Press Gang Metropol – interview (bonus Obsküre Magazine #9)

26 Mai 12 Press Gang Metropol – interview (bonus Obsküre Magazine #9)

Press Gang Metropol commence à écumer les scènes européennes. Composé pour ses trois quarts d’anciens Corpus Delicti, PGM délivre avec son premier album Checkpoint un propos musical totalement rafraîchi : adieu le gothique / death rock ancienne façon, voici un son nimbé de cold wave et de new wave donnant lieu à une pop expressive, délicieusement froide et nourrie de quelques éapisseurs, qui voit le destin de ces musiciens se rejoindre à nouveau. Pour le meilleur. L’angle n’est plus le même, mais une cohérence de groupe renaît, dans le plus grand naturel. www.obskuremag.net publie ici les extraits de l’interview non parus dans Obsküre Magazine #9 (mai/juin 2012, en kiosques depuis le 11 mai).

Obsküre Magazine : En quoi le travail a-t-il pu être différent de ce que vous aviez connu ensemble à l’époque de Corpus Delicti ? On imagine que l’implication d’une autre personne à la batterie a modifié, si ce n’est bouleversé, les équilibres antérieurs…
Christophe Baudrion (basse) :
À l’époque de Corpus Delicti, les choses allaient beaucoup plus vite. Il y a maintenant beaucoup plus de réflexions en amont et même au stade final, c’est parfois un peu épuisant. J’aime quand les choses vont vite, je suis assez impatient par nature. Là, j’ai dû apprendre à travailler différemment mais ce n’est pas plus mal au vu du résultat. Ce qui est sûr c’est que nous avons une approche beaucoup plus mûre et professionnelle. Quant à la batterie, comme nous n’avions pas l’intention de refaire du Corpus Delicti, à part pour des reprises live, cela n’a pas été un frein. Bien au contraire.
FranKA (guitare) : Effectivement, on ne voulait pas faire du « réchauffé ». Pour nous, rejouer ensemble c’est prendre du plaisir sur un projet concret. Donc l’arrivée d’un autre batteur a été plutôt positive. Eric et Roma n’ont pas du tout le même jeu. Il est vrai aussi que pour Checkpoint, nous avons pris le temps… Les changements de line-up en ont été une des causes. Et puis l’air de rien, il fallait aussi qu’on réapprenne à se connaître ! Aujourd’hui, le groupe étant établi, j’aime à penser que les prochains titres sortiront plus instinctivement.
Sébastien Pietrapiana (chant) : On est pas mal revenu sur les titres, et c’est vrai que c’était un peu long par moments. Et puis par rapport à Corpus, les conditions d’enregistrement sont tellement différentes ! À l’époque, on ne pouvait enregistrer qu’en studio, ce qui nous coûtait assez cher, donc, on allait à l’essentiel, même si parfois le résultat n’était pas à la hauteur de nos espérances. On ne pouvait pas se permettre de revenir sans cesse sur les titres. Aujourd’hui, c’est presque infini, on a enregistré une grande partie de l’album par nos propres moyens, donc on s’y perd un peu quelquefois, car on peut se permettre d’y passer plus de temps.

Sébastien, qu’est-ce qui a fait la spécificité du travail textuel pour Checkpoint ? L’ensemble te semble-t-il établir un champ thématique, ou chaque titre correspond-il à une impulsion séparée ?
Comme souvent, pas de thématique précise. Par contre, la spécificité était due ici au fait qu’avant que j’arrive dans le groupe, certains morceaux avaient un titre. J’ai donc choisi pour quelques uns de le garder, tout au moins une partie, d’abord dans un souci de ne pas trop embrouiller mes camarades (rire) ! Et finalement, le titre que je gardais m’inspirait le texte à venir. Par exemple, « Empire » est devenue « Empire Square », « Escape to Heaven » a donné « The Escape » et « Soundwave »… « Sound/Wave » ! Je me suis surpris à écrire les textes plutôt rapidement, sans difficulté, et au final, pour moi, certains sont parmi les meilleurs que j’aie couchés jusque là.

Dirais-tu que ton intention, dans le travail sur le texte, se déplace en permanence ou peut-il être créé des ponts, dans le fond comme la forme, entre ton travail pour Press Gang Metropol, Kuta et Corpus Delicti ?
Je pense que l’intention, à la base, navigue dans les mêmes eaux. C’est ma façon de l’exprimer qui est différente. J’ai utilisé pour certains titres de PGM une forme plus crue, qui n’avait pas lieu d’être pour Kuta. C’est venu naturellement, inspiré par la musique et les mélodies.

Le son de Checkpoint donne un écho fluide, élégant et actuel à des couleurs froides et pop que certains d’entre nous, chez Obsküre, ont adorées dans les eighties. Diriez-vous que vous avez vécu ces dernières années un retour de flamme new wave/post-punk dans vos aspirations musicales ?
Christophe :
Oui absolument, avec une certaine joie d’ailleurs. Enfin il se passait quelque chose dans le monde de la musique qui me correspondait, au moment même où je désirais revenir aussi à ce son.
FranKA : Complètement… C’est vrai qu’on sentait un petit côté élégant… What else ? (rire)… Plus sérieusement, je ne sais pas pourquoi mais depuis quelques temps, je me suis remis à écouter Joy Division, Cure, The Sound… Très certainement motivé par des groupes comme Interpol ou Editors, pour ne citer qu’eux. Plus qu’un retour de flamme, j’ai plutôt fait un point sur mon « évolution » musicale… et je me suis mis à me rappeler d’où je venais.
Sébastien : Pareil pour moi. Je n’étais pas mécontent de voir que des groupes qui puisaient leur inspiration dans cette scène étaient enfin reconnus ! Nous concernant par contre, cette culture est ancrée en nous depuis notre adolescence, nous ne nous sommes pas réveillés avec Interpol, Editors et autres même si nous apprécions ces groupes. Nais avons grandi avec Joy Division, Cure, Siouxsie, Echo & The Bunnymen, The Clash, etc. Nous avons joué cette musique il y a vingt ans. Elle ressurgit aujourd’hui, de manière différente, mais naturelle.

L’étape du studio pour Checkpoint a-t-elle généré de l’imprévu, de la révision par rapport à ce que vous aviez prévu en phase de composition ou de répétition ? Le studio a- t-il occasionné une part d’expérimentation ?
Christophe :
En règle générale je déteste enregistrer. Jusqu’à présent, je n’avais jamais éprouvé de plaisir à aller en studio, or cette fois j’ai vraiment apprécié… Sans doute à cause du fait que ce soit Franck qui ait tout mixé et en partie enregistré. On pouvait, grâce à lui, tester des trucs, quitte à effacer plus tard, à revenir dessus. Ce fut vraiment une super expérience de bosser comme ça, même si la prochaine fois on fera plus vite ! Le choix de D-Monic était tout à fait naturel, nous avions aimé son travail sur les rééditions de Corpus Delicti. De plus Laurent (N.D.L.R. : boss du label goth D-Monic et de sa matrice electro M-Tronic) est un ami de longue date et il était très intéressé, très curieux… et, je crois, un peu anxieux jusqu’à ce qu’il puisse écouter à quoi ressemblait Press Gang Metropol !
FranKA : Pour l’enregistrement, c’est vrai qu’on a pu faire pas mal de prises. J’ai même changé quelques lignes de guitare au dernier moment… J’ai eu plusieurs options… trop ! Mais on a surtout travaillé les sons et parties électro. Quant à D-Monic, là aussi, c’est un choix naturel. Laurent est un ami, il a sorti tous les Corpus Delicti, le dernier Curl et était très impatient d’entendre cet album.
Eric Chabaud (batterie) : Le studio nous a permis d’expérimenter d’autres voies pour certains morceaux, d’aller plus loin dans le feeling. « A Sigh, a Second, an Hour » est le parfait exemple, le groove et le tempo n’ont rien avoir avec la version originale qui, elle, allait plus vite et était moins groovy. Mais cela peut être un frein aussi : pour « Checkpoint », le fait d’enregistrer avec le clic m’empêchait d’avoir le groove que je souhaitais, j’étais sur le temps, mais pas dans l’intention que je voulais. Le lendemain matin j’ai réenregistré la partie de batterie avec le clic juste au début du morceau, et au final c’est cette session qui était la mieux et qu’on a gardée.

Voyez-vous aujourd’hui PGM s’inscrire dans une logique de « projet » ? Se substitue-t-il à vos autres occupations musicales au moins pour l’heure, ou restera-t-il une occupation parallèle d’ordre second par rapport à ce qui vous engage respectivement en dehors ?
Christophe :
Personnellement PGM est et reste mon seul et unique projet ; je n’aime pas refaire ce que j’ai déjà fait et je ne peux me concentrer que sur une chose à la fois. C’est l’aboutissement en ce qui me concerne de ma « carrière » en tant que musicien. Mais j’aimerais, comme cela m’est arrivé récemment, être invité pour jouer sur un titre spécifique d’un artiste ou d’un groupe… Occasionnellement, cela est vraiment très intéressant.
Sébastien : Oui, c’est le projet pour lequel nous nous retrouvons, et le seul qui occupe mon temps musicalement. Je serais incapable de m’investir sur autre chose parallèlement. Par contre, Kuta n’est qu’entre parenthèses, c’est mon projet solo, libre à moi de le reprendre dès que j’en ai envie.
FranKA : PGM est un projet à part entière et je m’y sens investi à 100% même si je n’abandonne pas mon projet Curl. J’ai aussi besoin de faire « ma » musique … qui plus est, avec des personnes qui me sont très chères. Ensuite, par mon métier, j’aime participer à des projets… c’est très enrichissant.
Eric : PGM est pour moi aussi un projet à part entière, mais ne vivant que de la musique, je tourne avec d’autres projets, dont un groupe tribute aux Doors, Five 2 One. Je viens de finir l’enregistrement d’un album de rock avec des copains, cela me permet aussi d’être frais pour PGM.

> SORTIE
– PRESS GANG METROPOL – Checkpoint (D-Monic)

> WEB OFFICIEL
www.pressgangmetropol.com

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