Love Like Blood : l’ultime entrevue

26 Mai 11 Love Like Blood : l’ultime entrevue

En complément de l’entrevue parue dans Obsküre Magazine #4 (sorti en kiosques le 25 mai 2011), www.obskuremag.net publie ces extraits inédits d’un entretien avec Yorck et Gunner Eysel, frères et cofondateurs d’une des entités les plus connues du renouveau du rock gothique dans les années quatre-vingt dix.
Love Like Blood ne s’est pas remanifesté depuis le début des années deux mille mais n’avait jamais annoncé officiellement sa séparation. En 2011, c’est l’heure : sollicité par les organisateurs du festival de Leipzig (Allemagne), le groupe allemand reviendra pour un concert d’adieu au prochain Wave Gotik Treffen. Ce sera le 9 juin 2011, un show très spécial donc et précédé d’un concert de « réveil » le 8 juin à Geislingen.
En prélude à ces évènements à la fois attendus et redoutés par les fans, les frères Eysel accordent une ultime entrevue à
Obsküre. La plus grande partie de cet entretien se trouve exclusivement dans Obsküre Magazine #4 et comme à notre habitude, nous publions sur www.obskuremag.net l’ensemble des déclarations n’apparaissant pas dans l’article du magazine. Voici donc venu le moment de tirer le bilan d’une belle affaire, histoire collective mouvante mais de laquelle ont germé moult albums marquants pour la scène gothique des 90’s : Flags of Revolution, An Irony of Fate ou Odyssee, par exemple.

En plus de la parution de cet entretien sur Obsküre, est programmée sous peu celle d’une discographie commentée par le groupe lui-même, en exclusivité pour www.obskuremag.net. Notre manière à nous de célébrer, une dernière fois, une œuvre typique d’une certaine époque.

Certaines personnes interprètent d’une manière négative l’intention de Chronology of a Love-Affair, votre collection de reprises de vieux classiques des scènes dark. Qu’y avait-il derrière le choix de faire figurer ici un de vos propres morceaux, « Injustice » ? Certains ont crû que vous décrétiez par là appartenir, vous aussi, à la catégorie des « maîtres du genre »…
Yorck :
Nous avons repris des chansons que nous aimions et que nous écoutions par le passé, pour moi c’était aussi simple que cela.
Gunnar : (grand rire) Oui, bien sûr, il ne fait aucun doute que nous sommes peut-être «le seul et unique maître» (clin d’œil)… Bon, allez, arrêtons de rigoler. Les personnes qui viennent avec ce genre d’interprétation, n’ont tout simplement pas lu le livret qui accompagne l’album et explique tout. C’est très simple, nous avons fait un disque qui reflète vingt ans de ces musiques que nous aimions en interne et, quelle surprise, nous faisions partie du wagon ! Chronology of a Love-Affair n’était pas une compilation « classique » sortie par une maison de disques, c’est une compilation de musique gothique réalisée directement par Love Like Blood. Ça n’était pas fait dans l’idée de bénéficier de certains noms ou de dire « regardez comme nous pouvons faire mieux que les originaux », rien de tout cela…

Qu’est-ce que vous écoutez aujourd’hui ?
Yorck :
Le dernier album que j’aie acheté par exemple, c’était celui de Hurts ou le dernier U2 – ça a d’ailleurs été très décevant et je suis d’autant plus impatient d’écouter le prochain album de Depeche Mode.
Gunnar : Honnêtement ? Presque rien, et je ne sais pas dire pourquoi. Mais il y a très longtemps j’ai arrêté de collectionner des disques. Je continue à suivre l’industrie de la musique et la scène, mais à distance. Et encore, honnêtement, je n’ai aucune idée sur ce qui est en vogue dans l’underground, ça me prendrait trop de temps et je ne peux pas me le permettre à ce stade.

Yorck, quel genre de relation as-tu personnellement entretenu avec ta propre voix du temps de l’activité de Love Like Blood ? Était-ce source de joie, ou avais-tu parfois des pensées négatives à cet égard, éprouvais-tu des frustrations ?
Yorck :
J’ai toujours aimé ma voix et chanter, mais je me souviens aussi de moments terribles… comme celui où j’ai attrapé un rhume lors d’une tournée. J’ai réellement souffert de sentir ma voix limitée, de ne pouvoir donner aux chansons tout ce qu’elles méritaient…

Quel sera le line-up de Love Like Blood pour le concert d’adieu du Wave Gotik Treffen ? Doit-on s’attendre au retour de musiciens passés ?
Yorck :
Ce sera le même que lors de nos derniers concerts (N.D.L.R. : soit Yorck et Gunnar, respectivement au chant et à la basse, plus Timo Deininger et Alex Schädler aux guitares et Al Sauer à la batterie), et des invités devraient se greffer à l’expérience.
Gunnar : Ce sera en effet exactement le même line-up que lors de nos concerts de 1999 et de nos deux derniers albums. Nous avons passé un petit moment à essayer d’organiser l’apparition de certains membres passés du groupe, mais crois-moi, c’est sacrément dur et il y a tellement de choses à prendre en considération pour parvenir à cela et faire en sorte que cela reste cohérent avec le line-up actuel… J’aimerais jouer un show final avec tous les gars qui sont passés par Love Like Blood, comme Pierre, Joxx, Stephen, Mark, etc. … mais c’est simplement impossible. Un seul promoteur n’arriverait à rassembler les fonds permettant de compenser les coûts d’une telle opération.

Enregistrerez ou filmerez-vous le concert du Wave Gotik Treffen, histoire de publier quelque chose derrière?
Yorck :
Je suis certain que beaucoup de gens vont faire.
Gunnar : (rire) Tout réalisateur est invité à enregistrer légalement en nous envoyant une offre d’édition. Pour être sérieux Emmanuel, nous n’avons aucune maison de disques derrière nous, et nous ne sommes pas en mesure d’investir de fonds personnels pour ce genre de projets aujourd’hui.

Depuis 2001, 2002, auriez-vous composé des choses restées secrètes, mais qui pourraient se révéler plus tard?
Yorck :
Non.

Avez-vous totalement exclu le principe de revenir en studio ensemble, à l’avenir ? N’existe-t-il pas un moyen de survivre et de réapparaître, de temps à autre, simplement pour le plaisir ?
Yorck :
Nous avons décidé de stopper nos activités, et de ne pas écrire de nouveaux titres.
Gunnar : Il ne faut jamais dire jamais. Ce serait un plaisir évidemment, mais nous avons des occupations professionnelles très prenantes et personne n’ira dépenser un centime à ce sujet, c’est malheureusement la vérité.

En dehors de Love Like Blood, vous permettrez-vous toutefois quelque activité studio, si l’occasion se présentait ?
Yorck :
Je ne dirais jamais « jamais ». Si tu aimes un groupe ou un de ses chansons, c’est comme un rêve de réaliser des choses avec les gens concernés.
Gunnar : Je ne vois rien de particulier en ce sens, mais si quelqu’un faisait une demande, je réfléchirais toujours sérieusement à ce sujet.

Be Sociable, Share!