Olivier Depardon – Interview bonus

16 Avr 15 Olivier Depardon – Interview bonus

Olivier Depardon, on aime depuis de longues années, depuis un premier album de rock noisy aux textes poétiques. Depuis, Depardon a grandi, a su étoffer ses pratiques, sans jamais renier les labels indépendants, sans jamais se passer de sa guitare et de l’envie, du besoin de sonner et de partager. Ce nouvel album en solo est aussi une aventure collective, comme l’idée d’un groupe qui refait surface sans se l’avouer vraiment.

Sylvaïn Nicolino : Pourquoi un inventaire aujourd’hui ? Est-ce à prendre au pied de la lettre (des changements dans ta vie) ou est-ce la sonorité du mot, sa poésie, qui t’ont guidé ?
Olivier Depardon : C’est un texte qui date déjà de quelques années, mais là il me résonnait autrement.
Et oui c’est aussi lié à des changements, des transformations dans ma vie.
C’est comme l’impression de regarder ce qu’il y a autour de soi, de faire une sorte d’inventaire, de trier les affaires, de prendre conscience de ce qui est ou a été. J’aime bien l’idée de commencer le disque comme ça et puis après de rentrer dans différents sentiments, ressentis ou histoires.

Le travail est désormais plus âpre que chaleureux, partages-tu ces adjectifs ?
La matière est plus brute, plus âpre, il y a moins de strates de guitares comme dans le premier disque, moins d’enchevêtrements. Et il y a peut être plus de contrastes entre les chansons j’ai l’impression tout en gardant une unité sonore.
Le côté chaleureux je le retrouve dans le son et dans certaines chansons.

Je constate ce même jeu avec le titre « De la Poussière », à la fois terriblement bluesy cradingue (Bo de Dead Man par Neil Young ?) et humoristique (chute de studio)…
C’est comme un flash, un petit bout de souvenir, qui passe… et oui ça m’évoque aussi cette ambiance particulière à Neil Young sur la bande originale du film Dead Man. Des grands espaces. Quelque chose de fort, d’ancré dans le sol.

Les médias qui avaient parlé de Virago lors de la BO de Baise-moi ou pour Introvertu te suivent-ils encore ? Je m’étonne de ne pas t’entendre sur les antennes de Radio France, malgré le chant en français et la haute qualité de ta musique. On en avait parlé il y a presque quinze ans, suis-tu aujourd’hui cet aspect de la promotion ou est-ce que de tels retours t’importent peu ?
Oui il y en a qui suivent, sûrement pas tous. Après c’est tellement devenu une jungle tous ces médias et il y a tellement de choses qui sortent tout le temps ! Je suis un peu tout ça et je vois bien que c’est compliqué de rentrer en rotation sur une radio comme France Inter. On y a joué un titre « de bonne heure » pour le premier album à l’émission entre midi et quatorze heures de l’époque, mais c’est pas pour ça que tu rentres dans la programmation ; leurs critères sont bien serrés !

Avec « Laisse agir », tu plonges dans des saturations bien lourdes. On retrouve aussi une basse bien profonde sur « Les Synapses ovales ». Y a-t-il des groupes dont les concerts t’ont marqué dans ce registre tellurique ?
Oh oui !
J’ai toujours aimé ça et ça continue en évoluant avec l’âge. J’aime les trucs lourds et forts ! Je me rappellerais toujours le concert de Unsane au PezNer à côté de Lyon [NDLR : c’était le 9 mars 1998, Le PezNer était une salle mythique de Villeurbanne, à la programmation électique et noise, fermée en 2002]. Avec Jean-Marc à l’époque on s’était pris une espèce de claque, ça nous avait un peu traumatisés ! En plus, il y avait Hint juste avant et j’étais trop content de les voir !

Sur « Sans un bruit », c’est bien toi qui chantonnes lors du break ? J’aime bien quand tu apportes des variations de ce genre.
Oui. J’aime bien aussi varier les registres, me décoincer un peu aussi ! De chanter un peu plus, d’être un peu moins que dans le parler. Récemment avec un ami, Xavier Machault, on a repris « Confidentiel » de Serge Gainsbourg en l’adaptant à notre sauce, et ça m’a fait explorer justement d’autres univers. Chanter des chansons et s’approprier les textes, c’était très intéressant et agréable !

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