régulièrement, je réécoutais ce titre avec une grande frustration. Je relançais Axel à l’occasion… jusqu’en 2011, où nous avons enfin réussi tous les deux à trouver du temps à consacrer à ce qui est devenu Sômbre.
Axel : C’est vrai qu’il y a eu dix ans de réflexion, mais l’idée de poursuivre l’aventure ne m’a jamais quitté. Notamment parce que je commençais à m’ennuyer ferme dans mon ancienne formation, Carnival In Coal ; mais aussi parce que mon studio était en plein essor. Il fallait que je m’y consacre à plein temps, il s’agit de mon travail. En fait, la voix de Cédric, l’esprit de nos compos et notre façon de travailler en toute simplicité m’ont redonné envie de m’y consacrer régulièrement. Le résultat correspond à 100% à ce que j’aime écouter ! C’est une sensation que j’avais perdue.

Qui a réalisé les voix féminines sur le titre le plus élancé de l’ensemble, « Linsay » ? Ne vous semble-t-il pas, des trois nouveaux titres, celui qui exprime le plus ouvertement le potentiel romantique de Sômbre ?
Cédric :
Les voix féminines sur « Linsay » sont l’œuvre de Regina Sosinski, Elle chantait dans un groupe ethereal dans les années 1990-2000 qui s’appelait Mira, groupe qui était signé sur l’excellent label Projekt. J’étais très fan de ce groupe à l’époque. Étant en contact avec Regina depuis ce temps, lorsque nous avons commencé à travailler les titres pour l’album, j’ai eu envie d’un duo avec une voix féminine. J’ai tout de suite pensé à elle.
Je lui ai donc présenté l’idée, lui ai proposé un titre et elle a accepté. Elle a enregistré ses parties « voix » de son côté et nous avons fait le reste. C’était une expérience très intéressante que de travailler comme ça, à distance.
En général je suis très fan des voix féminines, dans quelque style musical que ce soit : du rock aux musiques sombres, de la soul au jazz, des chants liturgiques à l’opéra. Il y a quelque chose dans ces voix que je ne retrouve dans – presque – aucune voix masculine. Une fragilité, une sensibilité… c’est assez indescriptible comme ressenti. Au fond je suis très jaloux d’une Lisa Gerrard, Elizabeth Fraser et autres Kate Bush, Martha Reeves, Imogen Heap, Miki Berenyi & Emma Anderson, Divna Ljubojevic, Beth Gibbons… Il y en a tellement.
Pour ce qui est de notre potentiel romantique je n’ai pas vraiment d’idée sur la question. Nous n’avons pas cherché à l’exploiter consciemment, donc si cela transparaît sur certains titres c’est qu’au fond nous le sommes un peu.

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Depuis son émergence, comment avez-vous vu Sômbre évoluer dans son mode opératoire, son écriture ?
Cédric :
Ce qui a été important pour moi sur l’album à venir était le travail sur la voix. Jouer sur les textures, les intensités, les doublages de pistes… voire plus. C’est incroyable comme il est possible de modifier l’ambiance d’un morceau grâce à tout ça. En studio, avec Axel, je suis comme un gosse avec un nouveau jouet… et je tiens à souligner que mon nouveau jouet n’est pas Axel (sourire) ! Pour ce qui est des choses que j’ai pu composer, c’est toujours parti d’une ambiance ressentie à l’écoute d’autres artistes, en regardant un film, en voyant une image. J’ai essayé de retranscrire ces ambiances à ma façon. Concernant l’écriture des textes je ne peux pas m’empêcher d’avoir des images en tête, comme si le texte était la retranscription de ce qui pourrait être une vidéo qui accompagnerait la musique.
Axel : C’est un album qu’on a beaucoup travaillé à deux. Cédric a apporté pas mal d’idées, des morceaux entiers, et sa voix est également plus affirmée . Il y a des morceaux où la voix est nue, sans traitement ni montage, et je trouve ça intéressant, plus fragile et intimiste, comme dans les couplets de « Down ». On n’aurait pas osé faire ce genre de chose dans le EP précédent, où on se cachait un peu trop derrière les effets. Il reste, cela dit, un gros travail de studio sur certains titres, parce que le style veut ça : il y a des morceaux très influencés shoegaze, il faut de la reverb, du chorus, du brouillard ! On adore à la fois les lignes très claires et aussi les arrangements plus fantomatiques et insaisissables. Tout ça résume bien nos sonorités.

Destinez-vous ces nouveaux contenus à une transcription live ou cantonnez-vous pour l’heure Sômbre à une dimension studio, au mois tant qu’un format long n’est pas abouti ?
Cédric :
Une fois l’album sorti (ND.L.R. : une sortie prévue pour cet hiver) nous allons commencer à nous mettre à travailler le live. Sômbre est né du désir de faire de la musique ensemble sans aucun projet de disque ou de scène, mais les opportunités et l’envie ont fait évoluer les choses. Donc oui, nous y pensons fortement… mais toute la musique étant née en studio, il y a beaucoup de travail de préparation.
Axel : Je crois qu’on a toujours eu l’idée du live dans un coin de la tête en composant, la base des morceaux est toujours très simple. Ça tourne toujours autour de basse/guitare/batterie/chant, le reste est surtout là pour ajouter des textures, de la profondeur. Et je considère que la scène et le studio sont deux mondes différents, les morceaux peuvent être arrangés et interprétés plus simplement sur scène, sans être des calques de l’enregistrement. C’est davantage une question d’énergie, cette musique peut s’accommoder d’un aspect plus primitif sans perdre son intérêt.

Pour le live, s’il survient, entendez-vous maintenir Sômbre dans une configuration duo ou d’autres personnes complèteront-elles le line-up, pourquoi et si oui, lesquelles ?
Cédric :
Le projet est d’avoir un guitariste sur scène en plus de nous deux ; guitariste qui a déjà accepté notre invitation. Axel manierait la basse et moi le chant et peut-être un peu de clavier. Il va falloir y réfléchir morceau par morceau mais quoiqu’il en soit, il y a de grandes chances que nous soyons trois car il n’y a rien de plus chiant que d’écouter un disque sur scène : il faut pouvoir apporter quelque chose de plus, de l’énergie… sinon, cela n’a aucun intérêt. Voilà le défi à venir.
Axel : J’ai toujours aimé les trios. Selon moi, c’est la formation idéale. Si on peut se stabiliser autour de trois personnes et pas plus, ce sera parfait.

> SORTIE : SÔMBRE
album (TBA – hiver 2015)
> WEB OFFICIEL
www.sombre-official.com
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