Sidilarsen : interview Bonus

12 Nov 11 Sidilarsen : interview Bonus

Flot de paroles en réponse à quelques questions, sincérité absolue sur qui ils sont et désir de partager. Lorsque je reçois les réponses de Sidilarsen en vue de compléter mon article, je tombe sous le charme. Voici en bonus nécessaire et complémentaire au n°6 d'[Obsküre] Magazine les réponses que je n’ai pas utilisées.

Sylvaïn Nicolino (ObskureMag) : Votre crossover, par quoi est-il motivé musicalement ? 

Did0u : Adolescents, on a baigné dans Metallica, Suicidal Tendencies, Noir Désir, Guns’N’Roses, Nirvana…mais ce qui a fait l’unanimité dans le groupe, c’est Nine Inch Nails. Nos racines viennent de la découverte de NIN. Nos esprits se sont alors ouverts : utiliser des machines en plus de nos instruments conventionnels, c’est excitant ça ! En tout cas ça l’était à ce moment là. Puis rapidement nous écoutons aussi des groupes de « fusion » comme RATM, puis Korn, Limp Bizkit, etc…et en parallèle on découvre la révolution techno, le mouvement des free party des années 90, puis l’electro, le big beat de The Prodigy. La pulsation primaire nous fascine et nous décidons d’en faire une marque de fabrique tout en conservant nos bases rock et metal. Nous choisissons le chant en français car on ne parvient pas à tricher avec nos émotions, nous recherchons la sincérité, l’émotion directe, intense. Ne parlons pas des problèmes d’accent en anglais pour ma part…

Ne serait-ce pas plus simple de délivrer des albums dans des cases distinctes ?

C’est vrai que nous avons un petit problème : nous sommes vraiment ouverts, trop excités par beaucoup de choses. J’aime autant Gojira, Depeche Mode, Beyonce, Refused, Lil Wayne, Moderat, My Dying Bride, Bashung, Prong, Stupeflip, Paradise Lost, Spicy Box, Léo Ferré, The Gathering, Cypress Hill, les Bérus…et c’est pareil pour tous les membres de Sidilarsen, chacun avec sa sensibilité. Mais avec les années, nous avons appris à canaliser tout ça, et je pense qu’aujourd’hui, en particulier avec Machine Rouge, on arrive à un son très « Sidi », et à des compositions simples et cohérentes. Nos lives aussi ont gagné en cohérence, un concert de Sidilarsen ne donne pas une impression de « fourre tout », mais laisse plutôt une empreinte simple et personnelle. Les 14 années de route, le travail et la persévérance nous ont appris.

Un titre comme « Vie passionnée » marque une respiration dans le disque, en étant plus posé, plus sérieux : comment a-t-il été composé ?

J’ai écrit ce texte (je précise que Viber écrit aussi de nombreux textes) pendant une longue coupure générale d’électricité. J’ai adoré cet instant, fait de silence inhabituel, d’intemporalité, de quiétude et de solitude. Un moment pendant lequel tu fais le point, tu prends de la hauteur. Je suis heureux si tu ressens cette respiration dans l’album. Ensuite il se trouve que l’instru a été composé en parallèle, sans concertation, par Sam (le batteur), puis par tous les membres de Sidi. J’ai rapidement senti que mon texte pouvait rencontrer cet instru. De façon générale, on est tous d’accord sur le fait qu’un album doit contenir des respirations, avoir un certain relief. C’est un besoin.

L’électronique est réglée au millimètre : n’est-ce pas difficile de réinjecter de l’humain là-dedans pour ne pas sonner comme du Rammstein (« Fantasia ») ?

Machine Rouge symbolise le cœur, un élément organique et vital, mais il y a la notion de machine qui ramène une froideur très contemporaine, la technologie glaciale du monde moderne. Cette union complexe entre les deux, c’est ce que nous recherchons dans notre musique. L’un alimente l’autre. Musicalement, le résultat dépasse la somme, en tout cas pour nous. Dans la vie ça reste à voir. La précision dont tu parles amène une identité et une efficacité particulière. C’est un choix, il est assumé. Nos instruments, le grain de nos guitares, nos timbres de voix se chargent d’amener la part humaine. Néanmoins, régulièrement nous avons besoin de mettre les machines de côté sur un titre ou deux. Dans Machine Rouge, le titre Samira en est l’exemple. Pour répondre à ta question, si parfois notre musique évoque Rammstein, nous l’assumons. Fantasia a un côté épique (qui peut évoquer Rammstein), car l’instru cherche à illustrer un texte qui évoque la parade, la luxure et la domination. De façon plus générale, je pense que notre musique peut tout autant évoquer Spicy Box, Treponem Pal, Senser, Ministry, Young Gods, Mass Hysteria, Corpus, No Place For Soul, Y Front…Pas mal de groupes qui mélangent où ont mélangé ces genres. Mais c’est avant tout du Sidilarsen. Finalement on est moins nombreux que ces groupes de metal qui utilisent presque tous des plans de double pédale archi éculés, et qui ne sont pourtant pas systématiquement comparés à Cannibal Corpse ou Morbid Angel…Et je n’ai rien contre ça ! Je constate juste.

Quelle est l’allégorie de cette belle noyée / nageuse de votre pochette ?

On voulait du rêve, de la poésie sur cette pochette. Et puis on voulait donner un sens inattendu au titre Machine Rouge. L’intérieur de l’objet donne plus d’indications et d’interprétations possibles encore, pour ça il faut se procurer l’album !

Pour en revenir à la cover, on est dans le rêve car on ne sait pas si cette voluptueuse créature est encore vivante…va-t-elle s’en sortir ? On pourrait la transfuser ! Est-ce bien du sang ? Son cœur saigne…d’amour ? Attention, je parle comme si je chantais dans Type O Negative. A côté de ça, le monde sous-marin renforce le côté mystérieux, la perte de repères, il évoque aussi le milieu fœtal, l’origine.

La participation de Frederika, dont la voix clôt l’album, que pouvez-vous nous en dire ?

Frédérika fait partie de l’histoire de Sidilarsen, elle a croisé notre route régulièrement sur nos disques depuis 1999 (démo Verticalité). Nous aimons « colorer » nos titres par le biais de nos séquences et des arrangements de machines et nous avons besoin de donner du relief à certaines chansons La part de féminité est une notion importante dans notre musique et Frédérika sait répondre à nos attentes, que l’on veuille du sample de voix féminine ou du vrai chant féminin avec du texte. Sur Machine Rouge, elle intervient sur deux titres : « Back To Basics » dans un registre fun et efficace, et « Samira » dans un univers beaucoup plus poétique et mélodique. On est ravis du résultat. On adore sa voix.

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