Paradise Lost – Interview bonus Obsküre Magazine #18

04 Jan 14 Paradise Lost – Interview bonus Obsküre Magazine #18

Paradise Lost n’entameront que cette année le travail sur le successeur de Tragic Idol, sorti en 2012 et dont le design avait été confié au Français Valnoir (Metastazis), petit chouchou de nos pages. Valnoir s’est recollé au travail pour Tragic Illusion 25, compilation portant aux nues une production « parallèle » des Britanniques, à savoir une collection de morceaux restés plus ou moins en marge de leurs parutions « classiques » : versions orchestrales, reprises, inédits, un ensemble de choses qui permettront aux fans n’ayant pas acquis tous les formats spéciaux (EP, etc.) de se faire une idée plus précise de la production majoritairement récente de ces hérauts gothic metal. L’occasion aussi de revenir, en compagnie des cofondateurs Gregor Mackintosh (guitares) et Nick Holmes (chant) sur l’état de l’art et l’envie. Voici rendus publics, par la grâce de www.obskuremag.net, les extraits restés inédits de notre entretien paru dans Obsküre Magazine #18 (novembre / décembre 2013).

Obsküre Magazine : Parmi les contenus présents sur Tragic Illusion 25 figurent certaines reprises. Or, d’autres groupes ont eux-mêmes repris Paradise Lost, je pense à l’instant aux Allemands Love Like Blood avec « True Belief ». Vous intéressez-vous a priori à ce que les autres font de vos morceaux ?
Gregor Mackintosh : Si d’autres prennent nos chansons pour les adapter à leur propre style et se les réapproprier, je trouve l’initiative heureuse par nature. Mais si c’est pour essayer de se rapprocher à l’identique, je ne vois pas trop le sens. Nous avons un morceau intitulé « Mercy », sur One Second et Orphaned Land, par exemple, a réalisé une version totalement originale de ce titre. Je la trouve assez fantastique. Nous sommes nous-mêmes dans cette idée de la réappropriation, à travers la reprise. Lorsque d’autres s’aventurent à nous reprendre, j’ai le sentiment que la créature ne nous appartient plus, ça devient autre chose, ça nous dépasse… comme s’il ne restait plus qu’une base mélodique. Et je trouve cette alchimie assez incroyable. À mon sens, toute bonne reprise implique manipulation.
Nick Holmes : Que les autres se penchent sur ce que nous avons fait et en offrent une variation, j’admets volontiers que ça a un côté flatteur. J’écoute en général ces choses mais honnêtement, je ne m’y attarde pas trop.

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De nouvelles versions de « Gothic » et « Our Saviour » sont présentes sur Tragic Illusion 25, réalisés par vus en compagnie de Simon Effemey. Or, ce dernier avait travaillé sur le marquant Draconian Times, un disque travaillé et perçu par la multitude comme définition du genre gothic metal. Quelque chose est-il engagé avec Simon pour le futur ?
Gregor : Non, nous le connaissions bien et c’est un type très bon dans ce qu’il fait. Rien n’est exclu, cependant, simplement aucune décision n’a été prise, à ce jour, concernant la production du nouvel album.

Qui a fait les voix féminines sur le remake de « Gothic » ?
La chanteuse de Tapping The Vein, Heather Thompson. Nous avons originellement découvert TTV via mp3.com et avons tourné avec eux plus Opeth aux Etats-Unis, vers 2003 (N.D.L.R. : plusieurs dates françaises ont aussi vu s’associer Paradise Lost et Tapping The Vein, à l’époque de Symbol of Life).

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Certaines chansons issues de Tragic Illusion 25 sont de potentiels hits : « Back on Disaster » ou « Silent in Heart ». Vous auriez presque pu travailler cette compilation comme un album en sortant des formats singles, non ? (rire)
Je vois ce que tu veux dire mais c’est difficile d’acter les choses de cette manière. En tout cas pour nous, ces morceaux sont dans le passé. Et puis j’aime l’idée que ces choses appartiennent à une discographie de l’ombre : les faces B, ce genre de choses… Elles ne peuvent « réexister » par elles-mêmes, à mon avis. Finalement les gens s’intéressent peu à ce genre de choses, ils préfèrent voir une nouvelle vidéo, ce genre de choses. Ça n’est pas mon cas, j’aime les formats petits, les singles, les EP… J’ai grandi avec.

Tragic Illusion 25 laisse transpirer l’essence mélodique du son de Paradise Lost, conférant une certaine efficacité à l’ensemble. Cela donne-t-il une indication sur la teneur du prochain véritable album ?
Pas vraiment. Il nous reste à réfléchir sur ce que nous devons faire mais il est difficile d’anticiper à ce sujet. Nous ne prendrons pas de décisions trop tôt. Nous avons simplement quelques idées mais nous n’en avons pas tiré de chansons à proprement parler.
Nick : Je connais bien évidemment tous les titres de la compilation, mais ni en elle ni en aucun de nos disques antérieurs, je ne peux trouver de référence pour le futur. En général d’ailleurs, passés quelques mois après la fabrication d’un de nos albums, je ne l’écoute plus. J’ai très vite soif de nouveauté. Je ne crois pas trop sain de fouiller dans ce qui est déjà fait pour construire la suite, il faut rester dans le mouvement.

Paradise Lost July 2009

Host, en son temps, a amené Paradise Lost à son rendu le plus synthétique de toute votre discographie mais reste un disque mal compris, mal accepté, sans doute aussi mal travaillé par le label de l’époque (N.D.L.R. : EMI). Concernant la place de l’électronique dans le son futur de Paradise Lost, existe-t-il aujourd’hui des plans ou des envies ?
Gregor : Je ne dirai jamais « jamais », mais je ne crois pas que nous soyons aujourd’hui dans un état d’esprit qui laisse s’émanciper l’électronique dans notre son. Nous vivons une période où nous nous retrouvons pleinement dans les aspects rock et metal de ce que nous faisons.

Cette relation renouvelée aux saturations, particulièrement depuis 2005-2007, a-t-elle été confortée par ton implication, Gregor, dans le side-project death metal Vallenfyre ?
Peut-être. D’une certaine manière, j’avais un peu perdu la foi dans ma manière de jouer de la guitare au début des années deux mille, et le premier titre qui m’a fait redécouvrir la force du jeu, c’est une chanson qui s’appelle « Over the Madness ». Elle est venue d’une improvisation. C’est ce qui m’a fait aimer rejouer de la guitare, et ça a perduré. Ça a eu un effet positif sur moi car j’ai alors réalisé que je pouvais continuer à exploiter l’instrument, à repousser les limites en sa compagnie, rechercher une extrémité. Tout ce qui peut rendre ton travail plus intéressant est par nature bon.

Quel futur pour Vallenfyre ?
Nous venons de terminer l’écriture du nouvel album et devrions l’enregistrer ce mois de janvier pour une sortie en avril. Ce sera quelque chose de plus poussé, plus extrême en toutes choses que le premier album : les parties doom seront plus « doom », les parties crust plus « crust », etc.

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> SORTIE : PARADISE LOST
Tragic Illusion 25 (The Rarities) (Century Media / EMI) (2013)
> WEB OFFICIEL
www.paradiselost.co.uk

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