Lòdz – interview

05 Juin 17 Lòdz – interview

Remarqué dans la scène metal française pour un don consommé pour la création d’ambiances, Lòdz ne produit pas simplement une musique épaisse. L’ouverture stylistique du collectif, confirmée depuis leurs débuts, séduira dans le public post-rock autant que dans les tribus d’adeptes de saturations mélancoliques à la Khoma ou Katatonia. Leur dernier album studio, Time doesn’t heal anything, signe une réussite esthétique et se nourrit d’une force de conviction authentique.

Obsküre : Lòdz a aujourd’hui cumulé plusieurs expériences studio. En quoi celle de Time doesn’t heal anything vous semble-t-elle particulière ?
Vince :
La grande différence dans le processus de composition de Time doesn’t heal anything réside dans le fait que nous avons composé la quasi-intégralité des morceaux en home studio. Cela nous a permis de travailler plus en profondeur sur chaque détail, encore plus que sur les albums précédents.
Oliv : Nous avons produit une douzaine de morceaux à la maison, ce qui nous a amenés à sélectionner les plus pertinents. Le fait d’avoir eu beaucoup de matière nous a permis d’essayer moult combinaisons différentes pour varier les couleurs de l’album.

Les textes renferment une substance personnelle forte. Vous-mêmes avez déjà évoqué l’importance de l’émotionnel et du pathos dans vos contenus. Témoignez-vous sur vous-mêmes ou diriez-vous que l’écriture a chez Lòdz un ressort plus fictionnel ?
Ce sont principalement des témoignages – mais en utilisant des ressorts fictionnels pour rendre les textes plus « universels » afin que l’auditeur puisse se les approprier.

Le nom du groupe, à savoir celui de la ville polonaise, vous a été inspiré par le cinéma de Lynch. Vous êtes-vous rendus vous-mêmes dans cette ville, ensuite ? Que vous a-t-elle renvoyé, lors de votre découverte cinématographique voire de votre visite ?
Vince : nous n’avons pas encore eu l’occasion d’y aller. Je ne suis d’ailleurs pas sûr que ce soit une destination à privilégier… Mais peut-être aurons-nous l’occasion d’y jouer ? Le clin d’œil serait sympa !

Depuis votre premier EP, on constate une certaine stabilité sur le plan de votre entourage à travers, par exemple, la présence récurrente de Fabrice Boy. Y’a-t-il chez Lòdz une volonté de sécuriser un processus de travail en faisant appel à des gens avec lesquels vous cumulez déjà une expérience ?
Vince : Effectivement, nous travaillons avec Fabrice qui fait désormais partie de la famille Lòdz, tant sur album qu’en live d’ailleurs. Cependant, il n’y a aucune volonté pour nous de sécuriser un processus de travail : nous travaillons avec les personnes qui nous comprennent le mieux et qui participent activement au développement du groupe. Nos choix se font également en fonction de la direction artistique du moment… Par exemple, nous avons travaillé avec Magnus Lindberg pour le mastering du premier album et avec Nick Zampiello sur le second.
Olivier : Non en effet, nous nous sommes avant tout posé des questions essentielles une fois la maquette de l’album finie : est-ce qu’on part sur une direction différente ? Plus metal ? Plus rock ? Plus froide/chaude ? Quel est la production qui nous parle en ce moment ? Les titres de l’album avaient besoin de quelque chose d’organique et puissant à la fois, alors nous n’avons pas hésité à confier nos titres à Fabrice – et d’autant plus que nous avions préparé le terrain en nous voyant régulièrement avant le passage en studio. Le groupe a mis l’accent sur l’aspect authentique du son en travaillant exclusivement avec des amplis à lampes et des vraies pédales d’effets. Même le mastering a été fait avec cette approche plus « analogique ».

Le premier EP contenait des structures pas forcément académiques. De quelle manière pensez-vous avoir évolué sur le plan de la structuration et de l’écriture musicale, depuis vos débuts en tant que groupe ?
Vince :
En effet l’EP sonne beaucoup plus rock au niveau du son, et les structures sont très différentes des deux albums suivants. Nous avons beaucoup évolué depuis nos débuts : en termes musicaux d’abord, de par nos influences diverses qui se sont étoffées avec les années ; mais aussi de par la présence d’Olivier qui est arrivé dans le groupe en janvier 2015 et qui s’est fortement impliqué dans le processus de composition.

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