Mono – Interview bonus Obsküre Magazine #11

08 Sep 12 Mono – Interview bonus Obsküre Magazine #11

En complément de l’entrevue parue dans dans Obsküre Magazine #11, www.obskuremag.net publie ces extraits inédits de notre entretien avec Takaakira « Taka » Goto, guitariste et compositeur des Japonnais de Mono. Il revient pour nous sur les tenants et les aboutissants de For my Parents, un septième album haut en couleurs, symphonique et profondément humain.

Obsküre Magazine : Tout est allé très vite pour vous depuis Under the Pipal Tree. Quel est votre bilan de cette décennie passée ? Les plus beaux souvenirs, les plus grosses déceptions liées au groupe ?
Takaakira : Quand nous avons débuté l’expérience Mono, faire des tournées internationales et gagner notre vie grâce à la musique n’étaient qu’un rêve. Nous sommes très reconnaissants envers les gens qui nous ont aidés à rendre possible ce rêve, à grandir durant ces années ; toutes ces opportunités offertes ont été pour nous une véritable chance. Finalement, tous ces souvenirs nous ont été bénéfiques et ont leur importance dans le développement de Mono, mais je dirais que les premiers rapports avec l’orchestre à New York et Londres ont été des expériences inoubliables. Quant au pire moment, il s’est produit lors de nos premières représentations à New York : cinq personnes seulement étaient venues nous voir jouer ce soir-là… ce qui constitue un début relativement décevant !

Vous vous produisez live de manière incessante et aux quatre coins du monde. Quelles sont les émotions ressenties lorsque vous êtes sur la route, en tournée ?
Nos rythmes de tournées sont réellement épuisants, mais dès que nous jouons sur scène, nos fans nous font oublier cette fatigue. Nous aimons être en harmonie avec le public. En concert, il règne un échange d’énergies que je n’arrive même pas à décrire, et c’est précisément ce fluide qui nous permet de continuer.

Avez-vous un seul regret concernant les compositions de votre dernier album ? Quels objectifs souhaitiez-vous atteindre pour ce dernier opus ?
Comme tout auteur ou artiste, nous ne sommes jamais entièrement satisfaits, sinon il n’y aurait aucune raison de continuer à faire de la musique. Ainsi, pour ce nouvel album, nous voulions toujours atteindre quelque chose d’universel. J’espère que nous avons été capables de créer ces mélodies permettant d’atteindre le divin, une musique vivante et porteuse d’espoirs pendant les périodes d’obscurité.

Comment s’est déroulée la période studio en compagnie du Wordless Music Orchestra ?  Avez-vous rencontré des difficultés particulières pendant l’enregistrement ?
Après avoir composé les arrangements du groupe et ceux de l’orchestre, nous avons envoyé nos partitions au chef d’orchestre Jeffrey Milarsky. Nous étions confiants car la même équipe de musiciens avait participé à l’album live Holy Ground. Toutes ces merveilleuses personnes comprennent l’énergie de notre musique et cette fois, disons que nous étions un peu plus à l’aise et préparés.

Pour For my Parents, vous avez décidé de vous séparer de Steve Albini pour travailler avec le producteur Henry Hirsch. Qu’a-t-il apporté de plus à votre musique ?
Nous continuerons à admirer Steve Albini, quels que soient nos choix futurs. Nous avons accordé beaucoup de temps et d’importance à notre volonté de changement, et c’est cette motivation qui nous a orientés vers un autre producteur. C’était aussi une manière de nous stimuler, de pousser le groupe vers l’avant. Le studio d’Henry abrite une atmosphère très spéciale et se trouve être un endroit très spirituel ; on a ressenti des choses peu communes, des émotions étranges. Nous avons utilisé une bande analogique et un ancien mélangeur audio afin de donner aux sons une véritable profondeur d’âme. Ensuite, nous avons apporté toutes les pistes à Fred Weaver, pour mixer le tout en Pennsylvanie. Enfin, Bob Weston de Shellac s’est occupé de la masterisation.

Si je vous dis que la musique de For My Parents dresse un pont entre la musique classique contemporaine et le rock. Êtes-vous satisfaits de cette description ?
Pour nous, la musique est la musique (N.D.L.R. : pourquoi faire compliqué ?). Nous aimons tout simplement créer des sons émotionnels, cinématiques et puissants.

Si vous aviez un seul conseil de vie à donner à un enfant, quel serait-il ?
Essaie de prendre des risques, d’être audacieux. Quand tu te trouves à la croisée des chemins, n’aie pas peur de prendre la direction la plus effrayante car tu ne sais pas quels miracles t’attendent au bout.

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