Maxïmo Park – Interview bonus Obsküre Magazine #19

07 Mar 14 Maxïmo Park – Interview bonus Obsküre Magazine #19

L’excellent et merveilleusement hétéroclite nouvel album de Maxïmo Park, Too much Information, nous a fascinés et séduits. Ses ambiances nocturnes, ses humeurs changeantes, son inventivité… autant d’éléments qui nous ont motivés à offrir un grand espace d’expression aux britanniques. Voilà donc un bon gros complément d’entretien à l’article publié dans Obsküre Magazine #19 (janvier / février 2014, en kiosques).

« Leave this Island », le second single, est très différent du précédent : précisément pour marquer la différence et imposer la diversité, la liberté créative de l’album ? « Brain Cells » est tendue, spectrale ; « Leave this Island » est très pop et mélancolique…
Oui, elles sont très différentes l’une de l’autre, et pour nous aussi c’est un genre d’écriture tout à fait différent. Too much Information est un album très varié, avec de nouveaux styles, mais aussi avec des titres plus classiques pour du Maxïmo. Nous sommes vraiment heureux, non seulement de pouvoir continuer à enregistrer des albums après tout ce temps, mais en plus d’avoir encore une vraie exploration créative à mener, et que les gens continuent de nous aimer lorsque nous expérimentons quelque chose de nouveau.

Il m’a semblé que l’électronique prenait plus d’importance dans Too much Information.
Ça a toujours fait partie de notre son, même dans notre premier album. Il y a beaucoup de synthés dans notre musique, mais je crois que cette fois-ci, la différence vient du traitement de l’espace. Normalement, dans nos titres, tous les éléments jouent ensemble, on a donc un son de groupe assez traditionnel. Néanmoins, Paul a une voix très versatile, et nous voulions le laisser chanter dans un style plus fragile. Pour cela, il fallait que la musique soit plus calme. Éloigner les guitares et utiliser des sons de batterie plus électroniques permettrait à la voix de Paul de mieux s’installer. Cette façon de faire nous vient de l’influence de The Knife et Fever Ray.

Maxïmo Park - Photo : Steve Gullick

Maxïmo Park – Photo : Steve Gullick

J’aimerais en apprendre plus sur « Lydia, the Ink will never dry », cette pop song triste et lumineuse qui me fait beaucoup penser à du New Order.
Le titre fait référence à l’auteur Lydia Davis, qui a écrit des recueils de nouvelles qui nous ont inspirés pour le refrain (N.D.L.R. : On peut trouver chez l’éditeur Phébus les recueils Ce qu’elle savait et Kafka aux Fourneaux). Les couplets renvoient à un épisode plus personnel, qui prend place à Manchester. La guitare a quelque chose de très classique, c’est un riff très catchy et la chanson fait effectivement penser aux années quatre-vingt, peut-être les Cure, ou les Smiths.

Too much Information a souvent quelque chose de spectral, de nocturne. Je pense aux chœurs étranges et mystérieux de « Is it True », à l’invocation de «  Midnight on the Hill », ou à l’atmosphère de la magnifique « Where we’re going », belle comme la fin de la nuit, pleine d’une lumière enchantée…
Effectivement, l’un des thèmes de l’album est la vie nocturne, mais plutôt qu’une représentation euphorique et extatique, elle est dépeinte sous son aspect plus mélancolique, nostalgique – regarder en arrière, les opportunités perdues. « Midnight – what happened next ? » : c’est ce qui est chanté à la fin de « Midnight on the Hill », un titre qui évoque un personnage probablement ivre se confiant à un étranger, sous le ciel du soir – est-ce tendre les bras à quelqu’un, plein d’espoir, ou de désespoir ? Cette chanson, c’est regarder en arrière et se demander ce qui aurait vraiment pu se passer.

En fin de compte, le processus de création de Too much Information est-il la première page d’un nouveau chapitre dans votre histoire ?
Nous avons vraiment aimé enregistrer dans notre propre studio, prendre notre temps, et cela nous a rendus vraiment confiants en l’avenir, autant pour explorer de nouvelles idées que pour se sentir maîtres de notre destinée. Nous savons que nous sommes capables de travailler vite, et c’est ce qui peut nous arriver de meilleur, vraiment. Nous avions fait une longue pause avant d’écrire The National Health, et ça nous avait pris du temps pour reprendre nos habitudes de groupe et communiquer comme avant. Nous ne voulons pas prendre une autre pause avant un moment, ou nous pourrions bien ne plus trouver l’énergie de nous y remettre ! Nous allons continuer à travailler à fond tant que nous nous sentons dans cette disposition d’esprit. Quand ce sera fini, nous pourrons partir et faire autre chose.

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> SORTIE : MAXÏMO PARK
Too much Information (Daylighting) (2014)
> WEB OFFICIEL
www.maximopark.com
 

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