Love Like Like Blood par Love Like Blood : la discographie commentée

16 Juin 11 Love Like Like Blood par Love Like Blood : la discographie commentée

En exclusivité pour www.obskuremag.net et à l’occasion de leurs concerts d’adieu de l’année 2011, Yorck et Gunnar Eysel jettent un regard rétrospectif sur l’œuvre de Love Like Blood, album par album. Voici leur collection de souvenirs, leur propre recul.
(Photo : Felix Flaucher)


Sinister Dawn / Ecstasy
(1989/1991 – compilation : 1992)
Yorck : C’était la meilleure chose à faire à ce moment-là et je suis sûr que nous l’aurions mixée d’une manière différente si nous l’avions fait plus tard.
Gunnar : Nous n’avions qu’un petit budget, et quand je dis « petit », je veux dire vraiment, vraiment minuscule (sourire). Mais ces enregistrements ont une espèce de « virginité », je ne peux pas l’expliquer mieux… tu perds forcément cette essence-là, de disque en disque. Je me souviens que ces deux maxis avaient été enregistrés dans le but d’être reproduits sur scène. Nous avions engagé des discussions avec de nombreuses maisons de disques, mais aucune ne nous montrait d’intérêt et souriait même devant notre musique, à cette époque. Nous avons donc décidé de sortir ces maxis sur notre propre label, c’était mieux que rien.


Flags of Revolution
(1989)
Yorck : Ça été une vraie sensation et un plaisir de voir ce premier album enfin réalisé, le son était assez sec pour l’époque, atypique.
Gunnar : C’est notre meilleure vente soit dit en passant, nous avons été et je suis toujours très fier de ce disque. Flags Of Revolution est un album typé. Tu passes un temps infini en salle de répétition afin de peaufiner toutes les chansons et puis voilà, tu tiens enfin le tout premier album dans tes mains, au bout d’un certain temps… Ce moment-là est quelque chose de tellement spécial… Des chansons comme « Doomsday », « Dear Catherine », « Johannesburg » sont et seront certainement perçus toujours comme des classiques au sein de notre discographie.

An Irony of Fate (1992)
Yorck : En l’occurrence, tout a parfaitement fonctionné, les compositions et le son se sont parfaitement imbriqués et nous étions heureux de voir que nous pouvions faire cela, même sans notre ancien compositeur et guitariste.
Gunnar : J’en conviens. C’est notre première expérience dans un vrai studio professionnel. Notre nouveau guitariste était un tueur, mais nous étions totalement paniqué lors de nos enregistrements… An Irony of Fate était le premier album à bénéficier du soutien d’une maison de disques. Au final, cet album est parfait ! De la première seconde à la dernière. Il sonne encore pour moi comme une symphonie. À tous les jeunes lecteurs de www.obskuremag.net : récupérez cet album – vous ne le regretterez pas !

Odyssee (1994)
Yorck : Ça n’a pas été facile pour celui-là. Nous nous sommes séparés de notre guitariste à cette période.
Gunnar : C’est un album rempli d’émotions et de souvenirs personnels, mais avec le recul je ne crois pas qu’il démérite face à An Irony of Fate. Il n’est qu’à réécouter « Don’t leave me », « Fallacious World » ou « Night is young »… Je suis proche de mourir encore aujourd’hui, à l’écoute de ces titres. La seule chose qui, peut-être, pourrait être bonifiée, c’est la dynamique… mais qui se soucie encore de ces aspects techniques !

Exposure (1995)
Yorck : C’est notre album le plus atypique. Nous ne jouons plus ces titres là depuis longtemps.
Gunnar : Crois-moi ou non, chaque fois que cet album, par hasard (sourire), trouve un chemin vers mon lecteur CD, je profite intensément de ce moment-là. Exposure marque un temps où nous avons essayé de nous extraire de nos influences eighties et tout compte fait, je pense qu’il est sorti trop tôt, bien avant l’heure. Mais Yorck a raison : Exposure marque aussi une coupure. Cela dit, pour moi, il est aussi fort que les albums avant. Sa vibration et ses contenus sont plus doom et si tu aimes les aspects lents en musique, Exposure te révélera un fort potentiel. De nombreux riffs se trouvent sur cet album qui ont inspiré d’autres disques, devenus plus tard célèbres. Avec le temps, Exposure a gagné en réputation. C’est loin d’être de la musique d’ascenseur ! Écoute « Lethal Radiation », « Hide » ou « Shed your skin » et cale le volume sur 11. Peu à peu l’expérience de l’écoute te révèlera à quel point ce disque est lourd… Exposure sera prochainement en rotation permanente dans ma voiture, je peux te le certifier !

Snakekiller (1998)
Yorck : C’est pour moi un album très puissant avec un son très emphatique. Il a été écrit, enregistré et produit dans une configuration complètement différente
Gunnar : Yeepee, et voici aussi des vibrations scandinaves à leur plus fort ! Salutations à mon ami Peter Tägtgren ! (N.D.L.R. : Tägtgren, de Pain/Hypocrisy, avait produit ce très solide ensemble). Des moments inoubliables : plus de doom, plus de métal et de nouveau une étape importante dans notre discographie. Les amis, je suis encore pas loin de défaillir, ce qui vaut aussi pour le live, face à des chansons telles que « Phrases », « Libération » ou « Brainchild ». Mes favorites sont personnellement « Whispering Memories » et « Lost Evidence », et je me demande encore bien pourquoi si peu de commentateurs évoquent ces titres-là…

Enslaved + Condemned (2000)
Yorck : Sur le plan du son, c’est peut-être notre meilleur album, nous avions bénéficié d’un studio réellement excellent à cette époque.
Gunnar : C’est exact, et je suis toujours profondément reconnaissant à notre producteur Simon Efemey pour ce brillant travail. Encore une fois je le salue. Je n’écoute pas souvent mes propres réalisations, mais je suis toujours aussi enthousiaste à l’écoute d’Enslaved + condemned. Je n’arrive pas à croire que nous ayons réalisé cette chose. Le son est énorme. Mes favoris de l’époque restent « Love kills », « Silver shot », « Passionate » et bien sûr « Remember ». Encore une fois, voici un album qui est peut-être venu au monde au mauvais moment, ou un peu trop tôt… Je suis très peiné de ne pas avoir joué ce disque en concert !

Chronology of a Love-Affair (2001)
Yorck : Il s’agit juste d’une compilation de nos chansons préférées jouées par nous, et nous avons été heureux d’avoir la chance de faire un album comme celui-ci. Un best of de nos propres chansons issues des albums existants nous aurait tous très ennuyés (N.D.L.R. : il existe toutefois une compilation de Love Like Blood, Swordlilies – cette dernière est cependant sortie sur SPV et non Hall Of Sermon, label de Tilo Wolf ayant publié Snakekiller et Enslaved + condemned).
Gunnar : Peut-être le plus grand malentendu dans notre discographie ? Bien que le titre de l’album comprenne les termes « histoire d’amour », je n’aime guère certains aspects de ce mélange et je me hais personnellement d’avoir choisi « Black n ° 1 » de Type O Negative… mais c’est bien les seules mauvaises choses que je puisse dire à son sujet ! Je suis un peu déçu à propos de ce disque, car je m’attendais à ce que plus de fans de musique gothique ressentent les choses de la même manière que nous. Des discussions sans fin et insensées ont pourtant fleuri autour de nos choix : « pourquoi n’avez-vous pas choisi telle ou telle chanson ? » ou encore « ce n’est qu’une merde par rapport à l’original »… tout cela fait vraiment mal. Mais de toute façon, nous savions d’avance que les choses nous dépasseraient. Je suis tellement reconnaissant à Tilo Wolff et Hall Of Sermon de nous avoir donné la chance de faire ce disque… Soit dit en passant, je trouve que notre version du « Copycat » de Lacrimosa est une de nos toutes meilleures reprises.
Voilà, c’est fini. Eh bien mon ami, je viens de réaliser que je suis encore en phase avec tous les albums que nous avons faits. Je les aime tous. Je ne plaisante pas. Crois-moi, nous ne poussons plus la promotion de tous ces albums, puisque nous ne sommes plus dans le business depuis un certain temps. Ah, ce serait merveilleux de partager tous les souvenirs que j’ai encore à l’esprit. Chaque album est quelque chose qui est venu tout droit de notre cœur, de notre vie personnelle, c’est encore très intense pour moi. C’est l’amère vérité : toutes les chansons sont comme toujours nos propres enfants, avec de nombreuses histoires à raconter autour… N’est il pas plus naturel, finalement de finir par cette phrase : « aime les, ou quitte les » ?

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