Seventeen At This Time – Interview bonus Obsküre Magazine #15

17 Mai 13 Seventeen At This Time – Interview bonus Obsküre Magazine #15

En complément de l’entrevue parue dans Obsküre Magazine #15 (mai/juin 2013, en kiosques le 9 mai), voici les extraits restés inédits de notre entretien avec Frédéric Engel Lenoir, un homme qui a sa langue moins dans sa poche que la pruderie l’exigerait. Le verbe pique de son humour, quand cette musique dramatique et intense, sous la signature Seventeen At This Time, bouscule le quotidien. Nous n’espérions plus vraiment grâce pareille dans le champ de la coldwave mais la voici réinventée, dans une émotion pop brûlante et sophistiquée. Tokkoubana, le nouvel album studio, offrira pierre d’angle à certains. Elle deviendra leur secret. Ruez-vous dessus – c’est sur un petit label fort bien mis et que nous déclarons de santé publique : Cranes Records.

Obsküre Magazine : Tous les titres de l’album sont signés de toi. De quelle manière doit alors se comprendre la dynamique humaine et créative entre Rafael et toi, Frédéric ? Devons-nous aujourd’hui vous considérer comme le binôme « nerf » de Seventeen At This Time ?
Frédéric Engel Lenoir :
Tu-tu-tu, on s’enflamme pas : les textes sont signés Frédéric, la musique est signée Seventeen At This Time. En général, nos titres partent du sujet – du scénario – et de quelques bribes de musique embryonnaire. Quand je dis embryonnaire, c’est au sens strict : fœtus. Puis Rafael apporte sa petite graine et l’échange entre ses deux papas finit par rendre le fœtus viable. C’est très biologique, tout ça … et pas très catholique.

Le groupe semble avoir bougé en interne depuis sa naissance en 2009. La confection de Tokkoubana a-t-elle été concomitante aux évolutions du line-up ou un groupe « fixe » a-t-il présidé à sa réalisation ?
Seventeen At This Time évolue depuis toujours. Changement et mutations font partie du jeu depuis le début. Cela dit, même si l’album intègre des compositions antérieures, Tokkoubana est le fruit du line-up stabilisé autour de deux personnes : Rafael / Frédéric. Auxquelles s’ajoutent le studio All Mee, à Ivry et l’extraordinaire travail de mastering de Reverse-Prime-Cut, à Barcelone, sans lesquels le disque ne sonnerait pas comme ça.

Le secret d'une musique sans édulcorants

Le secret d’une musique sans édulcorants

Cranes Records est connu pour le soin qu’il apporte à son artisanat. Signer chez eux, est-ce d’abord opter pour une défense de l’objet en musique ?
Non, mon bon Monsieur. L’objet est ici secondaire. Ce qui nous a conduit chez Cranes, par l’intermédiaire de nos amis les Dead Mantra, c’est le bon gout du label en matière de musique. L’intérêt que Cranes Records porte au support physique, d’ailleurs, est surtout lié à son potentiel expressif. Quand ils nous emballent dans un single rose cousu dans du tissu, ça veut dire quelque chose. Quand ils pensent une pochette en volume avec un avion-suicide en papier, c’est pareil. Les disques Cranes ne sont pas seulement de beaux objets, ce sont des objets qui racontent des histoires.

Quelles circonstances ont permis d’engager le groupe dans la réalisation de la bande-son du film Flaming Creatures de J. Smith ?
C’est une initiative de Cranes Records, via un de leurs enseignants des Beaux Arts du Mans. Au départ, le film nous intéressait surtout comme inspiration visuelle pour Tokkoubana ; avec son usage des fleurs et son ambiguïté sexuelle. Puis l’intérêt s’est avéré réciproque et on a ouvert ce chantier avec les Beaux-Arts.

Sur scène, il semble que du personnel extérieur doive renforcer les troupes : Clément H de DAT aux synthés/machines et Anthony de Drastus et Deathspell Omega. Envisagez-vous l’avenir de Seventeen At This Time comme un projet collectivisé en studio ou resterez-vous sur une configuration minimale hors scène ?
Les renforts arrivent, mais progressivement. Les concerts accompagnant la sortie de Tokkoubana, cet été, se feront sans Anthony. D’une part pour être plus fidèles au son de l’album, d’autre part parce qu’hybrider des vraies percussions et des machines est un processus complexe qui demande un peu de recul. Clément, lui, est déjà présent sur Flaming Creatures, où nous avions besoin de nappes et où nous souhaitons recourir le moins possible à des séquences préprogrammées. Leur collaboration, à l’un comme à l’autre, est appelée à dépasser le cadre des concerts. Ce sont des mecs créatifs, passionnants, qu’il serait criminel de cantonner à un rôle de chair à canon scénique.

Les notes du livret de Tokkoubana interpellent autant que les ingrédients d’un plat de lasagnes industriel. Creusons donc. Que préférez-vous : les vieux odes nationalistes ou les publicités ratées ? Lesquel(le)s croyez-vous les plus drôles ?
Voilà un bel exemple de la magie du sampler. Il suffit de juxtaposer les deux et tout devient clair : c’est la même chose. Les odes nationalistes sont de vieilles publicités ratées.

Le capitalisme est-il l’ennemi suprême de la créativité ?
Le capitalisme est l’ennemi tout court, camarade.

Qui est Mocha le Chat ?
C’est un ange, baby. Les anges sont partout.

Tokkoubana frontcover

Tokkoubana frontcover

> SORTIE
SEVENTEEN AT THIS TIME – Tokkoubana (Cranes Records) (2013)
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17att.bandcamp.com
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