Shearwater : aussi loin que volent les oiseaux

11 Mar 12 Shearwater : aussi loin que volent les oiseaux

En complément de l’entrevue parue dans Obsküre Magazine #8 (mars/avril 2012, en kiosques depuis le 09 mars), www.obskuremag.net publie cet extrait inédit de notre entretien avec le leader incontesté de Shearwater et fervent défenseur des causes naturelles, Jonathan Meiburg.

Obsküre Magazine  : Deux ans, jour pour jour, se sont écoulés entre vos deux derniers albums. Quelle a été l’activité de Shearwater depuis la sortie de The golden Archipelago ? Vu le succès de ce dernier et les sollicitations diverses et variées, vous n’avez pas du vous ennuyer…
Jonathan Meiburg : Deux ans, c’est extrêmement long, de nombreuses choses se sont accumulées durant cette période ! De toute façon, peu importe ce qui se passe, j’aime être en continuellement en activité. En 2010 et dès sa sortie, nous avons effectué la tournée pour défendre The golden Archipelago. À la fin de cette même année, je commençais à travailler pour Animal Joy en réalisant les premières démos. Nous l’avons finalisé en octobre dernier et me voici déjà dans le van à t’écrire et à sillonner les routes pour promouvoir Animal Joy.

The golden Archipelago se concentrait sur le rapport de l’homme avec la nature, cette fascination de l’insulaire aussi… l’intérêt que tu as pour ces sujets est-il une manière de mettre en musique ta perception de la liberté ? Quand donc l’homme prendra-t-il conscience qu’il faut absolument respecter les éléments naturels ?
Je ne compte pas sur l’homme pour prendre conscience de quoi que ce soit… j’espère juste un jour que les gens abandonneront l’idée que nous sommes d’une certaine manière supérieurs au monde naturel. Pour ma création, je m’attarde sur le contraste établi entre le monde que nous avons créé pour nous-mêmes et le monde d’où nous venons : c’est fascinant et inquiétant.

Peux-tu me parler de cet Animal Joy, est-ce un véritable album concept ? Y a-t-il un message particulier que tu souhaites faire passer à travers les textes de cet album ?
Bon, on est loin d’un album  concept à la The Wall.  Mon idée de départ après la trilogie de l’arc insulaire était justement de m’écarter du conceptuel ; je voulais écrire un album aéré, accessible qui sonne live et plus direct au niveau émotionnel. L’album traite de ces moments particuliers où on se sent le plus présent, le plus en vie.

Vous avez quitté Matador pour intégrer le label culte Sub Pop, pourquoi ce choix ?
Nous étions en fin de contrat avec Matador et nous voulions effectuer un changement artistique, marquer le coup, il était tout bonnement raisonnable de le faire avec un nouveau label. Nous sommes amis avec les gars de Sub Pop depuis pas mal d’années et ils étaient vraiment enthousiastes à l’idée de nous accompagner pour cet album.

Animal Joy me semble être un album moins atmosphérique et progressif, plus brut et rock ‘n’ roll, es-tu d’accord avec moi ? Est-ce la thématique qui a imposé cette direction musicale ?
En ce qui me concerne, je trouve le nouvel album plus amical (sic), quelque chose de chaleureux qui s’adresse plus au corps qu’à l’esprit. Je le perçois différent mais ni plus dur ni plus brut que nos précédents disques.

Une question qui t’est personnellement destinée : quels seraient les disques que tu emporterais sur une île déserte ?
Je pourrais avoir l’île déserte sans les albums ? Sinon, je prendrais la série Secret Museum of Mankind, sortie par Yazoo Records … il s’agit d’une série d’enregistrements réalisés à travers le monde entre 1920 et 1940, à l’époque où la musique enregistrée n’avait pas encore changé la façon dont les gens jouaient et pensaient leur rapport à la musique. C’est la dernière trace d’un monde en voie de disparition ayant existé pendant des milliers d’années.

Peux-tu me parler un peu de ton travail avec Nicholas Kahn et Selesnick, les auteurs des visuels d’Animal Joy ?
J’ai vu le travail de Nicholas pour la première fois dans un numéro du Harper’s Magazine, puis je suis entré en contact avec lui. Ensuite, au fil des années, nous sommes devenus de bons amis. Richard (N.D.L.R. : Selesnick) et lui continuent de m’épater avec leur énergie, leur curiosité, leur flexibilité et leur imagination… c’est un honneur et un bonheur de travailler avec eux. Si jamais tu as la chance de voir leurs travaux, saisis-la : leurs galeries sont émouvantes, drôles et étonnantes.

 

 

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