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24 Jan 11 Object

En complément de l’entrevue de la formation française noise-post-punk parue dans Obsküre Magazine #2, www.obskuremag.net publie ces extraits inédits de l’entretien donné à Emmanuël Hennequin par Stéphane Pigneul, leader d’Object et par ailleurs membre d’Ulan Bator, à l’occasion de la sortie du nouvel album studio On the Edge of the Void (Str8line Records). Ce nouvel opus implique un nouveau line-up et s’engage dans une démarche plus noise que le précédent et marquant A Place to hide, ancré plus volontiers dans le post-punk.

Resserrer le line-up t’a-t-il donné le sentiment de gagner en contrôle, Stéphane ?

Non, pas vraiment, ce genre de handicap est difficile à effacer. Sans aller jusqu’à parler de « control freak », les idées sonores et l’ambiance des morceaux me sont toujours apparues très vite, et j’ai toujours été incapable de laisser filer ces sensations sans les orienter au sein du line-up précédent. Cette fois, à part les batteries, j’étais seul aux commandes, un sacré challenge qui m’a donné de bonnes sueurs froides… mais m’a réellement excité ! Tu n’as rien et tu dois absolument faire un morceau à partir de ça. Resserrer le cadre, ordonner les formes dans des carrés définis te pousse à imaginer d’autres libertés. C’est très porteur et jouissif.

« The same You in another When » expose au plus fort (à mon avis) le potentiel climatique d’Object. Le bruit n’est donc pas exclusif d’une cinématographie, chez vous. La bande originale de films, un rêve caché d’Object ?
Pourquoi pas ?… En tout cas, ce n’est pas le but recherché. Nous n’avions vraiment aucune idée de la manière dont ça allait sonner même si, par exemple, ce morceau figurait dans les rares démos que j’avais à la maison. Je pense qu’il y a un peu de Coriolis dans ce morceau, avec le son d’Object. Pas mal d’amis me posent souvent la question alors… oui, pourquoi pas !

Sur les morceaux chantés du nouvel album, le mix est presque « à l’américaine » : la voix s’incorpore à un ensemble plus qu’elle n’en ressort, et les effets qui s’y greffent lui confèrent un rôle d’instrument parmi d’autres. Etait-ce voulu ou non pour ce disque ?
Oui absolument. Cali, l’ingénieur du son, a très vite compris comment je voyais les choses. Même s’il flippait pas mal sur ce type de processus d’enregistrement en roue libre, total free ! Je voulais vraiment éviter le côté un peu pompeux du premier disque, la voix très chantée. Là j’ai juste hurlé dans un micro tout pérave, et c’était exactement ce qu’il fallait ! Il n’y a rien de pire qu’un disque où tu te dis, la musique est vraiment bien mais la voix est vraiment trop forte, ça te gâche ton plaisir brut. Et Après, si tu aimes vraiment le disque tu te mets à vouloir comprendre les paroles et là, d’un coup, ton rapport à l’album change. Il devient plus intime, il est à toi. Ça reste et te marque. C’est ce que j’ai expérimenté sur mes disques préférés. Ce serait chouette d’avoir réussi à faire la même chose ici !

Qu’est-ce qui fait l’essence de ta collaboration actuelle avec Amaury Cambuzat dans Ulan Bator ?

Nous n’avons que quelques années d’écart. Forcément, on a les mêmes délires, la même culture. On passe notre vie en tournée à exhumer des noms de groupes obscurs et inconnus pour la plupart des gens, c’est hyper drôle ! Amaury est un grand musicien, très instinctif, il se lâche très vite sur scène et s’accommode de tout problèmes technique ou matériel quand il joue. Il est incroyable et surtout, hyper fun. Je le respecte énormément.

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