Mar de Grises + Sólstafir + Swallow The Sun au Glaz’Art (Paris)

21 Déc 10 Mar de Grises + Sólstafir + Swallow The Sun au Glaz’Art (Paris)

Les intempéries en Ile-de France ont-elles eu raison des doomers parisiens samedi soir ? Le Glaz’Art n’a en effet pas fait salle comble à l’occasion de la venue des finlandais de Swallow The Sun. Les absents ont toujours tort, paraît-il, et l’adage allait-il encore être vrai ?

Les chiliens de Mar De Grises ont ouvert le bal macabre. Ce groupe a su faire parler de lui au-delà de son lointain continent et vient rivaliser avec les meilleurs groupes de la vieille Europe, comme si le Nouveau Monde n’avait rien à envier à l’Ancien. La performance live reste sans doute techniquement trop approximative mais la présence notable des musiciens donne le change.

Puis les cow-boys poussiéreux des landes glacées d’Islande débarquent. Imbibés de Jack Daniel’s, puants de naphtaline, battant la mesure à coups de santiags, ils nous pendent haut et court au bout d’un instrumental bien gras, bien post-metal. Solstafir est un groupe bien looké, bien roots, sophistiqué dans le laisser-aller, un sacré bordel bien étudié. Une attitude à part entière en fait. Quand la voix d’Aðalbjörn « Addi » Tryggvason finit par résonner, ce sont les chansons d’un ivrogne désespéré qui s’enchainent, appuyées par son jeu de scène de pantin dégingandé. La technique de Sæþór Maríus « Pjúddi » Sæþórsson à la lead guitar auront pu laisser certains perplexes (plutôt blues le gars !) mais les tresses interminables et rousses du bassiste sous un chapeau melon saupoudré de talc a probablement fait diversion. Une découverte.

Puis la tête d’affiche montre le bout de son nez. Les titres se succèdent avec l’approbation d’un public connaisseur, ce qui semble ravir le clavier du groupe, Aleksi Munter, ainsi consolé que l’excellente salle du Glaz’Art ne soit pas remplie. Swallow The Sun a choisi le meilleur de sa discographie (qu’y a-t-il d’ailleurs à jeter dans les compositions de ce groupe ?) et les restitue parfaitement sur scène. These Woods Breathe Evil ou Sleepless Swans sont de purs moments de doom/death, à glacer le sang. Les finlandais savent partager la pesanteur, la terreur, ou la mélancolie des titres studio avec leur public et confirment une maîtrise totale du spectacle vivant. Mort-vivant. Le chant clair de Mikko Kotamäki se noie malheureusement dans la balance mais son growl excelle au-dessus des guitares de larmes et de plomb de Markus Jämsen et Juha Raivio.  Un seul regret peut-être, These Low Lands, reprise d’un titre de Timo Rautiainen & Trio Niskalaukaus présent sur l’album Hope, ne figurait pas sur la setlist.

Un groupe qui vient de quitter la scène se demande forcément ce que le public a pensé de sa prestation (sauf peut-être le chanteur de Solstafir qui n’avait d’yeux que pour sa bouteille de Jack Daniel’s). Samedi soir, c’était peut-être au public de se demander ce que le groupe pensait des places invendues et de notre beau pays qui rate si souvent ce genre de rendez-vous. Swallow The Sun n’est pas un groupe inconnu mais de premier plan qui affiche une certaine notoriété en Europe et une discographie belle et déjà conséquente. Et que la neige ne soit pas une excuse, ce n’est pas aux finlandais qu’il faut dire ça ! Non vraiment, les absents à de tels événements auront toujours tort.

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Note : 78%

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