Savages – Interview bonus Obsküre Magazine #15

07 Juin 13 Savages – Interview bonus Obsküre Magazine #15

Chez Obsküre, on a adoré le premier album des Anglaises de Savages, Silence yourself, impressionnant concentré rock sombre, intense et passionné, manifestement très marqué par les influences du post-punk et de la musique noise. Et parce qu’on a adoré discuter avec Jehnny Beth, remarquable chanteuse de ce combo entièrement féminin, nous ne voulions surtout pas que vous risquiez d’en perdre miette. Voici donc de quoi compléter l’interview parue dans Obsküre Magazine #15 (mai / juin 2013, en kiosques depuis le 9 mai).

Obsküre Magazine : L’absence de claviers dans la musique de Savages est sans doute symptomatique de votre désir de naturel, non ?
Jehnny Beth : Oui, c’est le cas depuis le début. Le principe, c’était de faire guitare / basse / batterie. D’où le lien avec le nom. C’était vraiment en réaction aux groupes qui étaient autour de nous. Ras le bol des claviers. Ça donne l’impression de perdre l’essentiel. De se noyer dans une masse d’effets, de sons, et finalement, la musique ne dit plus rien. Pour moi, ça ne faisait écho à rien. Ça ne parlait pas de ma vie, de ce que je ressentais. J’avais envie de faire un groupe qui pourrait combler ce manque-là.

À ce sujet, j’ai lu quelque part que pour vous, « être moderne, c’est être naturel »…
(Rire) Oui, je ne sais plus pourquoi on disait ça…

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En gros, ton époque ne pourrait être reflétée que par un son direct et assez brut, c’est ça ?
Oui, tout à fait. Enlever tout superflu. Que les choses ne soient là que parce qu’elles sont nécessaires. Revenir à une certaine simplicité, au niveau des textes, de chaque instrument. Que chaque instrument sache faire face à l’autre, soit au service de la musique, du résultat final.

Et tu parlais de « génération »… tu penses que le groupe peut « refléter sa génération » ? Je sais que ça fait un peu grandiloquent comme question ! Mais qu’en dis-tu ?
(Rire) Disons que depuis qu’on a commencé, j’observe beaucoup notre propre évolution, à nous quatre, dans une telle aventure, et je me rends compte à quel point on peut évoquer quelque chose de générationnel. On a créé Savages un peu en réaction à ce qui se passait autour de nous, à ce que les jeunes groupes faisaient… ou ne faisaient pas justement ! On se rendait compte à quel point les jeunes groupes avaient peur de dire non. Je pars du principe que la génération qui nous précède ne peut pas nous transmettre de codes parce qu’il y a eu un effondrement. Ça crée un terrain de jeu, ça nous donne une puissance. Je clame, en quelque sorte, la reprise du pouvoir par les jeunes artistes.

Savages - Silence Yourself

> SORTIE
– SAVAGES – Silence yourself (Pop Noire / Matador / Beggars) (2013)
> WEB OFFICIEL

www.savagesband.com

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