Lacuna Coil + This Is She @ L’Alhambra (Paris) 29/10/2012

15 Nov 12 Lacuna Coil + This Is She @ L’Alhambra (Paris) 29/10/2012

C’est dans une salle se remplissant doucement mais sûrement que This Is She, groupe américain mené par la jeune mais charismatique chanteuse Alana Grace, entame son set. Le quatuor de Los Angeles joue un rock électro ayant de quoi surprendre le spectateur qui considère encore Lacuna Coil comme un groupe de la scène underground. This Is She frappe donc la soirée du sceau de l’alternatif et s’avère particulièrement efficace dans son son rôle de première partie d’abord mais aussi en tant que groupe à part entière, à tel point, et c’est rare, que le public semble presque s’être déplacé pour lui. La chanteuse, sublime, originale et pleine d’énergie dans une lumière sauvant les photographes qui ne sont pas équipés de téléobjectifs bagués de rouge,  échauffe avec un jeu de scène bien élaboré (pourtant simplissime) les mollets des kids venus sauter sur les riffs bien lourds des fameux Italiens. Une découverte retentissante comme on en fait peu, vous l’aurez compris. Impression catalysée sans doute par l’effet de surprise.

 

Le temps de virer les machines à bidouille de This is She, le tom basse sur lequel Alana vient de suer toute sa joie de jouer pour la première fois à Paris, sans avoir à démonter la batterie (le détail à son importance), et Lacuna Coil entre en scène avec un des tubes du dernier album, « I don’t believe in Tomorrow », histoire de mettre tout le monde d’accord, si besoin était. La salle est clairement remplie, bondée même, de fans purs et durs, fans de la première heure et de la dernière, démonstration d’un groupe qui a quinze ans de bouteille et qui a su renouveler son public sans perdre ceux qui les suivent depuis leurs débuts. Un détail n’aura cependant pas échappé au reporter photographe (attristé par la pauvreté des jeux de lumières) : Il manque le bassiste sur scène (les parties basse sont jouées sur bande). Et il semblerait même que le batteur ne soit pas celui du groupe. Cristina Scabbia expliquera plus tard que Zelati souffre actuellement d’une tendinite à l’épaule tandis que Mozzati vient d’être papa. Les Milanais enchaînent les morceaux phares de leur carrière avec un entrain joyeux, un bonheur visible de faire bouger la salle, « Heaven’s a Lie » notamment qui aurait soulevé le public pour de bon si un set acoustique n’était venu surprendre tout le monde quelques morceaux plus loin. Cristina Scabbia explique qu’après le succès de leur tournée acoustique aux Etats-Unis, le groupe a eu l’envie d’exporter un peu du spectacle en Europe en l’insérant dans le set électrique. En soi, l’idée est séduisante. On regrettera seulement le temps trop long entre chaque changement de plateau (temps que rien ne justifie, puisqu’il ne s’agit après tout que d’installer puis ôter deux chaises et deux tabourets, de brancher puis débrancher deux guitares électro-acoustiques) et la prestation moins convaincante d’Andrea Ferro, clairement moins à l’aise que Cristina Scabbia qui a, elle au contraire, considérablement progressé depuis ses débuts. Malgré tout, les deux chanteurs ravissent littéralement le public avec cette version alternative de « Falling », titre du tout premier album In a Reverie.

Une nouvelle (trop longue) pause s’impose donc au public, le temps de démonter quatre chaises et deux grattes. Puis le concert reprend de plus belle. Les Italiens sont d’ailleurs tellement stupéfaits par la chaleureuse ambiance dans la salle que Cristina prend le temps d’exprimer leur émerveillement face à ce public enthousiaste : « ça fait quinze ans que Lacuna Coil existe, et c’est tout simplement le meilleur lundi soir qu’il nous ait jamais été donné de jouer », dit-elle même. Une déclaration qui va bien au-delà de la simple formule de politesse débitée tous les soirs par un groupe blasé. Lacuna Coil n’a plus qu’à enfoncer le clou avec l’énormissime « Trip the Darkness », dernier joyau musical en date du groupe, entre atmosphère gothique et gros trip nu-metal ! Un set de vingt-quatre morceaux (un chiffre qui s’explique aussi par la durée très radio edit des titres des milanais), près de deux heures de set. Mémorable.

  1. Electric set 1
  2. Intro
  3. Acoustic
  4. Electric set 2

 

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