Naïve – Foküs bonus Obsküre Magazine #13

12 Jan 13 Naïve – Foküs bonus Obsküre Magazine #13

En complément du Foküs paru dans Obskure Magazine #13 (janvier / février 2013, en kiosques à partir du 9 janvier), nous vous dévoilons de manière plus étendue Naïve ! Voici les extraits de notre entretien restés inédits.

Obskure Magazine : Pouvez-vous ne retracer brièvement le parcours de Naïve, la rencontre des membres et la symbiose qui a du s’opérer pour délivrer une musique atmosphérique pleine d’émotions ?
Jouche : Le groupe existe depuis maintenant bien longtemps. Nous avons commencé Mox (batteur) et moi (Jouch, guitare et chant) à nous enfermer dans une pièce pour faire du bruit il y a plus de 10 ans… Le but à l’époque était de trouver une symbiose entre du rock, du metal, et de l’électro, pour simplement poser les bases de ce que serait Naïve. Après plusieurs années à expérimenter à deux, nous nous sommes sentis prêts et nous sommes mis en quête d’un bassiste, que nous avons trouvé en la personne de Rico, arrivé dans Naïve il y a maintenant environ 7 ans. Le travail ensuite s’est concentré sur la rencontre, l’humain, l’entente, avant de revenir à trois sur le son, les influences, la digestion de celles ci, les répétitions et tout simplement la consolidation du style Naïve.

Plutôt que de laisser la presse vous coller une etiquette, comment définiriez-vous NaÏve ? Par son intention propre, la vision qui vous porte ?
Naïve est à nos yeux bien plus qu’un groupe. Il nous arrive parfois de dire au sein du groupe que nous jouons du Naïve, nous mangeons Naïve, nous respirons Naïve… Et au final ça n’est pas une image, c’est réel. Nous voyons le groupe comme un ensemble de sons, de mots, de sentiments, de souvenirs et de projets. La mélancolie est un point de départ majeur de notre style et notre histoire. De ce fait tout ce qui peut amener à se remémorer des souvenirs, une certaine nostalgie, une contemplation et une introspection peut rentrer dans la définition de ce que nous essayons humblement de faire tous les jours. D’un point de vue personnel, Naïve est pour moi un exutoire et un moyen de me faire du bien en exprimant des choses négatives et souvent tristes, je l’avoue. Mais pour moi la musique ne peut pas exister totalement sans mélodies mineures et sans mélancolie.

L’émotion se positionne comme un élément essentiel dans vos compositions, au-delà même des instruments utilisés. Comment se déroule votre processus de création ? Qu’est-ce qui vous guide ?
En termes de musique, je dirais purement l’instinct. Nous bossons chacun de son côté au niveau de séquences ou de sons électros, de riffs ou d’idée de structures. Que l’on ramène ensuite lors de longues soirées de travail en home studio pour y apporter de nouveaux arrangements, agrémenter les structures. Tout ce travail en amont ne mène qu’assez tard au travail « traditionnel » en répétition. On se pose souvent ensemble pour écouter des disques qui nous touchent, de préférence très fort. En ressortent parfois de nouvelles inspirations. Et enfin lors de répétitions il nous arrive fréquemment d’improviser, très longuement et de manière très cyclique, en faisant tourner une ou deux idées, à l’excès, jusqu’à ce que s’en dégage LE plan que l’on gardera. En termes de textes, c’est moi qui m’en occupe, et j’avoue qu’il n’y a pas de processus infaillible chez moi. Il m’arrive d’écrire 12 textes en deux jours, comme un texte en 3 ans. Je n’aime pas forcer le truc et je respecte le « hasard ». Parfois une phrase vient en conduisant, en s’endormant… Et cette simple phrase devient une clé qui ouvre la voie à tout le reste d’un texte. Je ne me pense pas capable d’écriture automatique pour autant, mais ça s’en rapproche parfois. il m’arrive d’écrire le texte après la musique, mais l’inverse se vérifie aussi. Quoi qu’il en soit, à chaque fois, le thème ressort d’un vécu, de souvenirs, de douleurs ou d’élucubrations très personnelles. Le terme est galvaudé mais je crois pouvoir dire que je me sens à l’aise dans un certain romantisme, même si il est sacrément sous jacent…

Comment appréhendez-vous le live pour une formation initiale en trio avec des orchestrations électroniques parfois complexes ?
Nous avons toujours aimé l’idée d’être ce que l’on appelle communément un « power trio ». Pour nous, une basse une guitare et une batterie suffisent à exprimer ce que l’on a à exprimer. La partie électro de Naïve joue le rôle de quatrième membre et est tout aussi importante que le reste des instruments. Comme tu peux t’en douter en revanche, cela implique énormément de préparation, que ce soit en répétition ou en concert, beaucoup de matériel, et autant de difficultés techniques selon les lieux ou l’on joue. Lors de nos séances de travail nous testons et choisissons ce qui sera posé sur séquence, rejoué en live ou tout simplement modifié ou supprimé. Il peut être parfois frustrant de jouer « dans une séquence » pour la raison simple que l’on pourrait avoir envie de s’envoler un peu, d’improviser ou de laisser la place à l’imprévu. Mais l’imprévu est toujours là, et à nos yeux le feeling ne s’en trouve pas entaché. Nous estimons que ce système nous assure aussi une efficacité, une régularité et une assise très efficaces. La durée de nos morceaux compense aussi ce petit manque de liberté par de longues plages d’expression que l’on n’aurait pas dans des morceaux de 3 minutes.
SITES OFFICIELS :

Illuminatis (dispo : http://wearenaive.bigcartel.com)

facebook.com/wearenaive

thecryingcommunity.com

 

Be Sociable, Share!

Nikö Pingnelain

Co-Fondateur Obskure.com et ObskureMag Webmaster