M-tronic : dix ans, et toujours envie de mordre

11 Nov 11 M-tronic : dix ans, et toujours envie de mordre

En complément du foküs paru dans Obsküre Magazine #6 (novembre / décembre 2011, en kiosques depuis le samedi 5 novembre), www.obskuremag.net publie ces extraits inédits de notre entretien avec Laurent Le Fers, boss du label electro M-tronic et sa (fameuse) branche plus gothique D-monic. À l’heure où M-tronic fête ses dix ans et sort le nouveau Neon Electronics (side-projet de Dirk, de The Neon Judgement), Le Fers nous fait part de sa vision du marché de la musique et d’une envie qui le pousse encore et toujours à partir à l’affût. Toutes les perles ne sont pas trouvées, et M-tronic, comme D-monic, dénichent la rareté.

Si tu devais citer les cinq sorties de M-tronic dont tu es le plus fier, quelles seraient-elles ?
Laurent le Fers :
C’est un exercice assez difficile car je suis fier d’à peu près toutes les sorties du label. Celles-ci balaient un éventail assez large des musiques électroniques. Pour l’appréciation d’une sortie, si le chiffre de vente ne rentre jamais en ligne de compte. Le côté humain, quant à lui, a une certaine influence. Voici tout de même un choix puisque tu me le demandes, sans ordre particulier :
1. Displacer – Monn_Phase, qui représente à merveille le côté sombre des musiques électroniques dites « intelligentes ».
2. Geomatic – Blue Beam, pour le côté tribal qui me rappelle des envolées nocturnes dans le désert africain.
3. Millimetric – Expériences modernes, qui marque un virage important pour le label vers des sonorités un peu plus clubby.
4. Dither – Summit, car cet artiste aurait dû obtenir un succès bien plus important. Cet album est au-dessus de bon nombre de références du genre tel Autechre.
5. Wild Shores – Illusion of Movement, pour son côté humaniste et poétique qui me touche tout particulièrement.

Comment a évolué le music business depuis que tu as commencé et de quelle manière comptes-tu accompagner ces mutations avec M-tronic ?
En dix ans, l’industrie musicale a connu en effet de profondes mutations, y compris pour les labels indépendants. Le circuit de distribution traditionnel s’est effondré ; pour preuve, nombre de boutiques indépendantes qui constituaient notre première source de diffusion et de vente, ont mis la clef sous la porte. Ainsi, il a fallu trouver d’autres sources de revenus, la principale étant de développer le B2C en vendant nos disques en direct sur notre site internet, à des prix très compétitifs. Cette stratégie a été payante car elle nous a permis de survivre malgré le tassement des ventes. Quant à la distribution digitale, elle est devenu un passage obligé. Elle assure désormais un complément intéressant qui tend à prendre de l’importance. Chez M-tronic, nous restons toujours très attachés à l’objet physique. Nous n’avons pas changé notre politique, proposant toujours de beaux packagings cartonnés sans souci d’économie. L’amour du bel objet !

Comment s’annonce le futur Press Gang Metropol, nouveau groupe de trois ex-Corpus Delicti dont le premier opus sort chez D-monic en 2012 ?
Cet album s’annonce comme une véritable révélation, à classer sur vos étagères entre New Order, White Lies, Joy Division et A Place To Bury Strangers. Ce sera aussi l’occasion de sortir notre premier vinyle. Nous aurons enfin le plaisir de célébrer les vingt-cinq ans d’existence du groupe allemand Sweet William, figure emblématique de la scène darkwave des nineties.

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