Popoï Sdioh (interview bonus Obsküre Magazine #8)

24 Mar 12 Popoï Sdioh (interview bonus Obsküre Magazine #8)

Popoï Sdioh sont à l’honneur pour la seconde fois de suite dans notre playlist bimestrielle. Pourquoi ? Parce qu’ils ne sortent que très peu de disques et que ces six derniers mois ont ressemblé à une effervescence pour les ex-Land Of Passion. Une démo en CD-R (menu de notre précédente playlist pour Obsküre Magazine #7), suivie d’un nouvel album, les Français ne nous avaient pas habitués à autant en si peu de temps. Or, une qualité indéniable est au rendez-vous de ce death rock tribal, tortueux et expérimental. Pétri de l’esprit et de la folie des vieux disques batcave, Before and after Party est un disque habité et dérangeant, à l’amère puissance. Leurs géniteurs s’expriment ici même, où sont publiés les extraits inédits de l’entrevue parue dans notre #8 (mars/avril 2012, en kiosques depuis le 9 mars). DIY !

Obsküre Magazine : De quelle manière développerez-vous ce nouvel album sur scène, dans le son et le visuel ? Le live doit-il transcrire fidèlement l’intention posée en studio ou est-ce pour vous un autre espace-temps, est-ce « autre chose » que ce qui existe sur disque ?
Popoï Sdioh :
On aimerait dire qu’on sait comment on va retranscrire cet album sur scène et qu’on garde ça secret mais ce serait hélas du pipeau intégral ! On a différentes idées, cependant. Nos shows se construisent dans l’action et pas à quatre autour d’une table. Il a toujours été important pour nous de proposer sur scène un travail différent de celui du studio … Nous avons toujours privilégié un son plus brut, énergique en live avec des mises en scènes où tout peut arriver… C’est en tout cas ce que nous aimons et attendons des autres groupes que l’on va voir en concert. Le travail ne s’arrête pas à la sortie de l’album. On peut même dire qu’il ne fait que commencer. Ces morceaux vont maintenant vivre leur vie, exister autrement, et même continuer à évoluer.

Votre musique reste éminemment typée depuis des années. Diriez-vous que, dans votre cas, les années amoindrissent ou accentuent la présence des « tics » musicaux ?
Finalement, on essaie de faire une musique qu’on a envie d’entendre et qu’on ne trouve pas forcément ailleurs. Là dedans, les « tics musicaux » existent comme dans tout groupe ayant une personnalité marquée. Cela n’est en aucune façon rédhibitoire tant que l’on ne s’autoplagie pas, c’est un socle d’où on peut se lancer vers d’autres trucs… et puis ce sont nos influences inconscientes qui ont formé le tout, qu’on le veuille ou non. On part avec une certaine culture musicale à la base depuis tout bébé… Après, avec les années, les influences ne disparaissent pas, mais se fondent entre elles, formant au fur et à mesure la personnalité du groupe. C’est finalement un processus naturel.

Depuis vos débuts, y compris sous d’autres noms, vous donnez le sentiment d’avoir cultivé en art le « do it yourself ». L’indépendance est-elle un luxe ou un passage obligé aujourd’hui ? Comment le ressentez-vous ?
Le « do it yourself » a été dès le départ une nécessité, plus qu’un choix artistique… Faire des choses coûte que coûte… Puis avec le temps, il nous est apparu impossible de travailler dans l’urgence de séances de studio qui nous seraient imposées. Le fait de pouvoir expérimenter et de chercher plutôt que trouver fait partie intégrante de notre travail… Cela permet de rester maîtres de notre travail, d’avoir du temps pour expérimenter, réarranger, digérer, se laisser le temps de la réflexion. C’est ce que permet la technologie actuelle. C’était déjà notre état d’esprit il y a quelques années, avec Land Of Passion, et les enregistrements sur quatre pistes à bande.

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