Soap&Skin (interview bonus Obsküre Magazine #8)

22 Mar 12 Soap&Skin (interview bonus Obsküre Magazine #8)

Anja Plasch n’est pas n’importe qui. Depuis quelques années, cette jeune Autrichienne produit sous le nom de Soap&Skin une pop étonnante, pleine de noir et de raffinement. Un petit prodige. Son premier album, Lovetune for Vacuum, fait aujourd’hui place à un nouveau mini-album, Narrow, composé à une période de deuil et laissant entrevoir de nouvelles facettes, très sensibles, de l’écriture d’Anja. En complément de l’interview parue dans Obsküre Magazine #8 (mars/avril 2012, en kiosques depuis le 9 mai), www.obskuremag.net publie les extraits de l’entrevue que nous avons eu la chance d’obtenir avec cette actrice exigeante du monde de la pop, et dont l’inspiration n’accouche pour l’heure que de très belles choses. Jusqu’à faire du « Voyage voyage » de Desireless une des reprises les plus sensées et sensibles de l’année 2012.

Obsküre Magazine : Une reprise surprenante et totalement repensée fait son apparition sur Narrow, « Voyage voyage » de Desireless. Cette chanson avait pullulé sur les ondes françaises en 1986. Tu es née à Gnas, en Syrie orientale, en avril 1990 et demeures aujourd’hui en Autriche. Comment as-tu été amenée à retravailler ce titre ?
Anja Plaschg :
Tout est parti d’une requête du réalisateur basé en Autriche Sebastian Meise. Il souhaitait que je joue le rôle d’une prostituée dans son premier film Stillleben (N.D.L.R. : sortie automne 2012 / des projections ont déjà eu lieu dans divers évènementiels en lien avec le milieu du cinéma : San Sebastian Film Festival, Istanbul International Meeting of Cinema & History, Viennale à Vienne ; projections programmées : Max Ophlüs-Preis de Saarbrücken, Festival du film de Rotterdam et Festival de San Francisco). Sebastian souhaitait aussi que je réalise la chanson titre du film, « Voyage voyage ». Je connaissais déjà ce titre mais de manière vague et j’ai immédiatement su ce que j’en ferais dès que je l’ai réécouté. Obtenir les droits pour ce titre, par la suite, a pris un an. J’ai essuyé trois refus, les premiers assortis d’aucun commentaire particulier, puis une remarque selon laquelle je devrais modifier certains phrasés en raison d’une mauvaise épellation des mots. Ça a été un des combats les plus dingues auquel j’aie jamais dû faire face dans le music business.

Sur plusieurs morceaux de Narrow interviennent d’autres personnes, que cela concerne l’écriture, la production ou le son lui-même. Considères-tu Soap&Skin comme un projet devenu « collaboratif » ces jours-ci et avec la présence d’Evelyn Plaschg dans le chœur de « Wonder », irais-tu jusqu’à dire qu’il prend une envergure toujours plus « familiale » ?
J’ai écrit l’ensemble des textes, sauf pour « Voyage voyage » bien entendu, j’ai tout joué moi-même à l’exception de la performance en chœur et des parties électroniques sur « Boat turns toward the Port »… Même les cordes de « Voyage voyage » n’ont pas été jouées en studio, je les ai programmées il y a quelques mois. Et j’ai essentiellement produit l’ensemble moi-même. Evelyn est la personne qui m’est la plus proche dans la vie, c’est aussi ma muse. Depuis le tout début, nous avons toujours travaillé ensemble dans différents champs. Sur chaque artwork, poster, page web, merchandising, etc. parce qu’elle est aussi designer graphique. Et depuis que je tourne avec un ensemble, elle officie en tant que chœur complémentaire, aussi cette dimension familiale que tu évoques existe-t-elle déjà, quelque part, dans Soap&Skin. Pour ce qui est des parties de chœur sur Narrow, j’ai simplement envoyé un mail à tous mes collaborateurs et j’ai reçu les voix par retour d’e-mail, aussi.

> SOAP&SKIN
Narrow (2012) (Couch Records / Pias)

Be Sociable, Share!