Savage Republic – Bonus Interview Obsküre Magazine # 21

21 Juil 14 Savage Republic – Bonus Interview Obsküre Magazine # 21

Voilà le complément de notre entretien avec Thom Fuhrrmann autour du dernier album de Savage Republic, Aegean (Mobilization Records pour le CD, Nuit et Brouillard pour l’édition vinyle). Un disque d’une grande richesse musicale, allant du post-punk tribal à des moments instrumentaux plus psychédéliques, orientaux ou folkloriques. Une ouverture d’esprit qui était déjà présente dès que le groupe a émergé au début des années 80.

Obsküre Mag : Comment passe-t-on de la scène punk de Los Angeles à ces sonorités traditionnelles, issues d’autres cultures, souvent méditerranéennes ou liées au folklore grec ?

Thom Fuhrrmann : À travers les différents line-up du groupe, de nouvelles influences se sont ajoutées à chaque fois. On a juste mélangé tout cela et le résultat en a été Savage Republic !

Les collaborations jouent aussi un rôle important dans vos derniers enregistrements. Blaine Reininger (Tuxedomoon) revient sur ce disque, comme d’autres musiciens. On peut aussi t’entendre sur le morceau inaugural du dernier album de Job Karma. Les échanges et les expérimentations dans de nouveaux domaines, c’est ce qui t’intéresse aujourd’hui ?

J’adore les collaborations. Je travaille en ce moment sur un nouveau disque ou je collabore justement avec beaucoup de monde. Je ne vais pas mentionner de noms, mais je suis très enthousiaste. Travailler avec Job Karma est un réel honneur. C’est un de mes groupes favoris au monde ! Je compte bien continuer à travailler avec eux à l’avenir.

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L’album est aussi dédié à Val Haller, qui jouait dans le groupe et qui est malheureusement décédé. Est-ce que tu penses que cela explique en grande partie l’atmosphère très mélancolique du disque ?

La perte de Val nous a littéralement dévasté, mais pour dire vrai les titres les plus mélancoliques sont antérieurs à son décès. Il me manque énormément…

La dernière chanson « The Arab Spring » prouve que vos engagements politiques sont toujours présents. Penses-tu que vous êtes ou que vous avez été un groupe politique? Penses-tu que ce soit toujours présent dans ce que vous produisez aujourd’hui ?

Je pense que nous sommes plus politisés que nous ne l’avons jamais été ! Tout était déjà dit dans la chanson « 1938 » sur l’album de 2007 : « Nous sommes revenus en 1938 ! » Je consomme beaucoup de programmes radiophoniques ou télévisuels politiques, et j’aurais toujours des opinions tranchées sur ce qui se déroule dans le monde.

L’album débute sur un morceau très épique, « Victory ». Cette chanson était-elle la plus appropriée selon toi pour introduire cet album ?

J’avais cette chanson en tête depuis longtemps et j’ai toujours voulu entendre Alan jouer du tympani sur un ou deux morceaux. Cela me semblait juste un bon choix.

Tu chantes sur seulement deux morceaux. Est-ce que c’était délibéré de mettre les voix en peu de côté, comme vous l’avez fait à certains moments du passé?

Je suis très content des voix sur ce disque, mais je suis réaliste. Notre vrai pas en avant se fait par les morceaux instrumentaux. Je pense que le quota de voix par rapport aux instrumentaux est juste parfait sur cet album.

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Quant à cette attraction pour les timbres, est-elle liée à votre fascination pour des cultures lointaines?

Bruce était un collectionneur de timbres forcené. Enfant, j’ai moi même collectionné les pièces et les timbres. Bruce avait financé les débuts d’Independent Project Records avec sa collection de timbres !

Vous avez toujours clamé vos influences et vous avez pu faire des reprises d’Alternative TV, Echo & the Bunnymen, The Cure ou Mikis Theodorakis. Y a-t-il eu des musiques en particulier qui ont influencé ce disque?

Je ne pense pas qu’il y avait des influences directes sur cet album, comme pour les albums précédents. J’écoute beaucoup de trance, d’electronica, de musiques classiques contemporaines. Je ne pense pas que l’on ressent aujourd’hui les influences de Wire, Joy Division, Can, etc. comme on les sentait auparavant. Peut-être que je me trompe. J’aime la Grèce et, à travers cet album, je voulais capturer ce sentiment à travers le son.

Le lien entre votre son et les musiques de films ne date pas d’hier. Vous vous êtes même retrouvés dans le film Le Silence des agneaux. Quelles seraient tes bandes originales préférées?

Il y en a trop, mais j’aime quasiment tout ce qu’a fait Morricone. Les Ailes du désir, Paris Texas, Topkapi, etc. Avec mon fils, on adore les BO des James Bond. Ces derniers temps, j’écoute beaucoup le travail de Johann Johannson dans le domaine. J’aime aussi ce que fait Teho Teardo.

Vous êtes un des derniers groupes en activité à avoir émergé de la scène punk de Los Angeles (Wall of Voodoo, The Screamers, etc.). Que gardez-vous de l’esprit de cette époque ?

Wall of Voodoo ont été mes mentors. Marc et BrUce Moreland m’ont appris plus sur la musique que quiconque. ils étaient le meilleur groupe depuis les Doors à avoir émergé de LA. Je porte encore cette époque dans ma vie d’aujourd’hui, où que je sois.

En termes de production, vous arrivez à créer une vraie sensation d’espace. C’est quelque chose de difficile à obtenir ?

Je pense ne pas encore avoir trouvé cet espace que je continue à chercher ! Il y a encore beaucoup d’albums concepts que j’aimerais faire avec Savage Republic, notamment un sur la côte centrale de Californie. Un autre sur Amalfi (la mère de notre booker possède une villa du XVe siècle là-bas), un autre sur les montagnes polonaises à la frontière ukrainienne (un mélange entre Job Karma et Savage Republic), un sur la Crète et un sur les vergers d’agrumes de la Californie du Sud. Des idées, j’en ai plein, mais il faut trouver l’argent et le temps bien entendu. Nous avons des emplois du temps très serrés.

Comment envisages-tu l’avenir du groupe aujourd’hui ?

Je pense que ce groupe pourrait continuer encore longtemps ou s’arrêter demain. Cela a toujours été comme ça, mais je sais que nous n’avons jamais été meilleurs en concert que nous le sommes à présent. Je n’ai jamais pris autant mon pied que depuis 2009.

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