Novembre – Interview bonus Obsküre #24

02 Avr 15 Novembre – Interview bonus Obsküre #24

Mis en valeur par la playlist d’Obsküre (désormais trimestrielle, comme le magazine), le binôme Novembre captive.
Structuré autour des personnes d’Olivier Lacroix et Jérémie Noël, cet ovni musical français – pour l’heure autoproduit – est certes parti de l’intérieur du projet sludge/post-metal Erlen Meyer (Olivier lui appartient toujours, Jérémie plus), mais ne se rapporte pas directement à sa musicalité. Il n’est pas davantage une alternative à Erlen Meyer, s’inscrivant en parallèle et dans d’autres envies. Bien sûr, certaines tensions dramatiques et esthétiques demeurent (les hommes font la musique) dans ce son nimbé de guitares et d’effets troubles. Novembre, il est vrai, opère en mode binaire et dans la construction d’ambiances poétiques, épiques et mystérieuses. A Erlen Meyer la puissance des épaisseurs sludge, à Novembre les marécages du cœur. Le verbe habité de Lacroix, posé façon slam/spoken word, accentue ici une pression dramatique qui fluctue dans un décorum musical jouxtant mélodicité et expérimentation. Hip hop, trip hop et post-rock en cousinade. Un univers à part entière.

www.obskuremag.net publie aujourd’hui les extraits restés inédits du début d’entretien avec Novembre paru dans Obsküre Magazine #24 (avril > juin 2015, en kiosques).

[Photos extérieur : Nlcolas Monpion
Autres : Renaud K.]

Obsküre Magazine : Le travail sur la fabrication des mots et de la musique a-t-il correspondu à deux processus séparés où êtes-vous restés dans une dimension collaborative/empirique, impliquant un partage permanent des tâches sur à peu près tout ?
Olivier Lacroix :
Dans Novembre, le processus de composition est très simple. Jérémie s’occupe de toutes les instrus et moi des textes. Évidemment certaines mises en place, structures ou arrangements sont faits à deux mais, en règle générale, cela se passe comme ça. Pour ce qui est du son et de la production de l’album, nous avons travaillé sur ce disque avec deux amis qui ont fait un travail remarquable : Florent Falconnier, à qui nous avons confié le mixage et qui a également fait des arrangements, et Fréderic Motte du Conkrete Studio. Nous sommes très satisfaits du rendu et de cette collaboration, qui s’est déroulée à merveille.

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Le projet a en commun avec Erlen Meyer une place donnée au texte et s’en diffère par une recherche plus aérée de climat, largement moins guidée par une tendance au mur de son. Dès le démarrage du projet, l’orientation vous est-elle apparue claire ou aviez-vous tendance à reproduire des processus ou des tendances que vous connaissiez déjà au sein d’Erlen Meyer ?
L’orientation a été très claire dès le départ. Novembre et Erlen Meyer sont deux projets bien différents. Effectivement les deux projets ont comme lien commun le texte, qui prend une place importante, et peut être aussi certaines sonorités dark ; mais nous n’avons pas cherché à reproduire le processus de compos ou celui des sons « Erlen » qui lui sont très… personnels. Aussi, Jérémie comme moi avons toujours écrit en parallèle à Erlen Meyer. Lui pour son projet solo (N.D.L.R. : Le Pendu), moi pour assouvir ma « frustration » d’être « bridé » dans l’écriture de ce format très particulier que demande le concept d’Erlen Meyer (N.D.L.R. : recueil de nouvelles / chanson) . La liberté qu’offre un format tel que Novembre au niveau du texte est un complément parfait de mes projets annexes.

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Novembre se cantonnera-t-il au studio ou envisagez-vous la performance live ?
Jusque-là nous nous sommes consacrés à l’écriture et à la production de cet album sans trop nous poser de questions sur la suite. Nous avons tout de même plein de projets en tête, mais pour le moment nous allons déjà voir comment ce premier album sera reçu par l’auditeur avant d’affiner nos futurs objectifs. La performance live n’étant pas du tout exclue de ces derniers.

Erlen Meyer a-t-il vocation à se redévelopper à court terme ?
À court terme je ne sais pas, car la vitesse n’est pas du tout dans le processus de composition d’Erlen Meyer. Le groupe crée lentement et a toujours accouché de ses compos dans la douleur et avec beaucoup de travail. Jusque-là, cette recette fonctionne parfaitement bien. Un album tous les cinq ans ne nous pose absolument aucun problème. À ce jour, le groupe est justement en train de travailler dur sur son deuxième album. Des pré-productions sont déjà en boîte et nous sommes très satisfaits de ce qui va suivre. Quoi qu’il arrive, l’histoire et les liens de ce groupe font qu’il ne mourra jamais.

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