Ommatidia

25 Mar 11 Ommatidia

Ommatidia, l’un des héritiers de feu The Old Dead Tree, a choisi d’allier la simplicité des moyens à la sophistication structurelle et mélodique : son premier album In this Life, or the next, dark metal efficace et mélancolique autant que personnel dans les formes et la technique, porte en lui le germe de ce qui, on l’espère, deviendra une aventure musicale aussi probante que le fut celle de The Old Dead Tree. Nicolas, Vincent et Guillaume répondent à Obsküre dans ce complément à l’interview parue dans le troisième numéro du magazine.

Obsküre Mag : L’artwork, étrange et beau, intrigue immédiatement. Participe-t-il d’une histoire, d’un concept qui traverse l’album ?

Guillaume : Oui, il y a un thème, un concept, présent tout au long de l’album. Toutefois, nous aimons laisser planer une part de mystère à ce sujet et laisser chacun s’imaginer son histoire. Ce que nous pouvons juste dire, c’est qu’une petite partie du visuel permet de réinterpréter qui est vraiment ce personnage et son rôle. Nous tenons, à ce propos, à remercier très sincèrement Hicham du Strychneen Studio qui a su parfaitement rentrer dans notre univers et travailler avec nous pour mettre au point cette identité forte. La qualité de son travail nous a définitivement convaincus.

Vincent : Je vais tenter d’aller un peu plus loin que ce que vient de dire Guillaume en m’appuyant notamment sur ce qu’il a souhaité exprimer au travers de ses textes. L’idée globale du titre de l’album évoque une éventuelle seconde chance dans une seconde vie hypothétique, une chance de rattraper ses erreurs, d’échapper aux leurres, bref, de faire peut-être de meilleurs choix ou d’autres, afin de voir ce qui pourrait en résulter…De tout cela découlent donc un certain nombre de thèmes dans l’album qui, en ce sens, est légèrement conceptuel avec des idées comme : « … et si je libérais le mal qui est en moi, si je succombais à la tentation ? », « dois-je agir comme tout le monde ou dois-je faire mes propres choix au risque de troubler la perception des autres ? », « les choses sont-elles toujours réellement ce qu’elles paraissent ? »… Plus largement sur la signification du nom du groupe, OMMATIDIA définit l’une des composantes du système de vision très complexe de certains insectes et autres invertébrés…

Pour donner une idée de votre expression musicale, Season of Mist parle, entre autres, de Katatonia, My Dying Bride et Paradise Lost. Dans quelle mesure vous sentez-vous proche d’eux, et inversement, de quelle manière pensez-vous vous en détacher ?

Nicolas : Soyons clairs et honnêtes, ces groupes font effectivement partie de ceux qui ont accompagné depuis de nombreuses années notre parcours musical et dire le contraire serait mentir. Cependant ils sont loin d’être les seuls et les influences de chacun d’entre nous vont bien au-delà des frontières du metal pour finir par brasser un large éventail de sonorités. A titre personnel, j’ai toujours été un grand fan des Beatles et du rock des années 60/70. J’aime beaucoup la sonorité presque indémodable de la musique de cette période. Notre batteur, Olivier, est un grand admirateur de formations comme Gojira, Slayer et Meshuggah tandis que Gilles est un inconditionnel du genre heavy-rock. Maintenant, Ommatidia essaie d’intégrer, de synthétiser, et quelque part de digérer, l’ensemble de ces influences pour proposer une musique variée et riche tout en restant relativement directe. In this life or the next propose différentes facettes d’un metal mélodique dont la variété participe également à l’unité de cet album.

Guillaume : Forcément, les groupes que tu cites ont tous des univers qui nous touchent de par la mélancolie émanant de leurs compositions respectives. Maintenant, en ce qui me concerne, j’ai beaucoup d’influences de la scène des années 90 et c’est un aspect que je souhaite développer dans le futur. Je pense que la noirceur et la décadence d’un groupe comme Alice in Chains illustre parfaitement la sincérité d’un propos musical dont je me sens proche.

Comment voyez-vous le futur avec Ommatidia ? Vincent, Nicolas, avez-vous l’ambition de retrouver la notoriété qu’avait The Old Dead Tree, ou recherchez-vous simplement le plaisir de composer et interpréter de nouveaux morceaux ?

Nicolas : Lorsque nous avons décidé de monter ce nouveau projet, l’idée était avant tout de se faire plaisir car la musique doit avant tout rester un plaisir. Mais tout comme nous le faisions lorsque nous jouions avec The Old Dead Tree, notre désir de faire les choses de manière très sérieuse et professionnelle ne nous a jamais quittés et la même attitude nous accompagne aujourd’hui. Nous voulons donner à ce nouveau projet toutes ses chances et nous le défendrons aussi en live car cet aspect nous intéresse tout autant que le studio. Maintenant, si ce projet retrouve la notoriété qu’avait The Old Dead Tree, nous ne pourrons évidemment que nous en féliciter.

Vincent : Nous nous sommes jusqu’à maintenant concentrés sur la réalisation de ce premier album guidés par la recherche du plaisir comme principal fil conducteur. Avec notre label Season Of Mist qui va nous permettre de bénéficier d’une diffusion au niveau international, l’heure est maintenant au travail de promotion ! Des projets sont en cours notamment au niveau live et ceci devrait être annoncé après la sortie de In this life, or the next. N’hésitez pas à venir nous rejoindre sur nos interfaces web (http://www.ommatidia.net / http://www.myspace.com/ommatidiaband) pour plus d’informations.

Que pensez-vous de l’état de la scène metal, notamment en termes de créativité et de renouvellement ? À ce propos, vous intéressez-vous à son actualité ?

Guillaume : La scène actuelle m’intéresse énormément, j’arrive toujours à trouver des disques qui me touchent. La créativité me semble plus que jamais présente dans la sphère de la musique metal.

Nicolas : Il est vrai que la qualité des productions est en constante augmentation, et d’ailleurs il est bon de souligner que la scène Française n’est pas en reste. Certains groupes, Gojira en tête, permettent aux productions Françaises de franchir plus facilement les frontières et cette tendance doit se confirmer car nous avons de nombreux groupes talentueux. Mais il faut reconnaître qu’il est aussi plus difficile à de nouvelles formations de se faire un nom et de prendre place sur la scène actuelle. Cette dernière a tendance depuis quelques années à se reposer un peu sur ses valeurs sûres, toujours efficaces, mais cette généralité est aussi un peu regrettable.

Vincent : Certaines formations innovent en s’affranchissant des frontières classiques entre différents styles, explorant même des territoires nouveaux… Souhaitons maintenant que le monde de la musique, dont le nouveau modèle reste à définir, puisse permettre à ces nouveaux venus de disposer des mêmes chances que leurs aînés afin de pouvoir émerger…

OMMATIDIA – In this Life, or the next

(Season Of Mist – 2011)

 

 

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