Peter Hook – Interview bonus Obsküre Magazine # 11

19 Sep 12 Peter Hook – Interview bonus Obsküre Magazine # 11

wwww.obskuremag.net publie les passages restés inédits dans Obsküre Magazine # 11 (septembre/octobre 2012, en kiosques depuis le 8 septembre) de notre entretien avec l’ex-Joy Division Peter Hook autour de son livre paru aux éditions Le Mot Et Le Reste : L’Haçienda, la meilleure Façon de couler un Club.

Obsküre Magazine : Comment expliques-tu cette guerre entre The Smiths et New Order, où il fallait soit aimer l’un soit aimer l’autre, comme dans un match de football. D’où cela est-il venu ?
Peter Hook : Il y a toujours une grande rivalité entre les groupes parce que les fans souvent choisissent leur camp. Aujourd’hui, j’aime The Smiths autant que New Order et j’apprécie beaucoup Morrissey. C’est un homme étrange mais je le suis aussi !

L’Hacienda a aussi fait beaucoup pour la culture gay à Manchester, ville qui est désormais réputée pour son Gay Village. L’importance de ce club sur la ville a été énorme. Penses-tu que tu as fait tout cela par amour pour Manchester et Salford ?
J’ai commencé à Manchester dans des pubs et des clubs gay et je les apprécie toujours. J’ai vraiment beaucoup d’amis gay, donc c’est normal pour moi d’être entouré par ces deux cultures. L’Haçienda était une lettre d’amour de la part de Rob et de la Factory adressée à la population de ces deux villes. Nous sommes devenus aussi très célèbres pour les soirées gay « Flesh » de Paul Cons au début des années quatre-vingt-dix, qui ont considérablement aidé à promouvoir la scène club gay à l’époque.

On a aussi tendance à associer l’Haçienda avec les groupes de la Factory (N.D.L.R. : Section 25, A Certain Ratio, Royal Family & the Poor, Stockholm Monsters, etc.) mais ces musiciens n’ont presque jamais joué dans le lieu, ce qui était peut-être un choix étrange…
Il était évident pour nous de ne pas se vanter et de ne pas utiliser le club comme un forum pour les groupes de la Factory. Nous aimions être maladroits sur ce genre de choses mais avec le recul il aurait été plus logique de soutenir les groupes du label un peu plus.

Tu n’as pas toujours été tendre avec certains. Y a-t-il eu des personnes qui n’ont pas aimé ce que tu as écrit sur elles dans le livre ? Certains ont-ils été en colère après toi ? En effet, il y a des gens que tu admires (N.D.L.R. : John Cale, Birthday Party, Bow Wow Wow) et d’autres que tu n’apprécies pas du tout. D’où viennent tes sentiments amers envers Mark E. Smith – tu dis que c’est un trou du cul – et Peter Murphy, que tu as jeté hors du club un soir où tu assurais la sécurité ?
Je me suis rattrapé avec ces deux-là ! Il n’y a eu qu’une femme qui a été dérangée par ce qu’il y avait d’écrit dans le livre, j’ai fait une correction dans l’édition de poche pour ne pas l’incommoder. Je l’aime beaucoup et j’ai été content de le faire. En dehors de cela, je n’ai pas eu de problèmes. Je pense que quand tu écris quelque chose, cela semble plus rude que quand tu dis quelque chose en face à la personne. Donc automatiquement il y a des corrections qui s’imposent. Je me suis aussi rendu compte que tout le monde se rappelle les choses différemment. C’est pourquoi au début du livre, je dis que c’est la vérité telle que je m’en rappelle.

Le livre parle aussi de violence, la violence des concerts d’un côté (N.D.L.R. : Einstürzende Neubauten, Jesus & Mary Chain), la violence des personnes avec les batailles entre les Teddy boys et les punks, mais aussi la violence des gangs, qui au final causeront la fermeture de l’ Haçienda. Penses-tu que la violence faisait partie des règles du jeu, qu’elle contribuait au fun ? Etait-ce un reflet de la violence de l’époque ?
C’est automatique/endémique/permanent avec la culture du divertissement et de la boisson et on voit cela partout à présent. Je le vois dans les concerts encore aujourd’hui, peut-être pas autant car il y a un meilleur niveau de contrôle, même chose avec les drogues. C’est une partie du jeu qui est dangereuse. Heureusement pour moi mes amis me surveillaient et je les en remercie infiniment.

En dehors des problèmes financiers catastrophiques, ressens-tu une certaine fierté quant à ce que vous avez accompli?
Oui, mais on est décrié autant qu’on est félicité. Mais je suis très fier. C’est valorisant que tant de personnes reconnaissent ce qui a été fait malgré tout.

As-tu ressenti de la nostalgie en écrivant ces pages?
Oui. Barney m’a toujours dit que c’était un de mes grands défauts mais pour moi, la nostalgie est un grand plaisir.

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