Onus – Interview Bonus Obsküre Magazine # 27

27 Jan 16 Onus – Interview Bonus Obsküre Magazine # 27

www.obskuremag.net publie les passages restés inédits de l’entretien publié dans Obsküre Magazine #27 (janvier > mars 2015) avec Peter Bjärgö d’Arcana et Nicolas Van Meirhaeghe aka Sal-Ocin d’Empusae. Leur projet très organique, Onus, distille une mélancolie aussi familière qu’exaltante et leur premier album, Proslambanomenos, peut sans peine être qualifié de chef-d’oeuvre. Interview croisée avec les deux protagonistes.

Obsküre Magazine : Peter, tu es un homme discret, ta personnalité est singulière, mystérieuse. Qu’est-ce qui t’a construit ? Quel était ton rapport à la musique étant plus jeune ?

Peter : Je ne me qualifierais pas comme étant mystérieux, mais plus comme quelqu’un de privé, de solitaire. En réalité, je n’ai jamais accepté d’être une « personne officielle » ou public. Je me sens toujours mal à l’aise sur scène, quand je suis au centre de l’attention. La musique a toujours été ma passion et j’ai toujours été curieux d’apprendre différents instruments ainsi que des techniques d’enregistrement.Quand j’avais dix ans, voire encore plus jeune, je savais que la musique m’accompagnerait toute ma vie. Je me souviens qu’enfant j’écoutais de la musique de film ou du classique… et je sentais que je voulais reproduire ces sons et cet esprit, mais à ma manière. Puis je me suis mis au hard rock à la fin des années 70, ce qui a eu une forte influence sur moi jusqu’en 1990, mais je sentais qu’il me manquait quelque chose dans le metal : peut-être l’expérimentation, les synthétiseurs et les séquenceurs.

Comment travaillez-vous concrètement pour Onus ? En vous envoyant des sons et des démos par Internet ?

Peter : Oui, pour cet album, nous nous sommes échangés des fichiers audio, ce qui demeure un processus très fluide, mais je pense que pour le prochain, nous allons nous voir plus souvent pour travailler.

Nicolas : Nous avons principalement créé les chansons à partir des premiers enregistrements de Peter. Il m’a envoyé les fichiers et je les ai retravaillés, bribe par bribe. Étant donné qu’ils provenaient de périodes différentes, j’ai également bossé pour les rendre homogènes, ce qui n’était pas vraiment le cas au départ.

Pouvez-vous m’apporter quelques précisions sur ce nom improbable d’album : Proslambanomenos ?

Dans la Grèce antique, ce terme a été utilisé pour renvoyer à la tonalité la plus basse dans le tétracorde, le nom de la corde la plus grave de tout le système, un ton au-dessous de l’hypate-hypaton. Les musiciens ont souvent utilisé une caisse claire ultra atténuée pour amplifier la résonance et une couche additionnelle aux accords. Nous avons choisi ce terme parce que la musique ressemble à un bourdonnement et nous paraît donc pesant. Ce lourd poids renvoie au terme « Onus ».

Peter, après de nombreuses écoutes, j’en arrive à ce constat : même si on décèle sur certaines séquences la touche de Nicolas, c’est principalement TES ambiances, TES sons, TA manière de les arranger qui domine l’espace sonore. Par exemple, « Of Two Minds », c’est tout de même du pur Peter Bjärgö ! Peut-on dire qu’Onus est un peu ton projet solo et que tu y as invité un artiste pour t’enrichir de sa vison et te donner un petit coup de main ?

Peter : Et bien non, Onus est loin d’être mon projet solo ! Personnellement, j’entends toutes les bonnes choses que Nico a injecté dans Onus, mais je comprends ce que tu veux dire. Beaucoup de ces chansons furent composées pour la suite de mon deuxième album solo, une sorte de Melancholy II. Pour le prochain album, nous travaillerons ensemble pendant tous le processus, ce qui va probablement changer le son global d’Onus. Pour autant, sache que je n’ai toujours pas abandonné l’idée d’un Melancholy II.

Je ne peux te laisser partir sans te poser une ou deux questions sur tes autres projets… Arcana, tout d’abord : un album est-il prévu ? En as-tu commencé l’écriture ?

J’ai commencé à travailler depuis quelque temps avec Ida Bengtsson. Nous avons déjà énormément de chansons, et peut-être des concerts à venir. Nous travaillons selon notre propre rythme, afin de ne pas être pris dans un sentiment où nous devons le faire : nous le faisons parce que nous le voulons. Mais vu la tournure des choses en ce moment, il y aura certainement un nouvel Arcana cette année.

Sophia enfin : j’ai vu le visuel du dernier album et… ça laisse augurer du meilleur ! J’ai tellement hâte ! 

J’ai composé durant des années et des années des chansons pour un nouveau Sophia, mais au milieu de l’année 2015, quelque chose s’est produit : j’ai commencé à choisir quels titres allaient apparaître dans l’album. J’ai donc invité ma femme Ia, Stefan et Per, qui étaient tous présents dans les premières productions de Sophia, pour travailler avec moi. Puis tout à coup, un nouvel album est sorti (rires).

Nicolas, tu sembles aimer collaborer avec d’autres artistes. Je pense notamment à Shinkiro, un album que j’ai vraiment adoré. Pourquoi choisis-tu de collaborer, alors que tu maîtrises parfaitement  le sujet seul ? En termes d’enrichissement personnel ou de perspectives artistiques, qu’est-ce que cela t’apporte ?

Nicolas : J’ai composé environ sept albums sous Empusae seulement, mais à part ça, j’ai composé de la musique pour d’autres projets dans le même temps, notamment Tzolk’in, un projet en collaboration avec Gwenn Trémorin de Flint Glass. Quand j’aime vraiment un artiste et son œuvre, j’ai souvent cette pulsion de le contacter pour proposer de faire quelque chose ensemble. C’est ce que j’ai fait avec Manabu de Shinkiro, Marc de Dirge et Nick Grey. C’est totalement instructif de composer avec des artistes que j’adore. Cela ouvre de nouvelles perspectives sur la création. Dans ces cas-là, c’est toujours 1+1=3 (rires).

Quelle est l’actualité liée à Empusae ?

N’étant pas certain de la direction voulue pour Empusae, je le mets en veille pendant un moment. Les dernières choses que j’ai faites sont de créer des bandes originales pour des courts-métrages, des publicités, des vidéos promotionnelles etc…. en ce moment, je me concentre plus sur Onus, Tzolk’in et Ordo Rosarius Equilibrio dont j’ai participé à leurs deux derniers albums. Je suis proche également de Lamia Vox, Nick Grey, Matt Howden de Sieben, BARST, Treha Sectori et bien plus encore. Tous ces projets ne me font pas oublier à quel point j’aime jouer en live avec ISN, ORE, Ah Cama-Sotz, Empusae, Barst, Tzolk’in et Triarii.

 

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