Opera Multi Steel : paroles autour de la réédition d’Histoires de France

09 Nov 11 Opera Multi Steel : paroles autour de la réédition d’Histoires de France

Autour de la réédition d’Histoires de France.

ObsküreMag : L’aspect graphique a toujours eu une valeur primordiale dans l’univers d’Opera Multi Steel, pourquoi ce désir de faire un pastiche d’un vieux manuel scolaire relatant l’histoire médiévale pour Histoires de France?

Franck Lopez : Cet album était originellement destiné à notre public d’Outre Atlantique, d’où l’idée de leur narrer des Histoires de France. Le contexte du vieux manuel scolaire semblait idéal pour servir d’écrin à ces chansons. La nostalgie fut, là encore, le moteur de la réalisation graphique du packaging. Certains d’entre nous avaient  pu tenir en main lors de leur scolarité primaire l’un de ces ouvrages colorés, aux pages déjà jaunies, qui circulaient encore et qui surent, malgré- ou surtout grâce à- leur  aspect naïf nous amener à nous intéresser à l’Histoire. Cet album, dans son aspect graphique, nous permettait de « fossiliser »  une époque révolue où l’on prenait encore les enfants pour des enfants, où la réalité vagabondait encore aux frontières de l’imaginaire. Le règne du « sec » document d’époque s’est imposé ensuite dans les manuels et programmes scolaires de l’école primaire avec les conséquences que cette semi abstraction allait engendrer …

 Les citations, parfois incongrues, ont toujours été essentielles dans OMS, mais on sent que leur valeur est bien plus profonde que de simples clins d’œil. Elles sont souvent chargées de sens et opèrent une vraie transcendance/mutation des titres dans lesquels elles figurent (« Poursuis une ombre », « Regrets qui s’écaillent »). Ces citations sont-elles moteur d’imaginaire?

Les citations/bruitages utilisés avant, pendant et après les chansons d’Opéra Multi Steel résonnent d’abord pour nous de façon très personnelle. Ce sont parfois le moteur d’un titre, ce qui a suscité son élaboration. Ils  peuvent également venir en simple renfort de l’idée dégagée par le texte. Ils peuvent encore proposer une alternative plus terre à terre à l’hermétisme des textes de Patrick. « Poursuis une ombre » a été spécialement écrite pour être chantée sur les voix du motet médiéval d’Antoine Busnoys « In hydraulis » que nous écoutions souvent adolescents sur un vieux vinyle rayé à force de tourner les jours de pluie. La texte chanté par une voix féminine que l’on entend sur « Regrets qui s’écaillent » est l’expression  touchante et presque puérile d’une déception amoureuse qui fait écho aux paroles de notre chanson, l’éternité du propos n’étant plus à prouver. : « Ce mois de mai m’a disconfort, puisque ma belle m’a fait tort, et m’a changé pour aultre aimer. Elle m’avait promis sa foi, et que toujours elle m’aimerait » En vieux français dans le texte !!! Il se trouvait de plus  que la tonalité convenait tout à fait à celle du titre que nous avions composé. Heureux concours de circonstances !

 Pourquoi avoir choisi de faire figurer les démos originelles dans la présente édition? Trouvez-vous que certains titres fonctionnent mieux dans leur version épurée et minimale?

Alexandre Louis d’Infrastition souhaitait faire une réédition qui puisse apporter un plus pour ceux qui en feraient l’acquisition. L’idée d’y faire figurer l’intégralité des démos originelles des onze titres de l’album découle de cette volonté. D’une manière générale, les structures originelles des morceaux ont été quasi intégralement respectées sauf pour trois  titres  « Regrets qui s’écaillent », « Tant pis » et « Un Cri » qui ont été très profondément remaniés.

L’ensemble des autres chansons a bénéficié d’un reboostage général au niveau des rythmes et des arrangements qui ont bien sûr été complétés. Les versions originales ne disposaient que de deux à quatre pistes synchro !!!! Nous avons tenté de garder tout ce qui nous semblait bon sans vouloir bouleverser à tout prix. A part quelques exceptions, nous n’avons utilisé que les sons des instruments qui avaient servi à enregistrer les toutes premières versions. Un  seul vrai regret toutefois, ne pas avoir pu réenregistrer la cornemuse de « Quatre Ecclésiastes », remplacée en désespoir de cause par une ligne de Casio…

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