Kap Bambino : foküs bonus Obsküre Magazine #8

19 Mar 12 Kap Bambino : foküs bonus Obsküre Magazine #8

Kap Bambino est une force de l’electro nationale. La musique du duo Caroline Martial / Orion Bouvier diffuse dans le monde et depuis plusieurs années son énergie sourde et rock’n’roll. Cette synth-noise trouve en 2012 un nouvel aboutissement à travers le nouvel album studio Devotion, une chose sonore que le NME assimile à un « Crystal Castles français ». Rien que ça, et pas certain que ça leur plaise de trop, à nos petits coquins. En complément au foküs paru dans Obsküre Magazine #8 (en kiosques depuis le 9 mai 2012), www.obskuremag.net publie tout le reste de l’entrevue que nous avons eue avec la vivace, spontanée et très directe Caroline au sujet de l’état des troupes, de leurs projets et de leur son actuel. Un son toujours aussi explosif.
[Photo : Jean-Baptiste Larrieu]

Obsküre Magazine : Pas mal de gens ayant baigné dans les cultures punk, post-punk, dark au sens large (coldwave, batcave, gothic…) se retrouvent aujourd’hui à développer une sonorité personnelle à travers un propos plus ou moins synthétique, froid et rock – je pense à Mt. Sims, à l’instant. Vous-mêmes avez accouché d’un morceau intitulé « Batcaves », mais on connaît votre détachement des genres dès qu’il s’agit de parler de ce que vous faites. Votre philosophie est-elle un peu « porter un héritage sans se soucier d’entrer dans aucun » ?
Caroline :
Exact. Dès qu’un journaliste commence à parler de genres bidons, nous préférons dire que nous n’appartenons à aucun genre sinon c’est l’enfer. Car la médiocrité de la culture musicale de certains nous pousse à agir de la sorte. Par exemple quand tu dis à un journaliste que Christian Death et Chrome ou encore Crawling Chaos sont des influences pour nous et que le type te dit « qui » ? Eh bien tu te dis que tu es tout seul. Nous ne parlons pas d’« héritage » mais de « culture », de lifestyle, nous sommes des enfants des années quatre-vingt et nous avons la chance d’avoir toute la richesse de la new wave, de la coldwave, du post-punk, le psyché, le rock, l’electro (les débuts, comme Suicide) ou encore le krautrock et bien d’autres musiques qui sont carrément viscérales pour nous. Des groupes de ces mouvances-là nous ont donné envie et nous donnent encore envie de survivre, car on est deux dark depuis la naissance… eh oui, s’il y a bien un mouvement auquel nous appartenons, c’est a celui qui préfère le noir et le froid à la lumière.

Qu’y a-t-il derrière Devotion ? Une intention globale ou plusieurs ?
Une mise à nue, un bilan, une ballade en dents de scie, pour dire je t’aime.

Une info a circulé selon laquelle vous aviez réalisé une prise unique par titre. Est-ce que Devotion est une collection de « one-shot » ?
Comment ferait on pour faire un one shot par morceaux? Ça existe ? Non, et je ne sais pas combien d’heures ou de jours il a fallu pour chaque morceau, mais bien plus qu’une vie de hamster nain.

Recourez-vous strictement au même matériel en studio qu’en live ? Y a-t-il chez vous l’idée d’une source sonore « reproduisible » dans n’importe quel contexte, sans que ça implique un déploiement de moyens monstrueux ?
Les moyens monstrueux c’est pour les mytho ou pour les hippies. Nous ne sommes ni l’un ni l’autre.

Orion est-il un tech addict ? S’intéresse-t-il à toutes les innovations technologiques en musique ou au contraire, reste-t-il dans l’exploitation d’un matériel auquel il est habitué ?
Orion est curieux, connecté, mais intègre à sa recherche de textures sonores. Il crée ses sonorités avec ce qu’il a, d’abord pour des raisons financières, et ensuite pour garder la patte Kap Bambino.

Des projets pour Groupgris et Khima France ? Que deviennent-ils ?
GroupGris continue toujours ! Et bientôt des choses à venir… Et pour ma part, j’ai transformé Khima France en un nouveau groupe de cold qui s’appelle Aller Simple.

Devotion sort sur Because. Qu’est devenue la structure Wwilko depuis 2009 et comptez-vous encore développer des projets à travers elle ? Comment voyez-vous l’avenir des structures indépendantes dans un contexte de mutation accélérée du marché de la musique ?
Le marché de la musique ne nous intéresse pas et ne nous a jamais intéressés car il s’adresse a des gens qui font de l’argent et qui écoutent de la mainstream pour vendre de la musique formatée. Wwilko, c’est toujours là, nous l’avons laissé dormir depuis trois ans car nous étions tout le temps sur la route, et ne voulions pas nous en occuper a 30%. Chez Wwilko tu sais, il n’y a aucune subvention, aucune aide de l’extérieur, nous auto finançons cette structure avec le coeur et nos cachets de Kap Bambino pour produire des artistes qui font une musique qui nous parle. Et pour 2012 nous avons déjà des projets de sorties ! À suivre…

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