Popoï Sdioh : playlist Obsküre Magazine #7

12 Jan 12 Popoï Sdioh : playlist Obsküre Magazine #7

Popoï Sdioh est la playlist du bimestre de www.obskuremag.net. Ce groupe français au son tortueux, organique et synthétique, sorte de bâtard deathrock/batcave/electro, prépare son nouvel album pour 2012. Comprenant d’anciens Land Of Passion, Popoï Sdioh s’associe à Obsküre Magazine, via notre site web, pour vous faire découvrir ses derniers enregistrements démos. Ils sont parus sous la forme d’un CD-R, Afterparty Sessions, distribué notamment lors des concerts du combo. Autant dire, une petite rareté. Pendant deux mois, faites ici même l’expérience auditive de cette perle tribale, dérangée et dissonante, en prélude à un nouvel opus pour lequel nous grinçons déjà des dents.

Obsküre Magazine : Depuis le premier album, de quelle manière pensez-vous que votre son et votre propos aient évolué ?
Popoï Sdioh :
Globalement, nous avons fait ce dont nous avions envie, sans nous poser de limite, sans tomber dans des choses trop faciles ou évidentes. Nous avons peut-être fait un pas vers un peu plus de sauvagerie, un son un peu plus noise…
La technologie tient à peu près la même place dans notre son, à savoir : une dominante électrique pervertie par des sonorités plus synthétiques et acides. Certains morceaux sont composés à la guitare ou la basse, d’autres viennent de boucles électroniques, d’autres encore se posent sur des thèmes rythmiques… Globalement, les sons et structures sont retravaillés après enregistrement. Il est vrai que la technique actuelle permet ce genre de choses avec un certain confort de travail. Il est vrai qu’aujourd’hui, on a beaucoup plus de facilités pour la création de sons synthétiques qu’il y a dix ans. C’est devenu quasiment illimité. La difficulté, maintenant, c’est de trouver le bon dosage entre l’organique et la technologie. On fait la musique qu’on a envie d’entendre et qu’on n’entend pas forcément ailleurs, tout simplement. Dans ce sens, elle évolue naturellement, sans plan à long terme.

Qu’est-ce qui vous a amenés à choisir de sortir ce EP de démos pour une distribution en concerts ?
En fait, nous avions quelques concerts prévus, dont le Drop Dead Fest à Berlin début septembre 2011, et dans le même temps nous travaillions sur des versions démo de nouvelles compositions. C’était donc l’occasion de diffuser quelques nouveaux morceaux, donner un avant goût de l’album à venir, un «  »échantillon. D’où cette démo, Afterparty Sessions. Certains de ces cinq titres ont été enregistrés en prise quasi live, d’autres sont un peu plus travaillés.

Pourquoi avons-nous attendu autant de temps avant de vous voir revenir avec de nouveaux enregistrements ?
Si on met de côté les aléas de la vie et les problèmes personnels de chacun, nous avons eu quelques soucis à remettre la machine en marche. Nos compositions étaient un peu « molles » à notre goût, manquaient d’efficacité car nous essayions de trop structurer et intellectualiser les morceaux en amont. Nous avons donc changé notre façon de travailler, en revenant à un travail « live »… Il fallait simplement procéder comme par le passé : jouer les compositions pour ensuite les déstructurer… Le problème est qu’il peut se passer du temps avant qu’on se rende compte qu’on est en train de faire une connerie. Il était donc important de revenir à cette façon de travailler « dans l’urgence ».

En comparaison aux démos, tendues, dynamiques et percussives, comment sonnera l’album et comment s’intitulera-t-il ?
Ça sera dans la même veine…. tribal, tendu, dissonant, noise …. Pour l’instant, le titre pourrait être Before and after Party. Ce titre fait bien la synthèse de ce dont l’album parle et aussi de sa genèse… Mais chez nous, tout peut changer radicalement du jour au lendemain… À suivre, donc !

Vous avez réalisé une reprise de SPK par le passé. D’autres projets de covers mijotent-ils ? Des participations à des tributes ?
Nous avons repris « Nerves » de Bauhaus sur scène, l’an dernier, à Varsovie. Nous avons également enregistré cette année une reprise de « La Chaleur « pour un projet de compil de covers de Noir Désir. Pas d’autres projets à ce niveau là… en général, nous nous prêtons volontiers à ce genre d’exercice plutôt pour des « commandes », ou en solo chacun de notre côté. Pour Nick : « Ashes to Ashes », « My Way », « Eleanor Rigby », « Bad Romance ». Pour Federico : « Three Shadows Part2 ». Ça reste un exercice intéressant, de déstructurer un morceau existant. Le principal problème, pour nous, c’est le temps et on préfère l’utiliser à développer nos propres morceaux.

Que gardez-vous des années Land Of Passion et The Nomads Land ? Considérez-vous que certains aspects, dans le mode opératoire, se sont figés à cette époque ou n’avez-vous plus grand-chose à voir avec les hommes qui collaboraient ensemble à cette époque ?
Popoï Sdioh est la continuité logique de Land Of Passion dans son histoire globale. Il n’y pas de réelle scission mais une évolution. La façon de travailler ne diffère que par l’évolution des techniques, de l’informatique. On expérimente toujours autant, mais ça se ressent peut être plus aujourd’hui dans notre son, c’est beaucoup plus marqué. Nous laissons peut être également une plus grande place à l’exploitation des erreurs.
Les années LOP ont été réellement formatrices à tous niveaux… notamment en ce qui concerne le son, le studio… À propos de la scène : le fait de tourner beaucoup à travers toute l’Europe a toujours été un plaisir. Nous avons rencontré des personnes, à l’époque, qui sont toujours de très bons amis… Nous avons également gardé de bons rapports avec les anciens membres de LOP et Nomads Land.

Quels sont les grands traits de votre coopération, sur le plan humain ? Qu’est-ce qui en fait la force ?
Une passion commune pour la vodka, le goût de l’expérimentation, proposer un travail personnel et l’envie de suer sur scène, d’expulser cette énergie.

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