Moonspell – Interview (bonüs Obsküre Magazine #9)

18 Mai 12 Moonspell – Interview (bonüs Obsküre Magazine #9)

On aime Moonspell, et Moonspell nous le rend bien. Ces deux nouveaux albums sont aussi différents que réussis, et il aurait été dommage de ne pas partager avec vous notre plaisir d’avoir interrogé Pedro Paixão sur cette nouvelle ère thrash & goth. Voici donc quelques éléments pour compléter l’interview publiée dans Obsküre Magazine #9 (mai/juin 2012, en kiosques depuis le 11 mai), et pour constater à quel point Moonspell aime ses adeptes hexagonaux !

Quand vous avez décidé d’enregistrer un album « goth », Omega White, était-ce, d’un côté, parce que votre période Darkness and Hope vous manquait ? « White Skies », le premier extrait d’Omega, aurait tout à fait pu faire partie de cet album, pas vrai ?
Pedro Paixão : Tout à fait. Et si on élargit aux autres morceaux, certains trouveraient bonne place sur Sin/Pecado également. Tout ça, c’est bien Moonspell, et Omega White nage dans ces eaux romantiques dans lesquelles nous avons souvent plongé. Nous avons toujours écrit des chansons de ce genre, pour chaque album, même sur ceux que l’on considère comme « heavy » ; sur Memorial, il y a « Luna », sur Night Eternal, « Scorpion Flower ». Donc, je ne dirais pas que cela nous manquait. Il me semble que si toutes ces chansons avaient été écrites en même temps, elles auraient pu constituer un excellent album de genre.

J’ai dit à plusieurs reprises qu’Alpha Noir était un album sombre et enragé. Pourtant, il y a en lui quelque chose de triste et mélancolique, sur « Opera Carne » par exemple, et parfois il se montre impérial et sophistiqué, comme sur « Sine Missione » ou « Alpha Noir » : comment avez-vous fait pour mettre un si grand nombre d’émotions dans un album aussi homogène ?
C’était justement notre défi, je suis donc ravi que tu aies ressenti ça. La cohérence était la cible à atteindre, comme si les chansons étaient les chapitres d’un même livre, comme s’il y avait juste deux couleurs pour différents tableaux. Nous sommes des gens émotifs, dans le sens honorable – et sudiste – du terme ; l’habileté pour nous n’est pas dans la variété, mais dans la canalisation de cette variété. Travailler sur deux albums nous a aidés, et nous a appris à clarifier notre écriture, nos émotions et nos pensées.

Alpha Noir est probablement l’album le plus heavy de votre carrière. De quelle manière avez-vous travaillé pour l’écrire et l’enregistrer ? Que vouliez-vous dire, à travers lui ?
Je ne sais pas s’il s’agit de notre album le plus heavy, mais c’est certainement le plus concis. Comme je le disais tout à l’heure, c’est un album « affirmatif », réactif, parce qu’il proclame la suprématie de l’individu, en opposition à la tendance actuelle à considérer les gens comme des masses.  Nous voulions prêter notre voix à cette idée, et nous l’avons exprimée depuis le fond de nos cœurs. C’est la raison principale qui fait que nous avons opté pour des arrangements plus simples, moins présents. L’intensité du propos vient de chaque instrument, d’où, bien sûr, ce rendu lourd et agressif. Comme la plupart du temps, Ricardo et moi avons travaillé ensemble sur nos idées, puis nous avons mis en commun avec le reste du groupe dès que cela a été possible ; dès lors nous avons pu définir précisément la direction que nous désirions prendre. C’est à ce moment-là que nous avons pu commencer à élaborer le concept. Une fois que nous l’avons tenu nous avons pu écrire davantage de musique et mettre en place l’atmosphère d’Alpha Noir – on aime bien la qualifier de gothic thrash ! On a ensuite profité de deux sessions avec un producteur pour peaufiner ce que nous étions en train de construire, et Mike a pu alors venir au Danemark pour enregistrer ses parties de batterie avec Tue Madsen (au studio AntFarm, avec piscine intérieure s’il vous plaît !). Après quoi Tue est venu à notre propre studio pour programmer le son. Ensuite nous avons enregistré par nous-mêmes, pendant l’été 2011. Le mixage, lui, a été fait au studio AntFarm, en novembre.

Viendrez-vous en France pour votre prochaine tournée ?
Comment s’en passer ? J’adore jouer dans votre pays ! C’est un lieu merveilleux, avec des fans merveilleux, et nous avons souvent de superbes occasions d’y donner des concerts. Nous sommes toujours bien accueillis et cherchons donc toujours à y revenir. Je suis certain que nous viendrons à l’hiver prochain… peut-être aussi cet été, rien n’est encore définitif.

Avez-vous d’autres projets à côté de Moonspell? Par exemple, Fernando va-t-il bientôt publier un autre livre ?
Fernando est un artiste très occupé. Il ne se contente pas d’écrire de la poésie, des romans et des chroniques ; il participe également aux projets d’autres artistes, outre toute la promotion qu’il réalise. Mais récemment, Moonspell nous a mobilisés exclusivement. Moonspell est notre vie, lui donne un sens. On ne fait pas dans la demi-mesure.

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