Simon Raymonde – Interview bonus Obsküre Magazine #20

05 Mai 14 Simon Raymonde – Interview bonus Obsküre Magazine #20

Supplément de notre entretien avec Simon Raymonde, avec qui nous avons abordé non seulement l’histoire des Cocteau Twins, mais aussi son label Bella Union ou son nouveau projet musical Snowbird.

Obsküre Magazine : Snowbird c’est ton premier groupe véritable depuis les Cocteau Twins. Comment ressens-tu cette nouvelle expérience avec ce premier album qui vient de sortir, Moon ?
Simon Raymonde : C’est très étrange de recommencer à parler de moi. Cela fait seize ans que je parle de mon label et des groupes signés dessus, la musique que j’aime ou l’industrie musicale. C’est étrange de parler à nouveau de ma musique et ce n’est pas déplaisant. En tout cas, c’est étrange de revenir de l’autre côté. Seize ans depuis la fin des Cocteau Twins, c’est trop long, bien sûr. J’aurais dû faire quelque chose plus tôt. Mais la vie prend des bifurcations étranges parfois. J’ai eu beaucoup de changements dans mes relations, j’ai des enfants, j’ai des chiens, j’ai une mère malade, je dirige un label, je manage des groupes, j’ai une société d’édition. Je ne suis pas chez moi en train de me dire, quelle chance je vais pouvoir écrire aujourd’hui. Je n’ai plus ce genre de vie. Je ne suis pas le musicien qui se réveille à trois heures de l’après midi et qui va se coucher quand il veut. Je me lève très tôt, je vais travailler, je rentre chez moi, je fais faire une balade au chien, je fais un diner, j’écoute de la musique, je prépare mes émissions radio, puis je vais au lit. Je n’ai pas la vie d’un musicien. C’est ce que j’ai choisi, mais à présent je fais un peu plus de musique parce que cela me manquait vraiment sans que j’en sois conscient. C’est bon d’y revenir. Je ne ferai pas cela à plein temps mais la démarche m’a plu.

Image de prévisualisation YouTube

Avec ton passé, on t’a toujours associé à une musique très rêveuse et onirique, un aspect aussi présent chez Snowbird, mais d’une manière bien plus évidente, ici c’est la nature qui semble être l’influence majeure ?
Stephanie, qui chante et qui écrit les textes, dirait oui à 100 %. Elle appartient vraiment au monde de la nature. On la voit rarement en ville. Elle est toujours dans les forêts, les montagnes. Elle dessine des tricots en ce moment et tout ce qu’elle fait s’en inspire. C’est un monde qu’elle habite. La manière dont nous avons composé les morceaux était assez similaire à la façon dont on travaillait avec Cocteau Twins. Robin et moi en général écrivions toute la musique d’abord, nous avions presque tout l’album mixé de façon instrumentale avant qu’Elizabeth chante dessus. De façon similaire, j’ai écrit les pièces de piano avant que toute mélodie ou toute voix soit rajoutée. La lune m’a beaucoup influencé, parce que j’écrivais dans une chambre totalement sombre, après être rentré du travail et avoir bu un thé, puis je m’asseyais au piano et je composais ces esquisses. La lumière qui illuminait la chambre était la lune. Une grande partie fut enregistrée durant l’hiver, et tout l’album me semble marqué par cette saison. Ces thèmes viennent plus de Stéphanie mais si tu écoutes « Porcelain » ou « In Lovely », ce sont des chansons très personnelles, assez romantiques qui n’ont rien à voir avec la nature.

Image de prévisualisation YouTube

Tu as joué des tas d’instruments sur l’album mais tu as privilégié le piano. Dirais-tu que c’est ton instrument favori ?
C’est le seul que j’aie dans mon appartement. Je vis dans un minuscule appartement à Brighton, près de la mer, j’ai un petit piano dans ma chambre. Mais avant Snowbird, je n’ai pas eu d’instruments chez moi pendant dix ou douze ans, c’est très étrange. J’avais déménagé vers un endroit plus grand quand Stephanie et moi vivions ensemble. Nous avions une grande pièce mais nous n’avions quasiment pas de meubles. Je me suis dit que ce serait bien d’avoir un piano. Je n’en avais pas eu depuis les Cocteau Twins. J’ai trouvé vraiment un superbe piano par le biais d’un site Internet, et c’est comme cela que je me suis remis à composer de la musique. Ce qui est bien avec le piano c’est que c’est simple, il n’y a rien à brancher. Il n’y a pas besoin d’amplis. Je vis seul. Ma femme vit à New York. Du coup, je peux rester jusqu’à tard dans la nuit à faire des sons étranges avec mon piano. Est-ce que je le referai? Je ne sais pas. Peut-être. Qui sait?

Vu que tu as pas mal travaillé récemment avec Vaughan Oliver, vois-tu ton expérience avec 4AD comme un modèle pour Bella Union ?
Non, plutôt le contraire. C’est plus un modèle sur les choses qu’il ne faut pas faire. Ce que j’ai appris de toutes ces expériences, pas seulement 4AD, mais aussi les majors, Capitol, avoir dirigé notre propre label aussi, je sais ce que je ne veux pas faire et je sais le genre de labels sur lequel j’aimerais être signé. Bella Union, c’est un label où l’artiste peut se sentir confortable et heureux et ne pas être énervé et avoir envie d’aller ailleurs. Je veux leur offrir une bonne part de sécurité mais dans un monde réaliste. Car il faut le dire, qui achète des disques aujourd’hui? Pas beaucoup de personnes. J’essaie de traiter l’artiste comme moi même j’aurais voulu être traité. Ce n’est pas de l’irrespect quant à 4AD et les autres labels avec lesquels nous avons travaillé. Le label est juste un reflet de qui je suis. S’il y a des similitudes avec 4AD, ce n’est pas surprenant compte tenu de mon éducation culturelle. Les expériences que j’ai eues à un âge où on est encore très influençable se sont passées à cette époque. Ivo a été une personne vraiment importante dans nos vies. Il m’a introduit à Tarkovsky, à Jeff Buckley, Big Star, Alex Chilton, Tim Hardin. Il nous a fait découvrir des tas de choses sur le plan musical et culturel. L’expérience culturelle de la période était importante mais mon expérience avec 4AD m’a plus appris ce qu’il ne fallait surtout pas faire.

Et la diversité du label est étonnante.
C’est gentil de dire ça. Je pense que nous sommes très variés. A une époque, on nous avait un peu considéré comme un label Americana/folk, mais je sais que nous ne sommes pas que ça : nous avons sorti du hip hop, du piano classique, des bandes originales de film, Xiu Xiu, etc. Tout cela représente les musiques que j’aime. J’ai eu la chance à dix-huit ans de travailler dans le magasin de disques Beggars Banquet. Cela m’a ouvert à beaucoup de musiques différentes. Puis quand ce magasin a fermé, j’ai travaillé dans un magasin plus grand et j’ai beaucoup appris sur le jazz, le reggae, la musique classique, même Dylan, avant vingt ans je n’en avais rien à faire, seul le punk m’intéressait. Toutes ces expériences musicales, entre quinze ans et le moment où j’ai commencé à jouer avec Cocteau Twins, font partie de ce que je suis aujourd’hui. C’est pourquoi j’aime tous ces genres musicaux différents.

En parlant de cette scène postpunk dont tu es issu, il y a cet épisode intéressant dans ta carrière c’est que tu as travaillé sur le dernier album de Billy Mackenzie, le chanteur charismatique des Associates. Peux-tu revenir sur cet épisode et les souvenirs que tu en gardes ?
J’en parlais récemment avec quelqu’un. Je suis à New York en ce moment. Les Associates étaient un peu connus aussi, mais pas beaucoup de gens ont entendu ce disque Sulk, que j’inclus toujours dans la liste de mes cinq ou dix albums préférés. Ce disque fut si important, pas juste pour la musique pop britannique mais pour la musique en général. Rien d’autre ne ressemblait à ce disque. J’adorais déjà le groupe, par les vinyles qui étaient sorti sur Situation 2 ou Fiction records, « Q Quarters » et tous ces titres, j’avais tout ce qu’ils avaient sortis. Mais quand Sulk est arrivé, c’était révolutionnaire en termes de son, de production et cette voix. J’étais vraiment un grand fan et quand je travaillais au magasin de disques, Billy Mackenzie venait tout le temps car son label était à l’étage supérieur. J’étais un gamin de 18 ans qui travaillait derrière le comptoir. Il regardait dans les bacs, il était très drôle, il venait toujours avec ses deux petits chiens. Parfois j’allais balader ses chiens quand il avait un rendez-vous avec les patrons du label. J’adorais ce gars. Puis les Associates se sont séparés et tout le monde se demandait ce que Billy devenait. Puis après quelques albums solo, il est mort tragiquement. C’était au moment où j’avais commencé le label et nous pensions produire des choses ensemble. Quand le label Nude Records, le label de Suede, m’ont appelé pour savoir si je serais intéressé pour travailler sur certains des derniers enregistrements de Billy avant sa mort, je me suis senti si fier et honoré. C’était étrange d’être dans le studio, d’écouter les voix dans cet espace privé. Quand tu fais un album avec quelqu’un, tu lui dis voici mon mix, qu’est-ce que tu en penses. L’artiste va te dire c’est bien mais il faudrait monter la basse ou autre chose. Et là nous ne pouvions pas vu qu’il était déjà mort. Du coup, ce fut très étrange car c’était une très grande responsabilité de le faire bien. J’ai porté beaucoup d’attention et de soin aux chansons sur lesquelles j’ai travaillées. Et je trouve que ce Beyond the Sun est un disque formidable. Il fut une des personnes les plus importantes dans ma vie en tant que musicien et en tant que personne.

Image de prévisualisation YouTube

Dernièrement, tu t’es lancé dans des émissions radio, qu’est-ce que tu aimes en particulier dans ce médium ?
J’aime la radio, j’ai grandi avec, les émissions de John Peel que j’écoutais tous les soirs. Il m’a fait découvrir tout ce que j’ai écouté quand j’étais plus jeune. La radio reste importante pour moi. C’est de la radio sur le net, je travaille pour une station qui se nomme Amazing Radio, je prépare les émissions sur ma table de cuisine quand je suis chez moi. Ce qui me plait c’est que cette station de radio ne s’intéresse qu’à des nouveaux groupes, certains non signés, il n’y a rien de vieux, je ne peux pas jouer The Pop Group ou The Associates. C’est très particulier. Si tu es un groupe, tu m’envoies un CD et je peux le jouer dans l’émission radio. Je ne joue que ce que les groupes ou les labels envoient à  amazingtunes.com. Chaque semaine, je fouille dans les nouveaux titres, c’est à chaque fois une centaine de titres par semaine. Je joue dans les trente chansons pour un show de deux heures. Il y a aussi une session live que j’enregistre dans mon studio dans l’est de Londres. Je fais venir un groupe que j’aime bien et ils jouent trois ou quatre chansons live. J’adore faire ça, ça me prend beaucoup de temps mais cela m’aide à rester en lien avec ce qu’il se passe. Et je pense que mon oreille est meilleure. Il y a tellement de groupes formidables. Comment les découvrir et avoir le temps de les écouter? Comment en tant que journalistes, DJs, peut-on trouver le temps d’écouter toutes ces choses? Parfois je ne suis pas en état pour tout écouter, mais vu que je suis sous contrat, je le fais, et quand j’entends un bon groupe, ma vie devient instantanément meilleure. Mais chaque semaine, cela me prend beaucoup de temps.

Quelles sont les sortes de discussions que tu as avec ton équipe quand tu découvres un groupe potentiel pour ton label et quelles sont les qualités principales qu’un groupe doit avoir ?
C’est une bonne question aussi. Tout part de la musique, ça c’est sûr.  Mais cela ne prend pas beaucoup de temps pour savoir si musicalement je vais aimer. Je peux dire immédiatement si  un groupe peut être bien pour le label ou s’il peut se développer en quelque chose d’excitant.  C’est assez rapide car je fais ça depuis longtemps.  En vingt secondes, je peux savoir. C’est facile. Ce qui est plus difficile, c’est tout ce qui entoure ça, les choses pénibles. Je pourrais signer un groupe tous les jours si ce n’était qu’un critère musical. Mais la partie la plus difficile est de trouver un groupe qui comprenne ce que nous essayons de faire, qui comprenne que le business musical est foutu, qu’il est possible qu’ils ne vendent aucun disque et être d’accord avec ça, avoir un manager qui n’est pas antagoniste et qui n’essaie pas de poser un problème toutes les cinq minutes, avoir un avocat juste et avec qui il est facile de discuter et avoir un bookeur intelligent. S’il n’y a pas d’équipe, on peut en créer une, mais s’il y en a déjà une, et que je ressens une mauvaise vibration de la part du groupe, du manager ou autre, nous nous arrêtons là. Cela fait tellement longtemps maintenant, je sais que les bons disques arrivent quand l’équipe est super à 100 %. S’il y a un seul petit composant qui fait mal son boulot ou qui ne comprend pas ce que nous essayons de faire, la chose ne peut fonctionner proprement. Je sais que c’est difficile car certains groupes n’ont pas tous ces éléments. C’est là que se situe la différence entre aimer la musique d’un groupe et les signer sur le label. Et souvent ça ne fonctionne pas. On s’aperçoit que le manager n’y voit qu’une étape avant de signer un plus gros contrat ou les musiciens ne sont pas cools. Mais on sait cela assez vite. Si je peux tous les inviter chez moi pour prendre le thé, il y a des bonnes chances qu’on puisse travailler ensemble. Et il faut que mon chien les apprécie aussi. Il ne faut pas qu’il leur aboie dessus.

Et ils doivent peut-être aussi tourner pas mal car avec la fermetures des magasins de disques, les gens achètent souvent les CDs, les vinyles ou les Tshirts sur les stands après les concerts.
Oui, neuf fois sur dix, il faut qu’ils soient bons sur scène. C’est aussi le lieu où j’irais voir un groupe pour la première fois, voir s’ils sont bons sur scène ou en ont le potentiel. Mais je comprends que l’on ne puisse être fantastique de suite, je comprends que cela puisse prendre deux ou trois albums. Les meilleurs artistes sont ceux qui évoluent organiquement et naturellement. Les groupes qui sont fantastiques d’emblée, c’est rare d’arriver à maintenir ce niveau sur plusieurs albums.

Image de prévisualisation YouTube

Pour s’arrêter sur une anecdote assez surréaliste, tu as mentionné une fois qu’avec les Cocteau Twins, vous avez reçu des canettes de bière de la part de quarante mille rednecks avant un concert de Metallica à Kansas City!
C’était la première fois de toute notre carrière que nous jouions sur une grosse scène comme ça, on aurait dû savoir que ce serait différent. Le guitariste de Metallica Kirk Hammett était un grand fan de notre groupe. Et nous avions le même bookeur aux Etats-Unis. C’était l’époque où Lollapalooza était vraiment énorme et ils tournaient dans tous les Etats-Unis, une ville différente chaque soir pendant un mois. Ce devait être en 1996 et ils nous ont appelé car ils voulaient qu’on fasse toute la tournée Lollapalooza pour beaucoup d’argent. Puis nous avons regardé le line-up et nous nous sommes dit que nous n’avions rien en commun avec ces groupes et que ça ne pourrait pas marcher. Plus tard, ils ont réessayé de nous convaincre mais nous continuions à dire non à un agent qui ne voulait pas entendre non comme réponse. Puis il nous a proposé ce deal, vous prenez un vol, vous venez faire l’ouverture de la tournée Lollapalooza à Kansas City puis vous repartez. Vous ferez une grande faveur au guitariste de Metallica, il vous adore, vous aurez un nouveau public, ce sera super. Et là on a dit oui. Il faisait une chaleur torride. L’affiche c’était Rancid, The Ramones, Soundgarden, Cocteau Twins et Metallica dans cet ordre.  Nous étions entre ces deux groupes qui étaient les deux plus gros groupes de rock à l’époque aux Etats-Unis. Et nous étions cet étrange combo britannique qui faisait de la musique étrange en milieu d’après midi. Kirk est monté sur scène. Le public était fou quand il est apparu. Il leur disait de se calmer et a voulu présenter ce qui était pour lui son groupe préféré. Le premier morceau ça allait encore, mais sur la seconde chanson, je me souviens de m’être mis au piano, ce devait être une version acoustique d’une de nos chansons. C’est vraiment une idée stupide de faire ça dans un festival de rock.  Puis des projectiles, des missiles ont commencé à apparaître sur scène. C’était dans les champs, et il faisait cette chaleur atroce et ils jetaient de la boue. Un de ces projectiles a frappé Elizabeth entre les yeux au milieu du front. Là, je crois que nous avons encore joué dix minutes et nous avons dit « OK, nous partons ». Les gens étaient ravis de s’être débarrassés de nous. On aurait dit un de ces shows de télé réalité où les gens veulent que le méchant sorte de la scène, ou que le mauvais groupe quitte la scène. Les gens ont poussé des hourra quand nous sommes sortis de scène. Kirk Hammett était si bouleversé, il est venu s’excuser, il ne se doutait pas que ça allait se passer comme ça. Au bout du compte, ce fut assez drôle. Cela fut flippant pendant une minute mais après coup on se dit est-ce que c’était vraiment surprenant ?

Penses-tu que les problèmes qui ont mené à votre séparation d’avec 4AD datent du temps de This Mortal Coil ?
Tu as lu ce livre, c’est ça ? Je ne sais pas, cela me semble facile d’avancer des arguments qui règlent toutes ces questions après coup. Ce n’était pas qu’une seule chose mais un mélange d’un million de choses. Pourquoi votre relation avec votre compagne ou votre femme part de travers? Ce n’est en général pas dû à un seul événement, ce sont des petites choses qui s’accumulent sur les années. Puis tu es déçu par l’évolution de cette relation et tu décides soit d’en parler et d’essayer de reprendre à zéro et l’améliorer ou tu décides de la stopper. Est-ce que c’était un bon ou un mauvais choix? Avec le recul, on peut dire que c’était un mauvais choix, mais à l’époque, quitter 4AD semblait être le meilleur choix. Il n’y a pas de regrets. Mais l’alternative qui nous pensions allait mieux nous aller, une relation anonyme avec un label, a été un désastre. Partir de 4AD vers Mercury a été terrible. Maintenant ces jours sont anciens. Mais à l’époque nous en avions assez de voir que l’argent que nous faisions grâce à la vente de nos disques ne nous revenait pas. C’était ça le gros problème.

Quelles leçons as-tu tirées de ton travail avec Harold Budd ?
Personnellement, aucune. En revanche, je sais que Robin a fait pas mal de disques avec lui par la suite. C’était une expérience d’enregistrement que j’ai beaucoup appréciée. C’était très bref. Peut-être juste deux semaines pour écrire, enregistrer et mixer cet album. Nous n’avions jamais eu l’intention de faire un disque ensemble. C’était l’idée d’une compagnie télé de mettre ensemble des gens qui venaient de différents genres musicaux et les amener en studio pour qu’ils enregistrent une chanson ou deux. Nous aimions la musique d’Harold Budd mais nous ne connaissions qu’un ou deux disques, comme The Pearl, et sa musique était très cool, très minimale. Nous n’étions pas vraiment dans ce genre de son à l’époque mais nous aimions l’idée que cela puisse marcher avec ce que nous faisions. Harold Budd était vraiment une personne charmante mais je ne sais pas si cela a eu une influence avec le recul. J’avoue ne pas écouter sa musique aujourd’hui.

Image de prévisualisation YouTube

En parlant de télé, à un moment la chanson « I wear your Ring » a été utilisée comme un jingle météo à la télé française, te souviens-tu comment cela s’est passé?
Je ne savais même pas. Je vais appeler le label pour qu’on touche de l’argent!

Sur quelles chansons la voix de Liz t’a le plus impressionné?
Mon Dieu, c’est une question impossible. Sur chaque album, il y a plusieurs morceaux qui te coupent le souffle. C’est un talent unique. Une des voix les plus extraordinaires. Mon père est mort pendant qu’on travaillait sur Heaven or Las Vegas. J’avais écrit deux chansons au piano. L’une d’elles se nommait « Frou-Frou Foxes in Midsummer Fires ». C’était un morceau triste et mélancolique, que j’avais écrit suite au décès de mon père. Du moment que Liz a posé sa voix sur ce morceau, c’était incroyable. Pour être honnête, je ne peux pas réécouter ce morceau à présent, c’est trop brut. Mais elle a su attraper cette émotion et elle est tombée juste. C’était très spécial. Je pense que les voix sur « Carolyn’s Fingers » sont fascinantes, « Alice » tirée du film Stealing Beauty, mais on pourrait en citer plein d’autres, ça nous prendrait la journée.

Image de prévisualisation YouTube
Be Sociable, Share!