Local Natives – Interview bonus Obsküre Magazine #13

09 Jan 13 Local Natives – Interview bonus Obsküre Magazine #13

En complément de l’entrevue parue dans Obsküre Magazine #13 (janvier / février 2013, en kiosques à partir du 9 janvier), www.obskuremag.net publie les extraits restés inédits de notre échange avec l’affable Ryan, guitariste de Local Natives… un groupe qui d’apparence peut ressembler à un millier d’autres, mais qui révèle vite une poésie indie rock sensible et inédite. Si Gorilla Manor nous avait mis la puce à l’oreille, son successeur Hummingbird convainc définitivement que ces Américains à l’allure de geeks étaient de nouveaux chantres de la pop. Indubitablement, Obsküre aime Local Natives. Entretien.

Obsküre Magazine : Vous aimez beaucoup vous produire live et avez effectué une tournée marathon après la sortie de Gorilla Manor. Qu’avez-vous tiré comme enseignements de cette confrontation permanente avec le public ? Humainement et artistiquement ?
Ryan Hahn : Après la fin de la tournée, intentionnellement, nous n’avons pas donné un seul concert durant environ une année, un temps nécessaire pour nous concentrer sur l’écriture de cet album. Mais jouer live nous manque énormément et on le ressent assez rapidement. Nous adorons vraiment partir en tournée et je crois que nous sommes devenus des musiciens plus sûrs de nous grâce à tous ces concerts. Je pense que cela nous a aidés à oser davantage, à modifier notre approche de la composition.

Hummingbird est un album qui renferme des instants de nostalgie, une certaine dose de mélancolie
Tu as raison, on y trouve définitivement des moments plus feutrés et calmes que tout ce qu’on a fait auparavant… moins d’électricité et plus d’audace !

Pensez-vous que la plus belle des musiques est celle qui exprime la tristesse ? Vous souvenez-vous dans quel(s) état(s) d’esprit vous étiez lors de la composition de titres comme « Colombia » ou « Bowery » ?
La plupart du temps, je le pense, oui. Pour ces chansons, la tristesse joue un rôle essentiel. Mais pour ces deux morceaux, on y trouve aussi un sentiment de joie qui provient du fait d’avoir traversé les ténèbres et d’en être ressorti plus fort qu’avant.

Sur Hummingbird, votre pop est élaborée, possède une finesse d’écriture qui fait la part belle aux arrangements complexes. Malgré cette sophistication évidente, vous parvenez toujours à atteindre ce « climax » qui bouleverse. Votre démarche est-elle longuement débattue et réfléchie afin de trouver cet équilibre parfait ou s’explique-t-il simplement par la libération d’une énergie instinctive ?
Nous ne planifions pas grand chose. Nos chansons prennent vie très naturellement, sans débats mais nous passons indéniablement plus de temps à peaufiner chaque détail. L’équilibre est un ingrédient nécessaire à notre processus de composition, il n’y a pas de doute, et notre groupe fait preuve d’une telle force de coopération que les choses ont tendance à s’équilibrer, qu’on le veuille ou non (rires).

Vous aimez vous produire aidés d’instruments purement acoustiques (et peu importe l’endroit !)… dans une configuration où vous vous mettez « à nu », en quelque sorte. Pourquoi ce choix et que vous offre cette autre possibilité de partager votre musique ?
Très tôt, nous avons remarqué que les stations de radio et les sites Internet insistaient pour nous voir jouer en configuration acoustique. Nous nous sommes souvent dit que si nous devions débrancher nos amplis, tous les arrangements seraient à revoir pour coller parfaitement à cet environnement. Pour nous, c’est stimulant et chaleureux de réinterpréter nos chansons de cette manière.

Vous avez eu la chance de rencontrer le grand Bernard Lenoir lors de vos Black Sessions. Alors, il est comment ce type ? Ce moment joué dans les studios de France Inter fut une bonne expérience pour vous ? 
Nous ne l’avons rencontré que brièvement mais il s’est montré très agréable avec nous. Cette session a été tout simplement incroyable, un moment mémorable pour le groupe. Je me souviens que notre setlist terminée, le public nous a demandé un rappel et n’ayant plus rien à lui offrir, nous avons fini par jouer deux fois « Wide Eyes » !

 

 

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