Metal Culture(s) Fest 2015 – Interview

22 Avr 15 Metal Culture(s) Fest 2015 – Interview

Obsküre Magazine s’était fait l’écho, l’année dernière, des efforts volontaristes de l’association YEAProd. : un regroupement de maniaques et activistes au service de l’expression de la puissance dans le son, qu’elle s’exprime sur scène ou fasse l’objet d’une analyse, une documentation par le film ou une exposition. Basée à Guéret (23), l’association remet le couvert en 2015 avec une affiche pas piquée des vers pour le festival Metal Culture(s). Affiche déroulée sur la période 30 avril > 2 mai 2015 et qui – une nouvelle fois – vous amènera au vert : vibrez cette année au son protéiforme et métallique de Dagoba, Punish Yourself, Mars Red Sky, LizZard ou encore Radium Valley (entre autres !), sur trois jours complets voués à la surprise et la sensation.
Entretien avec Christophe Bréchard, interlocuteur direct pour YEAProd. et l’une des chevilles ouvrières de
Metal Cultures, pour un nouvel échange sur les entrailles de cet événementiel « à taille humaine ».

Obsküre Magazine : Au sortir de l’édition 2014, vous étiez-vous fixés des objectifs particuliers pour 2015, en termes de programmation ou sur d’autres sujets ? Ou alors, chaque édition se fabrique-t-elle empiriquement, un peu comme un « one shot » ?
Christophe Bréchard (YEAProd.) :
Non, pas du tout. Par exemple nous savons déjà où nous allions aller l’année dernière, comme nous savons à peu près à quoi va ressembler l’édition 2016. Certes le festival change de tête d’une année sur l’autre mais nous tendons à un objectif bien précis et nous affinons donc la formule d’année en année. Les évolutions notoires que nous souhaitons mettre en œuvre sont principalement soigner de plus en plus l’esthétique du festival, que ce soit en termes de line up, de déco etc…, la pluridisciplinarité toujours plus accrue.

La programmation est plus ouverte que jamais cette année, ce qui fait qu’on ne vous assimile pas forcément à une manifestation « spécialisée » (N.D.L.R. : au sens de la « sous-branche » métallique, détail non spécifié à Christophe lors de l’envoi des questions – Obsküre plaide largement coupable)… si ce n’est dans un champ ouvert d’underground ! Votre organisation ou vos choix te semblent-ils fondamentalement différents cette année de ce qui s’est passé pour l’édition 2014 ? Ont-ils généré en interne de l’association des débats comparables à ceux de l’année dernière ?
Je ne suis pas d’accord avec le fait que nous sommes moins « spécialisés »… ou alors, nous l’étions beaucoup trop auparavant. En effet le champ s’est ouvert avec des groupes comme Mars Red Sky, Punish Yourself… Pour autant, nous restons dans la sphère metal. Nous avions trop tendance à multiplier les groupes de la même couleur musicale et avons souhaité en oublier le moins possible (N.D.L.R. : Merci !). Nos choix font encore et toujours le grand écart : l’année dernière, nous passions de All For Nothing à Seth, cette année de Mars Red Sky à Arkangel… Cependant, l’arrivée de nouveaux membres nous a amené beaucoup sur l’ouverture à certains styles vers lesquels nous ne serions peut-être pas allés. Ca a été l’occasion de nombreux débats, féconds, sur le montage de la programmation.

metal-cultures-2015_affiche

Quelques têtes d’affiche bien connues des milieux underground côtoient cette année des projets qualifiables d’ « émergents ». Y’a-t-il un peu à l’esprit de l’organisation cette idée de présenter ces « échelles » : du petit vers le plus grand ou plus mûr… ce qui en arrière-plan dénote aussi de la vivacité d’une scène, de sa capacité à exister et perdurer dans le temps… tout simplement parce que ses forces se renouvellent ?
La ligne de prog de Metal culture(s) est assez simple, somme toute. En fait, nous essayons de concilier ces cinq points : des têtes d’affiches confirmées, une belle place à la scène régionale, nos coups de cœur – The Lumberjack Feed Back, par exemple – les incontournables de la scène actuelle avec The Great Old Ones ou Sticky Boys, et un éclectisme musical. Et de ce fait, en effet, le résultat montre une belle échelle à 15 bareaux.

Comment s’est présentée l’occasion de ce ciné-concert avec Radium Valley ? C’est une performance qui semble assez nouvelle pour eux…
Nous ne pensions pas programmer Radium Valley cette année mais attendre plutôt l’année prochaine. Nous avions lancé un appel à projet pour une création avec résidence sur le film Häxan – La Sorcellerie au travers des Âges. Le retour des groupes n’a pas été fulgurant, c’est le moins qu’on puisse dire. Nous avons reçu près de trois cent demandes pour venir poser ses grattes sur scène et jouer chez nous, beaucoup moins pour venir créer et travailler un projet. Quoi qu’il en soit, Radium Valley se sont proposés car le projet les avait charmés. C’est une voie vers laquelle ils souhaitaient aller en prévision du prochain album.

Comment a été envisagée, à un moment, la programmation de Shining ?
Shining ont été une piste, mais il ne seront finalement pas là. Leur tournée a été reportée en septembre, et ils sont remplacés par Dagoba.

Niveau organisation, vous aviez prévu d’escorter Kvarforth en armure ? Il taillade tout sur son passage, faites gaffe quand même pour une prochaine…
C’est une autre problématique avec Shawtee : la gestion des groupies (rires).

Metalhead (trailer) :
Image de prévisualisation YouTube

Il y a toujours cet ADN extra-musical et pluridimensionnel dans le festival, et c’est une de ses originalités. De quoi nous parlera Corentin Charbonnier durant sa conférence ?
Nous tenons beaucoup en effet à montrer toutes les formes d’expressions qui tournent autour de ce genre musical. Du coup, cette année, les nouveautés sont : l’XTREM ciné avec Metalhead et un programme de courts surprise, une création de ciné concert avec, donc, Radium Valley plays Häxan et trois expositions. Et toujours une conférence au milieu de ça sur la thématique Metal : reconnaissance internationale, méconnaissance française. Corentin, déjà présent l’année dernière, mènera le débat autours du constat que le metal au sens large reste beaucoup plus underground en France qu’en Allemagne, en Scandinavie bien évidement ou aux Etats-Unis. Pourquoi cette ghettoïsation malgré de gros évènements comme le Hellfest, qui aident à vulgariser le genre ? A quand un Gojira aux Victoires de la Musique comme un Lordi à l’Eurovision par exemple ?

metal-cultures-2015_banner

> METAL CULTURE(S) ONLINE
– SITE OFFICIEL : www.metalcultures.com
– PROGRAMMATION : Page générale
– EXPOSITIONS / CONFÉRENCE / XTREM CINEMA : information générale ici
– INFOS PRATIQUES ici
– TICKETS infos
– FACEBOOK officiel
– FACEBOOK : page évènement

> YEAProd
12 Avenue Gambetta
23000 GUERET
yeaprod@gmail.com
Tél. : 06 13 18 07 28

Be Sociable, Share!